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Kiel, au bout du suspens

THW Kiel

Après une première période impeccable, Kiel a rencontré une équipe hongroise bien plus accrocheuse, et a du se battre jusqu’au bout des prolongations pour l’emporter. Ils affronteront Barcelone en finale, tandis que les Parisiens joueront la troisième place face à Veszprem.

Cette seconde demi-finale a mis aux prises deux équipes qui se sont déjà affrontées deux fois ces dernières semaines : Kiel et Veszprem. Ces rencontres avaient plutôt tourné en faveur des Hongrois (match nul en Allemagne, et victoire +8 à domicile), et les Allemands se présentent sans Magnus Landin, positif au covid. Mais la récente histoire de la Lanxess Arena a su prouver que rien n’était impossible à Cologne.

Domagoj Duvnjak (THW Kiel)

Les hommes de Filip Jicha vont en effet très bien débuter la rencontre. Menant 2-0 par une contre-attaque et un but dans la cage vide, les Kielers sont vite rejoint par les buts de Vuko Borozan et Gasper Marguc (3-3, 6′). Mais rapidement, on sent que cette équipe de Veszprem n’est pas celle qui a écrasé son adversaire il y a quelques semaines. Que ce soit Nenadic ou Lekai à la mène, le jeu offensif éprouve d’immenses difficultés et de très nombreux ballons sont perdus. Les Zèbres n’en demandaient pas tant, et punissent chaque erreur sur contre-attaque ou en marquant à plusieurs reprises dans la cage vide. Les deux temps morts de David Davis n’y font rien, et son équipe ne marque plus pendant 11 minutes, période durant laquelle leurs adversaires vont se régaler. Car quand Kiel ne joue pas sur grand espace, Sander Sagosen ou Miha Zarabec se montrent capables de fulgurances aux 9 mètres, en extension ou à travers (17-10, 25′). Heureusement, Gasper Marguc (4/4 sur la mi-temps) et Kentin Mahé sur pénalty réduisent l’écart avant la pause (MT : 18-13).

Yahia Omar et Gasper Marguc (Telekom Veszprem HC)

Le sursaut hongrois

Après un retour de vestiaires inquiétant, les partenaires de Maté Lékai vont se remettre dans le droit chemin. Repoussés à -6, ils vont se relever, portés par les deux shoots consécutifs d’Omar Yahia, et infliger un 4-0 aux champions d’Allemagne (22-16, 36′ ; 22-20, 40′). Filip Jicha pose son temps mort. Dario Quenstedt entre, Sagosen est associé à Duvnjak, et c’est ce dernier qui débloque son équipe. A deux reprises. Mais Yahia est rejoint par Vuko Borozan, et à un quart dh’uere de la fin, ils ramènent à eux deux leur équipe à hauteur, s’offrant même l’exclusion de Domagoj Duvnjak (24-24, 45′). Les joueurs de Veszprem ne s’arrêtent pas là, et renversent totalement la vapeur. Les Kielers ne trouvent plus la solution, tandis que les Hongrois trouvent de nombreuses solutions en attaque. Sur un kung-fu de Yahia pour Borozan, Jicha est contraint de poser son ultime temps mort (24-28, 50′).

Rodrigo Corrales (Telekom Veszprem HC)

Kiel n’abandonne pas

Le temps mort allemand va dépasser toutes les espérances. La dynamique de Veszprem est totalement brisée, et ce sont les Zèbres qui reprennent la main. Dahmke marque en sortie de temps mort, puis ses partenaires s’offrent 2 buts dans la cage vide. Avec une défense toujours hermétique, Sander Sagosen envoie 2 pralines qui ramènent son équipe devant au score, au terme d’un 5-0 ! (29-28, 55′). David Davis pose à son tour son dernier temps mort, alors que ses joueurs sont sous la menace du refus de jeu. Si Nenadic manque un shoot compliqué, Omar Yahia égalise sur l’action suivante dans la cage vide (29-29, 28′). Veszprem s’offre une balle de match dans la dernière minute, mais perd la balle. Kiel a la dernière attaque, et Rodrigo Corrales emmène son équipe en prolongations en arrêtant le shoot de Sagosen (29-29, 60′).

Steffen Weinhold (THW Kiel)

Kiel, au bout du suspens

Les deux équipes ne se lachent pas durant le premier acte des prolongations. Les joueurs se rendent coup sur coup. Yahia lance les hostilités, et Weinhold est bien présent pour la réponse avec 2 buts. Marguc se montre efficace aussi, et subit une dangereuse faute de Patrick Wiencek qui reçoit un carton rouge direct. Le pénalty qui suit permet à Mahé de ramener son équipe devant, puis Petar Nenadic enfonce le clou sur la sirène (34-32, 65′).

