Proligue – J10

Massy craque à domicile, Limoges seul leader

Romain Ternel (Limoges Hand 87)

Le duumvirat en tête du championnat n’a pas duré : battu à domicile par Sélestat, Massy laisse Limoges régner de nouveau seul en tête du championnat. Cherbourg et Cesson, solides dans leurs fins de matchs, suivent bien. Derrière, Valence et Besançon inquiètent.

Commençons par la fin, et le dernier match de la journée qui opposait le leader Massy à Sélestat, auteur d’un début de saison moyen mais qui restait sur trois victoires face aux trois promus. Les deux équipes sont au coude à coude dans un début de rencontre riche en buts (7-7, 11’), avant que la défense sélestadienne fasse petit à petit déjouer l’attaque massicoise. Avec un Tom Robyns plus en-dedans qu’à l’accoutumée, et face à un Vladimir Perisic encore une fois très bon (16 arrêts, 42%), Massy tombe en panne offensive, alors que le SAHB maintient son rythme (11-16, 30’). Au retour des vestiaires, Massy ne parvient pas à réagir alors que Sélestat, porté par ses arrières Thomas Capella (qui réalise sa meilleure performance offensive de la saison avec 8 buts) et Nicolas Minne (7 buts), continue de réciter son jeu (16-24, 45’). Massy, assommé, parvient à réduire l’écart dans le dernier quart d’heure, mais pas suffisamment pour mettre en danger Sélestat, qui signe là un vrai match référence (27-31).

Grosse performance collective pour Limoges

Limoges

Limoges est le principal bénéficiaire de cette contre-performance essonnienne. Le LH 87, à domicile contre Saran, a fait preuve d’une très solide performance défensive face à une équipe qui reste la meilleure attaque du championnat. Malmené dès le début de rencontre (7-3, 12’), Saran a réagi dans un premier temps (7-7, 14’) et, sans parvenir à prendre l’avantage, a fait en sorte de rester au contact en première période (15-13, 30’). Mais Limoges, en totale maîtrise collective et bien aidé par un bon Denis Serdarevic dans les cages (13 arrêts dont 1 pen., 37%), garde et creuse l’avantage (20-25, 37’), bloquant même toutes les offensives saranaises entre la 44e et la 54e minute (23-19, 44’ ; 27-19, 54’). Comme un symbole, l’arme offensive numéro un des Septors, Romuald Kollé, était un peu enrayée (1 but sur 7 tentatives). Limoges s’impose 29-22 au terme d’un match maîtrisé, et retrouve le sourire après sa défaite de la semaine dernière contre Massy.

Cherbourg et Cesson costauds dans le money-time

Nicolas Tricon (Cherbourg)

Cherbourg nous a habitué depuis le début de saison aux fins de matchs à rebondissements. L’affiche face à Pontault-Combault, autre équipe concernée par la course aux play-offs, valait le détour à Chantereyne. Après vingt premières minutes assez équilibrées (8-8, 20’), le PCHB prend le contrôle des débats (11-14, 30’), et confirme son avantage au retour des vestiaires (14-18, 43’). Cherbourg, qui manque de fraîcheur avec l’enchaînement des rencontres, est à la peine physiquement, mais parvient à retrouver un second souffle en revenant au score (18-18, 49’), et prend même l’avantage à l’entrée du money-time (21-20, 55’). Mais c’est Pontault qui prend l’avantage, et qui compte un but d’avance dans la dernière minute de jeu. Robin Dupont-Marion délivre finalement les Manchois en marquant à 17 secondes de la fin, et les Franciliens ne parviennent pas à marquer sur leur dernière attaque (24-24). « Le groupe est un peu las. Tout le monde tire la langue. Il va falloir retrouver du peps, constatait Nicolas Tricon à la fin du match, auprès de nos confrères d’Ouest-France. Mais ce soir, on est content de prendre un point, puisqu’on est mené quasiment tout le match. Dans un match où l’on n’a pas été bon, on ne lâche pas. » Un point qui permet à Cherbourg de conserver sa troisième place au classement, et ses trois points d’avance sur Pontault, cinquième.

