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Gabin Martinez, à la découverte du haut niveau


Du haut de ses 195cm et à seulement 19 ans, Gabin Martinez fait sa place dans le monde des grands. Suppléant de Tom Pelayo à l’USDK, il raconte, pour HandNews, son parcours jusqu’ici.

Son parcours

Âgé de seulement 19 ans, Gabin Martinez joue  ses premières minutes en Lidl Starligue et lutte pour le maintien avec l’équipe réserve. Et ce, tout en étant au centre de formation : « Cela fait 2 ans, il me reste encore 1 an,  l’année prochaine », explique-t-il. Le jeune joueur dunkerquois jongle aussi avec les cours où il étudie en 1ère année de STAPS, à l’université de Dunkerque : « Je pense qu’il faut avoir beaucoup d’envie et surtout être vachement intéressé par les études que l’on fait. L’année dernière, je n’étais pas à fond dans les études, c’est d’ailleurs pour cela que je suis encore en L1, sourit-il. Je pense que si vraiment on veut, on peut. Il faut aussi avoir un emploi du temps qui le permet, en tout cas que les études et le club soient en accord pour que tout se passe bien. »
Son objectif principal est la signature de son 1er contrat professionnel, avec l’USDK, à la fin de sa période de formation : « Pour le moment, on n’a pas eu de discussions. Il me reste encore au-moins 1 an de centre de formation. Je prends mon temps, je ne me prends pas la tête. Je verrais après comment ça se passe. Si on me le propose tant mieux. En tout cas, je vais tout faire pour que l’on me le propose à la fin de mon centre de formation. Pour le moment, j’essaie de progresser, de me mettre au niveau des autres, et on verra par la suite. »

“Je m’en souviendrai toute ma vie, c’était un truc de fou. C’est sûr qu’après, le soir, c’était compliqué de s’endormir”

Il évoque aussi son intégration avec le groupe professionnel depuis quelques mois maintenant : « Cet été, il y a eu un stage de 10 jours avec le groupe pro où j’étais convié. Du coup, après ce stage, c’était beaucoup plus simple. Il y a des joueurs qui sont à fond derrière moi comme Kader Rahim, Baptiste Butto et aussi Kornel Nagy. Ils essaient de partager leur expérience, de m’aider un maximum sur le terrain, de me donner un maximum de conseils, en plus du coach, pour que je me sente le plus à l’aise possible et que je réalise les meilleurs performances. Kader (Rahim) est vraiment derrière nous, pas qu’avec moi mais avec tous les jeunes. Il va venir m’encourager quand je suis sur le banc, si c’est bien ce que je fais. Et même si c’est mal, il va venir m’encourager. Koko (Kornel Nagy), ça sera plus sur le terrain directement et Baptiste (Butto), naturellement, ça sera plus sur la vision du jeu. »

Ses premières minutes en professionnel

Crédit photo: Emmanuel Durieux

Après avoir foulé durant quelques minutes les parquets de Starligue, le jeune arrière droit fait une entrée remarquée face à Tremblay, le 20 novembre dernier : « Honnêtement, au début, quand je suis rentré, je ne m’y attendais pas forcément. J’étais quand même prêt parce que Tom (Pelayo) s’était blessé, donc je m’étais dit qu’à tout moment, je pouvais rentrer, mais je ne pensais pas que ça serait si tôt. Patrick (Cazal) m’a dit ce que j’avais à faire. Au départ, c’est quand même stressant. Quand on joue en N1, le week-end, il n’y a pas grand monde. Là, les tribunes étaient remplies. Après j’ai marqué mon 1er but, ça m’a libéré. Je ne me suis pas posé de questions, je me suis lâché, et fait ce que je savais faire. Les adversaires ne me connaissaient pas forcément, je pouvais faire plus facilement ce que je voulais, pratiquer mon style de jeu. Franchement, je m’en souviendrais toute ma vie, c’était un truc de fou. Surtout que ce n’était pas un but, mais 4. En plus, on gagne après, du coup c’est encore mieux. C’est sûr qu’après, le soir, c’était compliqué de s’endormir. »
Il enchaîne une semaine après à Montpellier, avec 5 buts mais une défaite 29-28 : « Malheureusement, on n’a bien tenu tout le match. Personnellement, j’avais fait un match assez correct. Après sans manquer de respect à Tremblay, c’était encore mieux contre Montpellier, car il y a des plus grandes stars, on va dire. A la fin, il y a Valentin Porte qui est venu me parler, c’est quand même quelque chose de spécial.
Samir (Bellahcene) m’avait dit que ce n’était pas n’importe qui, que ça soit Tremblay ou Montpellier, dans les cages. Tremblay, c’est quand même Annonay et Sego pour Montpellier. »