Les Kielers ne lâchent rien, à l’image de Pekeler, qui se bat sur tous les ballons qui lui passent sous le nez. Avec deux shoots aussi puissants que précis, il ramène les siens à un score de parité. L’attaque hongroise, sur courant alternatif, n’y arrive pas dans cette deuxième prolongation, et après une perte de balle c’est Niklas Ekberg, trouvé en pivot, qui ne tremble pas face à Corrales (35-34, 68′). Kentin Mahé maintient l’espoir sur pénalty, et les Allemands ont une balle de match en supériorité numérique. Le bras se lève, Sagosen feint le shoot, et sert Ekberg, chirurgical (36-35, 69’30”). Les Zèbres défendent jusqu’au bout, amenant Nenadic à tenter un jet france direct… bloqué par la défense. Kiel s’impose au bout du suspens et rejoindra Barcelone en finale (SF : 36-35).

Ekberg : “On ne pouvait pas perdre ce match

Tout le monde a eu des opportunités de gagner le match, si on le rejouait peut-être qu’on le gagnerait, résume Andreas Nilsson en sortie de match. Ça a été un match un peu fou, on a mené de 4, on a été menés de 7… ça aurait pu tourner dans les deux sens, mais au final ça s’est joué sur des détails.” Son de cloche un petit peu différent du côté de son coéquipier français, Kentin Mahé : “On menait de 4 buts en deuxième mi-temps, de façon un peu inattendue, c’est pour ça que c’est très rageant d’avoir perdu, regrette l’international. Mais ces matchs-là, c’est les choses incroyables qui se passent au Final4. On était à -5 à la mi-temps dans un début de match où on n’a pas existé, où on ne repliait pas, où on n’a pas respecté les consignes… et en fin de compte, on mène de 4 buts en fin de match. Je pense que sur la fin, il nous manque un peu d’oxygène. Mais on peut tout de même être fiers de nous pour cette belle réaction.” En face, on sent Niclas Ekberg soulagé d’emporter ce succès ô combien important : “Je suis vraiment heureux qu’on soit revenus dans ce match. Ces dernières minutes sont les meilleures qu’on peut vivre, c’est pour ça qu’on joue au handball. Et on s’est entraînés si longtemps, on s’est battus si durs la saison dernière pour être là qu’on ne pouvait pas perdre ce match.

Les Parisiens affronteront donc Veszprem pour la petite finale demain (18h). Les joueurs de la capitale n’avaient plus croisé le fer avec les Hongrois depuis 2017, année où les Parisiens l’avaient emporté à 3 reprises : à domicile, en Hongrie, et à Cologne en demi-finale.

Statistiques :

Kiel : Pekeler (8/9), Sagosen (5/14), Duvnjak (4/6), Zarabec (3/7), Weinhold (3/5), Ekberg (7/7, dont 4/4 pen.), Dahmke (3/3), Wiencek (2/3), Reinkind (1/4), Benitez, Wäger, Voigt, Ehrig, Sunnefeldt. Landin (10/41, dont 0/2 pen., 24%), Quenstedt (1/5, dont 0/1 pen., 20%).

Veszprem : Borozan (7/10), Marguc (7/7), Omar (5/5), Lekai (4/5), Nenadic (2/6), Nilsson (2/4), Manaskov (2/4), Mahé (4/5, dont 3/3 pen.), Maqueda (1/2), Moraes (1/1), Tonnesen, Markussen, Blagotinsek, Shishkarev. Corrales (17/51, dont 0/2 pen., 33%), Cupara (0/2, dont 0/2 pen.).

A Cologne, Antoine Piollat

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8 CommentairesPoster un commentaire

  1. nino - le 28 décembre 2020 à 22h47

    Clairement, être dans le mur pour un dernier g-franc de Petar Mouillé, c’est quand même plus dangereux pour Ekberg ou autres que de choper la covid en Egypte…

  2. vince - le 28 décembre 2020 à 22h51

    On parle souvent du PSG qui n’arrive toujours pas à gagner la LDC mais que dire de Veszprem ? J’ai l’impression que ce club pourrait avoir un budget illimité et un effectif XXL qu’il ne gagnerait jamais cette compétition. Ils ont une capacité assez impressionante à se saborder et à répondre absent lors des moments décisifs

  3. pulpompa - le 28 décembre 2020 à 22h54

    Je ne vois pas Kiel faire trembler Barcelone demain à moins d'un fantastique Landin

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