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Lilou Pintat avant le Final 4 : “On y va pour être championnes.”

À 21 ans, Lilou Pintat s’apprête à vivre l’un des moments les plus importants de sa jeune carrière. Avant de quitter Dijon pour rejoindre Metz cet été, la pivot de la JDA disputera un Final 4 européen historique à domicile. Entre ambition, émotion et responsabilités, l’internationale française veut conclure son aventure dijonnaise de la plus belle des manières.
Pour la première fois de son histoire, Dijon accueillera le Final 4 de Ligue Européenne. Médaillées de bronze la saison dernière, les Dijonnaises auront cette fois l’occasion de jouer une qualification en finale devant leur public.
Un contexte forcément particulier pour Lilou Pintat, qui dispute ses dernières semaines sous les couleurs de la JDA. Mais loin de subir la pression de l’événement, la jeune pivot préfère s’appuyer sur l’énergie d’un palais des sports acquis à la cause dijonnaise. “C’est forcément un double challenge. Ça met aussi un peu de pression parce qu’on a beaucoup d’attentes sur les épaules. Mais avoir tout le public avec nous, nos proches, et jouer à domicile, ce sont quand même des conditions idéales. Personnellement, je ne le vois pas comme une pression négative.”
Éviter un déplacement, garder ses repères, évoluer dans une salle qu’elles connaissent parfaitement : autant d’éléments qui pourraient compter dans un week-end où tout se jouera sur des détails. Et pour Lilou Pintat, l’importance symbolique du rendez-vous est immense.
“C’est une opportunité en or. Pour ma dernière saison à Dijon, je ne pouvais pas rêver mieux.”
Une semaine particulière
La JDA le sait : cette semaine ne ressemble à aucune autre. Entre le travail vidéo, la récupération et la préparation tactique, le staff tente de gérer chaque détail avant la demi-finale. Car en l’espace de deux jours, les Dijonnaises peuvent jouer une finale européenne et peut-être un premier titre continental. “On travaille énormément sur l’adversaire avec beaucoup de vidéo, mais il y a aussi toute la récupération à gérer. Ce sont deux matchs de très haut niveau dans le même week-end, donc il faut trouver le bon équilibre entre repos, travail et tactique. On ne prépare pas un Final 4 comme un match classique.”
Cette gestion physique est d’autant plus importante que Dijon a dû composer toute la saison avec de nombreuses blessures. Si Sarah Valero est revenue ces dernières semaines, l’absence de Nadia Offendal jusqu’à la fin de saison oblige le collectif à se réinventer. Dans ce contexte, certaines joueuses ont dû prendre davantage de responsabilités. Lilou Pintat en fait partie. “On n’a pas les effectifs à 100 %, mais on connaît nos forces. Ça demande plus de responsabilités à certaines joueuses, et peut-être aussi à celles qui ont eu moins de temps de jeu jusque-là de se montrer davantage. Tout le monde aura un rôle à jouer pendant ce week-end.”
“Je ne les vois pas du tout comme un outsider”
En demi-finale, Dijon retrouvera l'équipe d'Emma Jacques, les Hongroises de MOL Esztergom. Une équipe parfois présentée comme l’outsider de ce Final 4. Un statut que Lilou Pintat balaie immédiatement. “C’est une équipe très complète. Elles ont des shooteuses de loin, des joueuses capables de gagner leurs duels, de très bonnes ailières. Elles ont vraiment tous les profils. Elles jouent aussi très vite, donc ça va être un match rythmé et très engagé physiquement.”
La pivot dijonnaise s’attend à une opposition intense entre deux équipes au profil assez similaire. Et elle estime même que les Hongroises possèdent davantage d’armes offensives dans certains secteurs. “Je ne les vois pas du tout comme un outsider. Je pense même qu’elles ont peut-être plus d’armes offensives que nous avec leurs grosses shooteuses de loin. Les deux équipes se ressemblent beaucoup sur le papier. Ce genre de match va se jouer sur l’engagement, l’état physique et les choix tactiques.”
Dans ce contexte, l’expérience acquise la saison dernière pourrait toutefois peser au moment d’aborder les moments chauds. “Peut-être que l’expérience de l’année dernière pourra nous aider un peu plus qu’elles. Mais dans ce genre de rendez-vous, ça ne veut pas forcément dire grand-chose.”