“Dans le vestiaire, c’était un silence, c’était vraiment affreux.”

Récemment, l’USDK a connu une énorme désillusion en affrontant Nantes. Seulement 3 buts inscrits en 30 minutes, score historique en une mi-temps, pour une défaite finale 34-15. Le groupe a pris une très claque avec cette défaite : « Franchement, on était abasourdis, on ne comprenait pas ce qui s’était passé. 3 buts en une mi-temps, c’était du jamais vu. Dans le vestiaire, c’était un silence, c’était vraiment affreux. On était sur 2 victoires d’affilée, les entraînements étaient cools avant le match contre Nantes, c’était « bon délire ». Patrick (Cazal) était tout souriant tout le temps, c’était super. Mais là, après cette claque, les entraînements étaient tendus. Contre Nîmes, on fait un match correct et même si on perd, c’était un peu mieux. Là ça repart avec cette défaite contre Istres. C’est sûr que c’est différent par rapport aux 2 victoires d’affilée, même 3 victoires parce qu’il y avait eu Saint-Raphaël en Coupe. En ce moment, on joue, c’est crispé, c’est moins joyeux. A la récup’ le lendemain, on était encore choqués. C’était dur à vivre. »
3ème défaite consécutive face à Istres, alors que Dunkerque semblait avoir le match en mains puisqu’ils menaient de de 2 buts à 7 minutes de la fin : « Dans ces moments-là, il faut qu’on garde plus la tête froide. Ce n’est pas parce qu’ils reviennent, que cela commence à s’enflammer, qu’il faut qu’on s’excite et qu’on fasse n’importe quoi. Il faut qu’on apprenne à être plus calme, à mieux gérer ces temps chauds et ces fins de matchs, pour voir le plus haut possible d’ici la fin de saison. »

La fin de saison

Pour cette fin de saison, l’USDK a un programme chargé et cela commence dès aujourd’hui avec le quart de finale de Coupe de France, du côté de Paris : « Il va falloir qu’on donne le maximum, pour les embêter le plus possible. On est quand même en quarts de finale. Même si le PSG est invaincu cette saison, je reste persuadé qu’avec les qualités que l’équipe a, on peut essayer de faire quelque chose. Sachant que c’est un match de coupe, tout est possible. C’est que de stars en face, donc il faut profiter un maximum. Il faut prendre du plaisir. L’an dernier, l’USDK a fait une finale donc ça serait bien de revivre quelque chose comme ça. Pour nous, qui sommes jeunes, tout ce qui est bon à prendre, on prend ! Il faut qu’on fasse ce qu’on sait faire.

