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Julien Bos à Kielce, le dépaysement sans perdre le Nord

Des rues nantaises aux parquets polonais, Julien Bos a changé de décor, mais pas d'ambition. Désormais installé à Kielce, l'international français découvre un nouveau championnat, une autre culture et quelques difficultés linguistiques. Pour HandNews, l'ancien Montpelliérain et Nantais se confie sur ses premiers mois à l'étranger.
De la place Bouffay, où il aimait flâner à Nantes, aux petites rues bordées de restaurants qu'il découvre à Kielce, Julien Bos a changé de décor. Et pas qu'un peu. Après avoir évolué à Montpellier puis au HBC Nantes, l'arrière droit a décidé de franchir les frontières pour poser ses valises en Pologne, où il s'est engagé jusqu'en 2029. Un nouveau chapitre pour l'international français, qui découvre un quotidien bien différent de celui de la Starligue.
« Ça se passe très bien. Heureusement qu'il y a les Français pour m'épauler un peu, parce qu'avec la langue, c'est compliqué », sourit l'arrière droit, qui prend des cours de polonais. D'autant que les discours collectifs de l'entraîneur se font exclusivement dans la langue locale. « En individuel, c'est en anglais, donc ça va », rigole-t-il. Pour faciliter son intégration, Julien Bos peut aussi compter sur ses compatriotes. « On traîne ensemble, ils ont des maisons, donc on a fait pas mal de barbecues. »
« En France, c'est plus dynamique, ça joue mieux au ballon »
Mais c'est surtout sur les terrains que Julien Bos découvre un changement de rythme. Moins homogène que la Starligue, le championnat polonais permet à Kielce de concentrer ses efforts sur la Ligue des champions. « Pour l'instant, ce rythme me plaît. On s'entraîne à fond et les matchs de championnat servent aussi à préparer les rencontres européennes. » Le Français souligne également un jeu plus physique : « En Pologne, ce sont des solides, des machines qui poussent à la salle tous les jours. En France, c'est plus dynamique, ça joue mieux au ballon. »
Une différence qui se retrouve jusque dans l'organisation des déplacements. Contrairement aux habitudes françaises, Kielce privilégie les allers-retours dans la journée en championnat, grâce à des trajets généralement plus courts. « On est plus souvent à la maison, ce qui nous permet de davantage nous entraîner, de nous reposer et de préparer les matchs de Ligue des champions. »

Flensburg également sur les rangs, mais Kielce dans le cœur
Après ses expériences à Montpellier et Nantes, Julien Bos souhaitait découvrir l'étranger. « Quand je suis parti à Nantes, je voulais prouver que je pouvais changer de club. Après avoir vu que j'en étais capable, je me suis dit : pourquoi ne pas aller à l'étranger ? » Une aventure qui aurait pu le conduire en Allemagne, aux côtés d'un certain Aymeric Minne. « Flensburg voulait également que je les rejoigne. Mais j'ai préféré Kielce. C'est un club historique dont je suivais les exploits depuis tout petit. »
Initialement recruté par Talant Dujshebaev, le Français a finalement retrouvé Krzysztof Lijewski, ancien adjoint du technicien espagnol, désormais entraîneur principal. Un changement qui n'a pas bouleversé ses repères tactiques, ni les ambitions du club polonais. « On veut aller le plus loin possible en Ligue des champions, et si possible la gagner. Et évidemment remporter le championnat. »
Sur le terrain, Julien Bos semble déjà avoir trouvé ses marques. Auteur notamment de six buts face à Magdebourg, l'arrière droit totalise 17 réalisations en cinq rencontres en Ligue des Champions et commence à trouver sa place dans le collectif. Quant à l'après-Kielce, pas question d'y penser pour le moment. « Je suis vraiment concentré sur mes trois ans ici. Je m'implique à fond dans ce projet. On verra après. »

Les Bleus en ligne de mire, Thibaud Briet jamais très loin
Malgré la distance, Julien Bos garde le contact avec ses anciens coéquipiers nantais, notamment Nicolas Tournat et Thibaud Briet, et continue de suivre les résultats du championnat français. Amateur de lecture, l'arrière droit s'est également lancé dans les mangas One Piece sur les conseils de ce dernier. « J'avais commencé à Nantes parce que Thibaud m'en avait parlé. C'est assez long, donc je n'ai pas fini, mais petit à petit je me rapproche de la fin », rigole-t-il, avant de prévenir : « Je ne veux surtout pas qu'on me spoile ! »
Avec Thibaud Briet, la complicité dépasse les parquets. Partenaires de chambre chez les Bleus, les deux inséparables avaient hérité du surnom de « Tic et Tac » lors du dernier Euro au Danemark. Un duo dont les sourires et l'humour avait notamment animé les conférences de presse d'avant match. Des retrouvailles qui ne devraient pas tarder, puisque Julien Bos fera partie du rassemblement des bleus en novembre, qui passera par l'Arena du Pays d'Aix. « Ça fait toujours plaisir de retrouver ceux avec qui j'ai joué, de reparler un peu français... Et puis évidemment, de porter ce maillot. »
En attendant, l'arrière droit poursuit son apprentissage polonais, sur et en dehors du terrain. Et alors que les températures chutent à Kielce, les barbecues entre Français ont déjà laissé place aux vêtements d'hiver. « Ça y est, on est redescendu à 10 degrés. Maintenant, c'est K-way, bonnet et doudoune ! », conclut-il, fidèle à son humour.
Ilann Thuel