Mateo Rodin (Grand Nancy Métropole HB)

Cesson-Rennes aussi s’y connaît en fin de matchs chaudes, en témoigne celle qui s’est mal passée en Coupe de France la semaine dernière à Caen (défaite 27-26). A Nancy, les Bretons passaient un vrai test pour évaluer leurs ambitions dans ce championnat de Proligue. Les hommes de Sébastien Leriche – Christian Gaudin, entraîneur principal en début de saison et apparu en retrait depuis 10 jours, n’a même pas fait le déplacement en Lorraine, d’après nos confrères de l’Est républicain – ont souffert en début de rencontre face aux locaux, solides dans tous les secteurs de jeu (10-6, 16’), mais ont ensuite pris le contrôle du match, Nancy ne marquant qu’à cinq reprises en vingt minutes (15-19, 36’). Mais les Nancéiens retrouvent ensuite de la cohérence et mettent de nouveau en danger les Cessonnais, qui ne lâchent pas pour autant l’avantage (21-22, 53’). Dans une fin de rencontre à couper le souffle, Nancy a la balle pour égaliser, mais Mateo Rodin, ailier droit en l’absence de Mathias Soltane et de Marc Leyvigne, bute sur Rubens Pierre. Le portier prêté par Montpellier est le héros du match : après avoir remplacé un Robin Cantegrel transparent (0/10), il a réalisé 13 arrêts (48%) dont ce dernier si précieux qui offre la victoire aux siens (24-25). Grâce à ce succès à l’arrachée et avec huit buts de son jeune arrière droit Mathieu Salou, Cesson revient à un point du podium et prend deux longueurs d’avance sur son adversaire qui n’aura pas démérité.

Strasbourg toujours parfait à domicile

Romain Mathias (Strasbourg)

On ne dirait pas quand on passe à côté, mais le gymnase des Malteries de Schiltigheim est une forteresse imprenable. Jugez plutôt par les résultats de l’Entente Strasbourg-Schiltigheim dans son antre depuis le début de la saison : cinq matchs, cinq victoires ! C’est le Cavigal Nice qui en a fait les frais ce week-end. Les Aiglons sont pourtant au rendez-vous en début de rencontre (4-7, 12’), mais l’ESSAHB finit bien la première période et parvient à retourner aux vestiaires avec une avance de trois buts (17-14, 30’). Le début de deuxième période est fatal aux Niçois, ultra-dominés et assommés (24-15, 41’). Strasbourg a fait le plus dur et peut maîtriser tranquillement la fin de rencontre, pour une victoire sans trembler (30-23). Romain Mathias a encore eu une grande part dans la victoire alsacienne (13 arrêts à 41%), tout comme ses ailiers Yvan Gérard (9 buts) et Lucien Auffret (6 buts). C’est une victoire importante pour Strasbourg dans le cadre de la course au maintien, dans laquelle les deux équipes sont engagées.

Valence et Besançon s’enfoncent

Dragan Zovko (Besançon)

L’écart s’est créé dans le bas du classement avec deux équipes qui commencent à décrocher sérieusement. Besançon d’abord, qui recevait Dijon, une équipe que le GBDH avait battu en Coupe de la Ligue début septembre. Dans ce derby entre deux équipes mal classées, Besançon entre mal dans le match mais revient en mettant les ingrédients nécessaires dans l’attitude et le jeu (10-10, 20’). Dijon, mal en point sur ce début de saison, parvient à garder l’avantage, mais sans dégager de certitudes (14-15, 30’). Le public du Palais des sports peut même imaginer voir la partie basculer en faveur de ses protégés au retour des vestiaires, quand ceux-ci prennent pour la première fois l’avantage (16-15, 32’). Mais Besançon ne transforme pas l’essai, et Dijon parvient à se remobiliser pour creuser de nouveau l’avantage (17-21, 40’ ; 18-24, 44’). Besançon retrouve un peu le sens de son match en fin de rencontre, mais pas suffisamment pour véritablement mettre en danger les Dijonnais (28-32). Grâce notamment aux sept buts de Virgile Carrière, Dijon retrouve le sourire, un mois après sa dernière victoire. Besançon reste lanterne rouge avec une sixième défaite consécutive.

Eduardo Reig-Guillen (Billère Pau Pyrénées HB)

Également sur une très mauvaise série, l’autre promu Valence est en plein doute. La réception du troisième promu, Billère, était l’occasion rêvée pour retrouver le sourire. Après une bonne entame du VHB (5-3, 10’), Billère prend cependant le dessus en coinçant l’attaque de son adversaire, qui ne marque qu’à une reprise en quinze minutes (6-12, 25’). Difficile pour les Valentinois de revenir après cette énorme trou d’air. Au retour des vestiaires, ce sont même les Béarnais qui accroissent leur avance (9-18, 40’). La réduction de l’écart intervient trop tard pour les locaux, qui s’inclinent (24-27) et enchaînent leur huitième défaite de rang. Valence est avant-dernier, et compte désormais trois points de retard sur le premier non-relégable. Pour Billère, cette victoire extrêmement précieuse, permise par une bien meilleure efficacité devant le but (le BHB peut remercier en cela Eduardo Reig Guillen, auteur de 8 buts), lui permet de prendre la huitième place ex-æquo avec Strasbourg et de respirer pour la course au maintien.

Retrouvez le classement et le calendrier à venir à l’onglet Résultats.

Mickaël Georgeault

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