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Nantes, un nouveau chapitre s’ouvre

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Le HBC Nantes s’apprête à défier les Ukrainiens du HC Motor Zaporozhye en Champions League ce jeudi, pour sa première dans la plus grande compétition européenne (17h heure française).

anti-nantesHuit ans après son accession à l’élite du handball français, quatre après sa première finale européenne et dix-huit mois après son premier trophée (coupe de la ligue 2015), le HBC Nantes va donc ouvrir une nouvelle page de son histoire en prenant part à sa première campagne de Champions League. Grâce à sa troisième place en championnat la saison passée, le club ligérien va donc découvrir la plus prestigieuse des coupes d’Europe, après cinq tournées en coupe EHF ponctuées par deux finales perdues. Et Thierry Anti, aux commandes de l’équipe depuis 2009, ne veut absolument pas banaliser cette réussite, même si lui a déjà emmené Créteil et le Paris Handball à ce niveau. “Je suis content d’amener le club à ce niveau là, cela représente beaucoup. Il faut se rendre compte que, dans le handball, la Champions League c’est un très haut niveau. Autrefois tu n’avais la possibilité d’y aller que si tu étais premier, voire deuxième. Aujourd’hui, ça s’est déjà produit que le troisième la fasse, mais rarement. Il faut qu’on profite de cette vraie chance” explique le technicien, qui ne veut pas non plus se faire une montagne de cette première phase de poules. Il faut dire qu’avec Besiktas Istambul, Dinamo Bucarest ou le Team Tvis Holstebro, le H va pour l’instant affronter des équipes loin des cadors européens des deux poules supérieures. “On ne sera pas dépaysé, on connait bien la coupe d’Europe ! La Champions League, avant les quarts où effectivement il y a beaucoup de public, de pression, ça reste la coupe d’Europe. Ce que vous avez vu la saison passée contre Granollers, Göppingen, Holstebro, ça sera du même acabit” résume-t-il.

“On n’arrive pas les mains vides”

anti-nantesSans pour autant verser dans la confiance béate et obstinée, on ne peut pas dire que les cinq noms (Besiktas, Bucarest, Holstebro, Zaporozhye et les Portugais d’ABC/Minho) qui sont proposés au H soient des grands d’Europe. Des habitués, certainement, mais loin d’être des terreurs inaccessibles. D’ailleurs Thierry Anti en a pleinement conscience, Nantes ne sera pas le petit Poucet dans cette poule. Pour ainsi dire, il est même le club qui a le plus de références européennes sur ces dernières années. “On n’est pas le petit qui arrive dans la cour des grands. Quand on a joué deux finales de coupe EHF, on ne peut pas se cacher. On ne va pas dire qu’on peut jouer ce genre de matchs facilement, mais on n’arrive pas non plus les mains vides, on a fait des choses avant” explique celui qui s’était arrêté en huitièmes de finale face à Kiel en 2005 avec Paris. Ce stade de la compétition, il aimerait bien le retrouver avec ses hommes cette saison. Mais pour cela, il lui faudra finir dans les deux premiers de la poule avant de sortir vainqueur d’un barrage avec un des deux premiers de l’autre groupe, où figure Montpellier. “Croyez-moi c’est compliqué” souffle-t-il. “Si pour la première participation du H, on arrive à faire partie des seize meilleurs clubs de la Champions League, ça sera un gros objectif atteint.”

Un recrutement taillé pour cette compétition

buric-nantesEn tout cas, le club du président Pelletier s’est donné les moyens de ses ambitions. Avant même de savoir qu’il serait retenu par l’EHF, Dominik Klein, Eduardo Gurbindo, Senjamin Buric (photo de droite) ou la paire de gardiens SiffertDumoulin avaient été engagés, soit autant de joueurs avec un vrai vécu dans la plus grande des compétitions européennes. De quoi donner de l’expérience, mais aussi un vrai confort au moment de devoir gérer un rythme d’enfer avec un match tous les trois jours jusqu’à Noël. “Jouer tous les trois jours, ce n’est pas un problème. Ce qui est nouveau, c’est qu’on va le faire dans la première partie de saison. On en a tenu compte dans la préparation. C’est ce que t’impose la Champions League, mais on ne va pas se plaindre, on veut y être !” rigolait le coach mardi, avant le décollage pour l’Ukraine. “Il faut gérer les moments de repos, les déplacements qui sont très longs et pouvoir continuer à travailler et préparer au mieux les matchs techniquement.” Alors qu’auparavant, les cadences devenaient infernales au mois de mars, cette fois, les joueurs nantais vont devoir rentrer dans le vif du sujet, et autrement que ce qu’ils ont montré ce weekend au Trophée des Champions. “Surpris” par la prestation de ses joueurs, Anti espère que ceux-ci vont proposer autre chose dès ce soir.

Des Ukrainiens habitués à la Champions League

Pukhouski BiélorussieCar en face se dresse le Motor Zaporozhye. Pas un ogre, non, mais une équipe parfaitement rodée aux joutes de la Champions League. En trois participations consécutives, ils ont atteint deux fois les hutièmes de finale, dont une, la saison passée, en réalisant le parcours dont rêve les Nantais. Premiers de leur groupe, ils avaient écarté La Rioja avant de sombrer en huitièmes  face au futur finaliste Veszprem (24:29, 28:41). Sans surprise, Thierry Anti s’attend à un match compliqué : “C’est vraiment une bonne équipe, je pense qu’elle va se battre pour faire partie des deux qualifiés. Elle l’a fait l’an dernier, il ne faut pas l’oublier. C’est une équipe avec des joueurs expérimentés, solides, des grands gabarits. C’est costaud, c’est lourd, ça a de la force de frappe avec deux demi-centres extrêmement bons, qui savent diriger le jeu mais aussi marquer des buts. C’est une équipe extrêmement difficile à jouer pour un premier match en Champions League, surtout à l’extérieur.” Et effectivement, c’est surtout de la paire de demi-centres composée du Biélorusse Barys Pukouski (photo de gauche) et du Lituanien Aidenas Malasinskas qu’il faudra se méfier. Le dernier a même fini troisième meilleur buteur de la Liga Asobal en 2015, avec Puerto Sagunto.

Difficile, mais pas insurmontable

feliho-nantesLe contraste de style risque d’être assez criant entre une équipe nantaise joueuse et une équipe ukrainienne particulièrement costaude. Une véritable équipe à la soviétique serait-on même tenté de dire. “On a un déficit en taille qui n’est pas négligeable face à leur défense volumineuse, avec cinq ou six joueurs à plus de deux mètres. En attaque, il n’y a pas énormément de jeu qui va jusqu’aux ailes, ça reste beaucoup entre les arrières et le pivot. Il va falloir faire un très très bon match pour ramener un résultat” conclut Thierry Anti, qui pourra compter sur Rock Feliho mais pas sur Florian Delecroix, touché à la cheville, tandis qu’Olivier Nyokas devrait, lui, faire ses grands débuts à Créteil dimanche. Un dernier renfort pour une équipe qu’on attend dans un autre ton que ce qu’on a vu samedi dernier face au PSG, même si le trophée des champions, et son niveau des plus relevés, a sans doute permis à Rock Feliho et ses coéquipiers de voir et d’analyser les détails pas encore réglés. Pour que cette première, qui n’a rien d’un défi insurmontable (Dunkerque avait battu Zaporozhye à deux reprises il y a deux ans) et qui sera délocalisée à Kharkiv (300 km de Zaporozhye), ne soit pas gâchée.

Kevin Domas (avec Gaelle Louis)

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