Il va falloir quand même qu’on fasse des résultats, si on veut une fin de championnat tranquille

En championnat, Dunkerque n’est qu’à 5 points de l’Europe mais Gabin Martinez ne veut pas s’enflammer surtout avec les prochaines échéances qui les attendent : « En même temps, on est à 5 points de l’Europe mais on est à 6 points de Tremblay et Créteil qui sont relégables. On reçoit Paris et il reste encore Toulouse, Aix, Montpellier, Chambéry. Du coup, on va penser à retrouver notre niveau de jeu d’attaque. En défense, ça va mais c’est surtout l’attaque où il a falloir qu’on reprenne confiance. Après on pensera aux objectifs. Le but dans la saison est d’être le plus haut possible. Là, on a perdu un match important donc il va falloir qu’on fasse « un exploit » contre ces équipes. Créteil qui gagne à Chartres est à 9 points, nous à 15 points, 3 matchs ça peut aller vite. Il va falloir quand même qu’on fasse des résultats, si on veut avoir une fin de championnat « tranquille ».
« Il va falloir qu’on travaille, qu’on se donne encore plus qu’on le fait déjà, être encore plus appliqué à l’entraînement. Le jour de match, il va falloir qu’on se donne encore plus, qu’on soit soudés et qu’on  s’attire tous vers le haut pour remporter des matchs. Il va falloir que chacun prenne ses responsabilités, qu’on se remette en question par rapport à ce qu’on a fait. Maintenant, il faut aller de l’avant et essayer de gagner le maximum de matchs d’ici la fin de saison. »

L’équipe de France

Martinez commence à être un habitué des équipes de France jeunes. « Même si ce n’est pas ma première sélection, je suis comme un gosse dès que je suis appelé. Quand on reçoit le mail, on est tous content de voir avec qui on va être. Même si on a un programme bien chargé, voilà on y va et c’est avec les copains de l’équipe de France (rires). En plus mon coach est aussi mon entraîneur de pôle. C’est donc « plus simple » que les années d’avant car je sais comment il fonctionne, ce qu’il attend de moi.
 Après y avoir joué notamment en U19, il a rejoint les U21 cette saison.  Pour sa première compétition avec cette catégorie d’âge, il se montre satisfait de l’état du groupe, malgré une petite déception au classement : « Personnellement, j’étais assez content de ce stage. Je trouve qu’on commence à avoir de plus en plus de cohésion dans cette équipe. On est un peu déçu du résultat final. Contre l’Espagne, on avait le sentiment d’avoir le match en mains, et qu’au final, on se retrouve à égalité alors qu’on pouvait faire mieux. Contre l’Allemagne, c’était aussi un petit coup dur parce qu’on n’a pas du tout été bon sur ce match-là. Contre le Portugal, on était content , on avait fait un bon match. »
Avec l’équipe de France, Gabin Martinez a d’autres échéances qui arrivent prochainement, avec notamment l’Euro : « J’espère être sélectionné. Même avant cela, il y aura encore des stages à la Maison du Handball, on va faire le Airport Trophy en Suisse. L’équipe de France nous permet de voyager. On a eu la chance de partir en Roumanie et au Portugal. Ce sont des pays que je n’avais pas forcément fait en voyage donc c’est superbe. »

Ayant déjà participé à un Euro avec les U19, il raconte cette ambiance si particulière : « C’est quelque chose de spécial de jouer les matchs à l’Euro. C’est une autre atmosphère. Quand on rentre dans une compétition comme celle-là, c’est assez marquant. Le stress est plus présent. Les équipes sont à fond dans le tournoi, elles sont vraiment là pour gagner. Cela dure à peu près 2 semaines, on change de ville, on est dans les hôtels. On est avec nos badges, et on rentre un peu partout. En Croatie, il y avait une grosse ambiance, on passait sur la télé nationale, du coup c’est quelque chose de marquant. La compétition était un peu longue, donc on avait moins de supporters. Mais il y avait des parents qui avaient fait le déplacement, qui nous encourageaient, donc c’était super. Contre le Norvège, c’était un bon souvenir, c’était le 1er match et on gagne. » Une ambiance qu’il espère donc revivre l’été prochain. En attendant, il y a la fac, le centre de formation, l’équipe réserve et, bien sûr, l’équipe première de Dunkerque. Un programme bien chargé …

A Dunkerque, Alexandre Riotte

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