Euro U18 (M)

La naissance d’une équipe

L’équipe de France jeune masculine va clôturer sa première année avec la génération 2000-2001. Une année avec des résultats intéressants mais qui laisse plein d’interrogations à l’heure d’aller en Croatie pour l’Euro (9 au 19 août). Rencontre à Tignes pour un amical face au Danemark, avec les impressions du sélectionneur Eric Quintin.

Des échos qui sont arrivés sur cette nouvelle génération, il était sous-entendu qu’il serait difficile de tenir la comparaison avec le groupe 96-97 et celui des 98-99, champions d’Europe et du Monde. Est venu alors une question : comment construit-on une équipe de France espoir ? Sélectionnés sur deux années civiles seulement, les précédentes équipes avaient été des évidences, il en est pas autant de celle-ci. “C’est compliqué” commence Eric Quintin, le sélectionneur des jeunes, “la première étape c’est la connexion avec le réseau des pôles et des centres de formations pour être à l’écoute des ressources qui émergent.” La filière fédérale avec ses jeunes espoirs repérés tourne à plein régime sous les ordres de Pascal Person en cadet jusqu’à 17 ans, et avec l’équipe jeune. Ensuite, elle est utilisé plus sporadiquement : “À cet âge là rien ne dit que le meilleur d’aujourd’hui sera celui de demain. On a le devoir d’être toujours avec le radar ouvert, et de donner sa chance à un garçon dont on nous dit qu’il mériterait d’être avec nous.” Ce qui est un peu l’histoire des nouveaux arrivant en juniors, la dernière des catégories espoirs.

Un groupe, et un projet

Autre moment de détection revenu au goût du jour cette année, les interpôles : “On a une circonstance intéressante, où on a tout le monde en même temps et au même endroit. On peut voir tous les jeunes de la catégorie d’âge sur cette année.” Un événement qui a permis au sélectionneur et ses adjoints de voir le vivier et ensuite d’en tester une partie sur le dernier regroupement au Danemark. Un troisième stage ensemble après les victoires au TIBY et lors du trophée méditerranéen. Autant dire une misère : “Il nous manque du temps : on n’a pas assez de circonstances pour voir tout le monde donc on s’oblige à faire des choix.” Des instants courts et essentiels, où 45 joueurs seront passé tour à tour. Ce qui offre peu de deuxième chances : ” À eux de prendre leur chance quand elle se présente !

Car si la création du groupe est une chose, il faut aussi arriver à l’Euro avec un projet de jeu construit :”Pendant les stages, on essaie de saisir lesquels sont les plus matures, lesquels connectent le mieux, avec aussi des éléments techniques liés à nos défenses par exemple. On essaie de trouver la bonne synergie entre le jeu que l’on souhaite et leurs savoirs-faire spécifiques.” Quant à demander si le projet de jeu arrive avant les joueurs, ou l’inverse, c’est tenter de résoudre la question de savoir qui vient en premier entre la poule et l’œuf: “Imagine, tu as trois arrières qui savent tirer à onze mètres… Tu n’auras pas le même jeu si t’en a moins et des supers ailiers. On cherche de toute façon un jeu intense, en provocation, en création mais aussi en patience.

Voilà les nouvelles têtes

Lors du dernier stage de préparation à Tignes, la première rencontre face au Danemark fut compliquée (25-30). On mesure combien le temps de maturation sera encore long, au vue des erreurs grossières qui ont terni une rencontre qui n’avait pas si mal commencée (6-5, 20e), en particulier grâce aux parades de Loïck Spady. Mais les pertes de balles ont nourri les contres danois, vainqueurs ensuite sans forcer (15-22, 42e). La montagne des mises au point offensives et défensives n’est guère rassurante, on en citera le jeu sans profondeur et une défense en 1-5 loin d’être acquise. Toutefois un sept majeur se dégage, et il n’est pas inintéressant : “Il y a 2-4 joueurs qui sont… Peut-être pas clés, mais sur lesquels on s’appuie un peu plus car ils ont plus de confiance, d’expérience, de physique ou de technique.” Parmi eux, le demi-centre Sadou Ntanzi, demi-centre du PSG, l’ailier droit Antoine Tissot, nouvelle recrue de Chambéry et qui a vécu la montée en N1 de Annecy, ou encore l’arrière droit Mathieu Salou et le pivot Jotham Mandiangu, perles bretonnes de Cesson. Même si dans le cadre d’un tournoi où sept rencontres s’enchaîneront en sept jours, il va falloir que d’autres joueurs se mettent au diapason : “On sait très bien qu’un joueur ne peut pas être à fond sur tout un match et sur tout les matches. Même s’il y a quelques joueurs sur lesquels on s’appuie, tout le monde doit apporter.

D’autant qu’une autre problématique s’est installée, assez inhabituelle avec les jeunes : les blessures. “Avec les générations qu’on a accompagné, c’est la première fois…” À l’aile gauche, c’est la grise mine entre Baptiste Damatrin (fracture main) et Mathieu Vigneron (Ischio-jambiers). Appelés en renforts, Sébastien Chatillon et Gautier Crépel vont avoir un nouveau rôle. “On a la chance d’avoir un gros réservoir de jeunes joueurs, après c’est évidement compliqué pour ceux qui intègrent en cours voire en fin de préparation. Mais on fait avec.

Les statistiques françaises de la rencontre France-Danemark du 2 août
Aristide Ewe (GB) ; Loïck Spady (GB) – Gautier Crépel (4 buts) ; Hugo Cabanes (1) ; Antoine Tissot (5) ; Aymeric Zaepfel (3) ; Sadou Ntanzi (4) ; Sébastien Chatillon ; Hugo Jullian (2) ; Yanis Adebigni (1) ; Gabin Martinez (1) ; Paul-Louis Guiraudou (1) ; Jotham Mandiangu ; Thibaut Thellier (1) ; Théo Monar ; Mathieu Salou (2).

Une compétition sans concessions

Placer des objectifs ? Difficile. La compétition est sans pitié et si le vent a toujours tourné dans le bon sens depuis quatre ans, il faut écrire une nouvelle histoire : “Dans un euro toutes les poules sont intéressante. Même si Danemark, Norvège et Roumanie ce sont des pays de handball.” Sauf que le format de compétition mis en place depuis deux années ne permettra pas un gros écarts : désormais deux équipe seront rétrogradées pour la prochaine compétition. “On ne va pas se prendre la tête ni commencer à trembler. […] Nos objectifs sont d’être le plus concentré, et de jouer le mieux possible. Bien entendu la poule haute est un objectif incontournable, ensuite on verra.” La première semaine sera donc déterminante.

Une première semaine qui peut vite faire tourner la compétition en cauchemar. Situation vécue récemment par les juniors, qui s’en sont finalement tiré avec brio et de l’argent autour du cou. Ce qui laisse admiratif leur ancien guide : “Ils ont fait un beau parcours, c’est une équipe séduisante, attachante. Ce qui est impressionnant avec eux c’est que si t’en enlève un, un autre émerge. On est un peu déçu pour eux mais vraiment fier.” Avec un dernier message qui fera aussi écho dans son nouveau groupe : “Ils savent désormais que la remise en question doit être forte et quotidienne pour être toujours au maximum de ce qu’on peut faire, ça fait partie de l’apprentissage.” À prendre en note.

Depuis Tignes, Maxime Thomas

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