Starligue – J11

Paris s’est fait très peur face à Tremblay

Malgré six buts d’avance à un quart d’heure de la fin, Paris a déjoué et a donné l’opportunité à Tremblay d’espérer accrocher un point. Paris s’impose quand même, mais dans la douleur (25-23).

Paradoxe du match en zone mixte : les vainqueurs sont déçus, les vaincus sont satisfaits. D’un côté, Uwe Gensheimer, qui déclare : « ce sont deux points de pris, mais nous sommes très, très déçus de notre match. » De l’autre, Sassi Boultif, pour qui « ne prendre que 25 buts contre une équipe comme le PSG, même s’il leur manquait des joueurs, c’est une belle prestation ». L’écart semblait en effet grand entre Paris, troisième au coup d’envoi qui lutte pour le titre, et Tremblay, qui se bat pour ne pas descendre et qui sort de parties très décevantes. Sauf que Tremblay a inquiété Paris jusqu’au bout.

Paris d’abord dans la gestion

Disons-le d’entrée : le PSG n’a jamais été éblouissant. En première mi-temps, sans forcer leur talent, les Parisiens ont pris doucement le dessus sur leur adversaire au score. Le PSG prend pour la première fois deux buts d’avance sur une réalisation de Nedim Remili après un arrêt de Rodrigo Corrales (6-4, 13′), et profite d’un peu de malchance côté tremblaysien. Symbole de ce début courageux mais mal récompensé, Pierre Marche : trouvé trois fois en bonne position, le pivot trouve deux fois le poteau et une fois Corrales en vingt minutes. En tout, les tireurs tremblaysiens touchent quatre fois les montants dans ces vingt premières minutes. Le seul à sortir de ce marasme est Damir Batinovic, 4 buts dans le même laps de temps. C’est d’ailleurs lorsqu’il est sorti que Paris creuse légèrement l’écart (11-7, 25′), un écart qui sera maintenu jusqu’à la pause (14-10).

« Nous aurions pu mieux jouer en attaque en première mi-temps. La défense était ok, mais c’est en attaque qu’on aurait dû faire mieux », juge Gensheimer. La prestation parisienne en attaque n’est effectivement pas folle, mais reste passable. Le retour des vestiaires est marqué par l’entrée en fanfare de Thierry Omeyer, qui sort deux arrêts dont un sur un 7 mètres de son ancien partenaire Samuel Honrubia. Remili en profite pour faire passer les siens à +6 (16-10, 34′). Tremblay ne lâche rien, recolle à quatre buts (18-14, 41′) mais reste derrière Paris, alors très sérieux avec peu de déchet dans son jeu. Un bon shoot de Mikkel Hansen maintient Paris dans le rythme (22-16, 45′).

Omeyer sauveur

Mais c’est étonnamment après ce but que le jeu du PSG s’est effondré. Les hommes de Noka Serdarusic perdent de plus en plus de ballons en attaque et sont pris en contre. Honrubia puis Courtois trouvent les filets pour ramener le TFHB à deux buts (22-20, 50′). Aligné en pivot, Daniel Narcisse coupe temporairement l’élan tremblaysien (23-20, 50′), mais les banlieusards n’en sont pas affectés. Sur un but du jeune du centre de formation Rohnan Conte, Tremblay recolle à un but et, enfin, Paris pose son premier temps-mort (23-22, 54′). Remili marque, Courtois lui répond (24-23, 57′). Tremblay a des ballons d’égalisation : quand Kempf trouve la barre, Honrubia file en contre mais perd son duel face à Omeyer. Le quintuple champion du monde récidive une poignée de secondes plus tard quand, encore après un poteau cette fois trouvé par Sander Sagosen, il sort une double parade face à Luc Steins et Jérémie Courtois (58′). Un but de Mikkel Hansen et une perte de balle en attaque pour Tremblay scellent la victoire du champion de France en titre (25-23). Mais que ce fut compliqué…

Gensheimer : « On n’y était plus dans le dernier quart d’heure »

« On est un peu sorti de notre match, » note Gensheimer, ajoutant également que son équipe est devenue « un peu nerveuse » en fin de rencontre. « Bien sûr, c’est toujours compliqué d’enchaîner Ligue des champions et championnat, mais on doit répondre présent mentalement. Là, on n’y était plus dans le dernier quart d’heure », lâche l’ailier allemand. Nedim Remili, lui, ne se cachait pas non plus derrière le gros match livré à Kielce dimanche. « J’ai l’impression qu’on a plus peur de jouer en championnat qu’en Ligue des champions, ce n’est pas normal ! On a le bon rythme en Ligue des champions, on ne panique pas, en championnat ce n’est pas du tout pareil, c’est même totalement l’inverse, » regrette-t-il.

