Nationale 1

Devenir professionnel

La Nationale 1 reprend ce week-end avec la première journée d’un long marathon en deux phases. Un socle de compétition où se construisent les ambitions de professionnalisme, qui devient un acquis lorsqu’on atteint le VAP (Voie d’Accès au Professionnalisme). Folschviller qui arrive cette saison est un excellent exemple de l’étape que constitue la N1.

C’est un appel estival surprenant que celui de Tristan Atmania, vice-président de Folschviller et responsable du volet communication – entre autre. Un des membres d’une structure totalement renouvelée la saison passée, poussée par la réussite des joueurs, qui ont été chercher la première place de N2 au nez et à la barbe du Metz Handball. De là, le besoin d’une révolution est arrivé : « On sort d’un modèle associatif, où le club tenait sur deux-trois bénévoles qui faisaient tout, de la table marque aux déclarations à la fédération ! C’était assez ahurissant, quand on a commencé on s’est demandé comment le club avait pu faire 10 ans en N2. » Les nouveaux membres de la structure étonnent par leur provenance : Jérôme Bauer et Sylvain Didierjean sont deux cadres plus intéressés par les affaires du ballon rond au pied qu’à la main. Le nerf de la guerre étant tenu par Thomas Keller, qui s’occupe des finances et de l’administratif.

Finances

Les finances, le premier volet de tout projet de professionnalisation. La CNCG veille à ce que tout soit en règle, et le vice-président qui est passé par Villeurbanne dans leurs années noires en sait quelque chose. « Le trésor était déjà en N2 une source de sueur froide, ça l’est toujours voire plus pour la N1. Surtout qu’on a fait budget double : on était à 120.000 et des brouettes, on est passé à 240.000 ! » Pas tant que ça quand d’autres n’envisagent pas de monter sans une trésorerie à 400.000. Mais le club part de la base : « Je ne vais pas cacher qu’on a cravaché tout l’été pour aller chercher des partenaires privés. On a notamment un grand qui arrive… » À savoir le centre commercial B’Est, plus grand acteur économique du département.

Surtout, les perspectives du bassin Est-mosellan sont grandes : « On a Metz handball qui fagocite sa région et Thionville, de l’autre côté on a Sarrebourg qui est isolé et va chercher en Alsace, et on cherche à représenter le gros pôle Moselle Est qui est tout de même un bassin de 200 à 300.000 habitants. On souhaite développer le territoire avec une vraie professionnalisation. » Le club a une feuille de route très claire à ce sujet : « Les perspectives sont claires : une embauche de 1 à 3 salariés sur l’année. On va aussi s’appuyer sur des services civiques en préparant des futures embauches. »

Structurer

Si l’arrière cour avance, il va falloir aussi s’attaquer à un problème d’envergure avant d’envisager toute nouvelle étape : les infrastructures. « Le gymnase a une capacité de 500 spectateurs, ce qui est déjà limite pour de la N1. […] C’est pour moi et pour le club une grosse interrogation : si d’aventure on atteint un certains niveau de jeu, où est-ce qu’on joue ? » Dans un premier temps, quitte à faire un bout de route, la délocalisation est envisagée : « Par contre une chose que je n’oublie pas, c’est qu’on a un territoire qui est à une heure du Luxembourg, à cinq minutes de l’Allemagne et 30 de Metz. En terme d’infrastructure c’est intéressant, notamment en Allemagne, il faut garder cette porte ouverte ! »

L’Allemagne, une possibilité aussi dans un autre élément à développer : celui de la formation. « On a un paquet de français qui jouent de l’autre côté de la frontière. On peut quand même essayer d’avoir ce type d’attractivité pour les allemands. » D’autant que le club s’appuie déjà beaucoup sur sa propre formation. « Sur notre équipe première c’est deux tiers qui viennent du club, ce qui permet d’être à ce niveau avec des jeunes de 20-23 ans. Cela permet aussi d’éviter de recourir à des joueurs qui demanderaient des sommes que le club ne peut pas fournir pour le moment. » Les pôles de Pont-à-Mousson et de Strasbourg ont désormais aussi une nouvelle porte d’accès proche à un haut niveau de jeu.

La question des finances publique

En dehors de l’infrastructure, ce qui oblige le club à ne pas aller plus vite que la musique, c’est la question des financement publics. « On va arriver à réduire à 62% de financement public en début de saison. On sait très bien que les collectivités locales vont avoir de plus en plus de mal à nous soutenir… Elles ont fait de gros efforts pour notre montée, est-ce qu’elles vont pouvoir maintenir voire augmenter si on atteint la D2 on n’en sait rien. La ministre des sports a dit elle même : « L’Etat n’a pas à vocation à financer les sportifs sur la durée ». Donc ça pose question. » S’il est bien noté que les collectivité accompagnent la montée, il ne pourront pas suivre indéfiniment. « Il faut donc être offensif sur les partenariats, c’est ce qu’on a fait tout l’été et on a plutôt pas mal bossé, et il faudra pas s’arrêter pour assurer le budget et avoir des ambitions futures. »

Pourquoi pas lier les deux questions et imaginer des salles pour des clubs de 2e et 3e division… Privées ? « Je n’y crois pas. D’une part car le niveau de jeu n’est pas attractif avant la LNH. Je vois mal la capacité de dire « on joue en national, on a un gros sponsor pour financer 1500 places ». C’est 8 à 10 millions ! Personne ne fera ça même pour un futur club de D2. » La question de la fiscalité est aussi à remettre en perspective si le souhait est de se caler sur le modèle américain. Le débat est lancé.

Et le sport ?

Et si le sportif va plus vite ? Ou, pire, stagne ? « L’objectif de la saison c’est de se stabiliser en N1. Après le partenaire nous incite pour viser au dessus. […] On n’a pas d’objectif annualisé de montée car on a tous trop vu de clubs avec ces objectifs, et qu’un pépin, un changement de stratégie finisse par retarder le club et que celui-ci se retrouve lynché. C’est pas l’idée d’avoir une dead line, mais plutôt d’avoir des objectifs de maintien et développement. »

Si le changement en coulisse est massif, celui sur le terrain reste le même. Un effectif presque inchangé, avec trois recrues dont une en interne. Une préparation bien menée avec une seule défaite… Le maintien n’est pas une utopie pour un club qui fera office de petit poucet entre Besançon – son premier adversaire et VAP – Belfort, Epinal, Sarrebourg, St Gratien, la réserve de Chambéry et l’autre promu Boulogne Billancourt. Mais cette fois, les joueurs savent que le club peut avoir d’autres ambitions. « En 2012-2013, champion de France de N1 avec Villeurbanne retoquée par la CNCG, ça a marqué ma carrière de joueur et de dirigeant. […] J’en retiens que quand tu montes un projet, tu te dois de le monter avec patience. Si ça doit prendre 8 ou 10 ans, il faut le faire. » À suivre.

Maxime Thomas
Crédits photos : A.S. Folschviller

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14 CommentairesPoster un commentaire

  1. ricardtube - le 7 septembre 2018 à 09h02

    je suis pour le retour aux 2 groupes en N1. cette formule à 2 phases est ridicule, d'autant plus que les déplacements sont les mêmes puisque plus longs en 2ème phase

  2. Pseudo - le 7 septembre 2018 à 09h56

    Quelqu’un sait quelles sont les équipes statut VAP cette année ? Besançon, Bilière, Valence, Angers je suppose, est ce qu’il y en a d’autres ?

    • breza9 - le 7 septembre 2018 à 10h59

      oui il y a ces 4 la, plus Villeurbanne.

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