La JDA assume désormais son statut
Le parcours européen de Dijon cette saison n’a pourtant rien eu d’un long fleuve tranquille. Dès les phases de qualification, les Bourguignonnes ont frôlé l’élimination avant de finalement monter en puissance au fil de la compétition. Lilou Pintat estime d’ailleurs que la JDA a évolué dans l’une des poules les plus relevées de la compétition. “On s’est mis en difficulté très tôt. Mais je pense surtout qu’on avait une poule extrêmement relevée. On l’a vu ensuite quand les équipes ont croisé avec l’autre groupe en quarts de finale. Finir premières dans ces conditions, ce n’était vraiment pas simple.”
Une situation bien différente de celle vécue la saison passée, lorsque Dijon avançait encore dans la peau du petit outsider inattendu. Cette fois, la JDA était attendue partout. “L’année dernière, personne ne nous attendait. Cette saison, tout le monde nous attendait au tournant parce qu’on avait été médaillées de bronze. Ce n’est pas du tout le même statut.”
Et désormais, les Dijonnaises l’assument pleinement.
“Oui, on veut faire au moins aussi bien que l’année dernière. Mais clairement, on y va pour être championnes. ”
Encore en course sur tous les tableaux
Malgré un début de saison compliqué en championnat, Dijon reste encore engagé dans toutes les compétitions. Une situation qui entretient forcément beaucoup d’ambition au sein du groupe. Mais la JDA n’a plus le droit à l’erreur dans la course à l’Europe. “On paye forcément nos erreurs du début de saison parce qu’aujourd’hui, si on veut être européennes à la fin, il faut pratiquement tout gagner. On n’a plus vraiment de marge, mais l’avantage, c’est qu’on a encore notre destin entre les mains.”
Après la troisième place obtenue la saison dernière en Ligue Butagaz Énergie, les attentes autour du club ont changé. Dijon a peut être souffert de cette nouvelle pression, notamment après plusieurs défaites contre des concurrents directs comme Chambray, Nice ou encore Saint-Amand.
Mais Lilou Pintat refuse les comparaisons d’une saison à l’autre. “Chaque année est différente. On a eu de nouvelles joueuses, de nouveaux automatismes à trouver. Ce qu’on a fait l’année dernière était magnifique, mais c’est aussi très difficile de confirmer derrière. Maintenant, à nous de finir cette saison en beauté.”
Avant Metz, finir l’histoire avec Dijon
Parmi les dernières échéances de la saison, une demi-finale de Coupe de France contre Metz donnera forcément une saveur particulière à cette fin d’aventure dijonnaise. Mais malgré son futur départ vers les Dragonnes, la jeune pivot reste totalement investie avec la JDA.
“Je suis encore Dijonnaise jusqu’à la fin de saison. Je vais me battre corps et âme avec Dijon pour aller chercher ce titre qui n’est encore jamais arrivé au club.”
Son choix de rejoindre Metz cet été est avant tout celui d’une joueuse ambitieuse, exigeante avec elle-même et désireuse de franchir un cap. “Je voulais rester en France parce que je suis encore jeune. Metz représente exactement ce que je recherche : l’exigence du très haut niveau, la Ligue des champions et le fait de côtoyer les meilleures joueuses.”
La pivot sait aussi qu’elle devra rapidement s’adapter dans un environnement où la concurrence sera permanente. “Je sais que ça va être difficile et qu’il faudra être tout de suite au niveau. Mais je suis prête à ça. Je veux progresser le plus vite possible et donner le meilleur de moi-même.”
“J’ai tout vécu ici”
Avant de penser à la suite, Lilou Pintat veut surtout profiter de ses dernières semaines avec le club qui l’a révélée. Arrivée très jeune à Dijon, elle y a découvert le haut niveau, signé son premier contrat professionnel et grandi jusqu’à devenir l’une des pièces importantes de l’effectif.
“Dijon, c’est mon premier club professionnel. Ça fait six ans que je suis ici. J’ai tout vécu avec ce club : mes premières sélections avec l’équipe de France, le titre mondial chez les jeunes, les premières finales, l’Europe… J’ai vraiment grandi ici.”
Aujourd’hui encore, l’émotion liée à ce départ reste volontairement mise de côté. “Je pense que je réaliserai vraiment tout ça à la fin de la saison. Pour l’instant, j’essaie surtout de rester concentrée sur les objectifs qu’il nous reste à aller chercher.”
Car l’histoire n’est pas encore terminée. Et avant de tourner définitivement la page, Lilou Pintat veut offrir à Dijon l’un des plus beaux chapitres de son histoire.
Elinor Liardet