Pour Tremblay au contraire, passer tout près de la victoire à Paris après avoir pris une déculottée contre Nantes est plutôt positif, et même « prendre ce match en référence », affirme Sassi Boultif.. « On a retrouvé nos valeurs défensives, mais on a surtout retrouvé notre repli, explique-t-il. Quand on regarde nos trois derniers matchs, on prend beaucoup de buts parce qu’on ne se replie pas. Là, on a vraiment replié. » Même si Tremblay est passé tout près d’accrocher le nul, le joueur reste satisfait de la prestation de son équipe et ne se montre pas déçu de la rencontre. Avec les résultats de la soirée, le TFHB se retrouve néanmoins relégable, et le prochain match contre Massy s’annonce capital. « Avec la qualité et le potentiel qu’on a, c’est vraiment dommage qu’on se retrouve à ce niveau-là. Maintenant, il nous faut la gagne. Massy arrive la semaine prochaine, et sincèrement, on n’a pas le droit d’aller à la défaite. »

La feuille de match

Paris-SG – Tremblay : 25-23 (14-10).

Arbitres : MM. Klein et Rolland.

Paris-SG : Omeyer 10/25 arrêts dont 3/6 pen. (40%), Corrales 6/14 dont 0/1 pen. (42,9%) – Gensheimer 5/6 dont 1/2 pen., Møllgaard 0/1, Stepancic 2/3, Sagosen 4/9, Kounkoud 0/2, Damjanovic, Remili 6/10, Kempf 1/2, Hansen 5/11 dont 1/1 pen., Narcisse (cap) 2/3, Nahi. Entraîneur : Noka Serdarusic. Exclusion : Sagosen (37′).

Tremblay : Annonay (cap) 10/35 arrêts dont 1/3 pen. (28,6%), Dresrüsse – Sevaljevic, Tomas 1/1, Courtois 4/5, Marche 2/5, Conte 1/1, Steins 2/6, Azizi, Rezzouki 0/1 pen., Batinovic 5/10 dont 1/2 pen., Honrubia 6/8 dont 3/4 pen., David, Boultif 2/6, Pitre. Entraîneur : Benjamin Braux. Exclusion : Batinovic (43′).

Mickaël Georgeault

6 CommentairesPoster un commentaire

  1. rkj4 - le 30 novembre 2017 à 08h56

    En toute logique, Paris sait qu'il est sensé gagner la plupart de ses matchs de championnat sans trop se forcer. C'est un sentiment de supériorité qui provoque un dangereux désir de s'économiser. Hier, 22-16 à la 45e, ils se disent c'est fini, mais Tremblay leur prouve qu'il y a encore match.

    Les baffes reçues à Nîmes et Aix devraient leur servir de leçon, mais non. En plus, elles encouragent les suivants. En France, paradoxalement, ils ont besoin de leur effectif complet pour être à peu près peinards. Parce que la défense n'est pas attentive, qu'ils sont carrément distraits. C'est à Serdarusic de les motiver et de trouver le système pour continuer à gagner malgré le sous-effectif.

    Une fois de plus, c'est les gardiens qui sont là pour sauver les meubles.

    On va voir à Nantes et Montpelleir : là, je suis sûr que Paris se mettra en mode coupe d'Europe. À suivre.

  2. Rokomet84 - le 30 novembre 2017 à 08h57

    Quand je vois le Nantes d’hier, et le Paris du championnat, je ne donne pas cher de la peau de Paris a la salle XXL…
    Mais bon d’un côté, est-ce que Paris ne choisit pas ses matchs?? Même s’ils jouent avec le feu en championnat, et se brûlent!!
    En tout cas, hâte de voir ce choc, qui sera sûrement un tournant de la Lidl star ligue!!! 😀😀😀

  3. Jack3544 - le 30 novembre 2017 à 09h16

    En jouant comme cela, et avec cet effectif là (absences), ils vont être secoués à Nantes. Ils vont se mettre en mode Coupe d'Europe, mais Nantes aussi. De plus je pense que Anti va insister dans son vestiaire sur le fait que le match contre Paris et beaucoup plus important que celui de Barcelone. La deuxième place en CL n'est pas un objectif, voir même à ne pas souhaiter. Après un 8ième contre Paris, ils ne veulent pas d'un match contre Montpellier.

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