Hon (F) – Siofok

Faisons connaissance avec… Camille Aoustin

C’est l’histoire d’une mordue de football devenue joueuse professionnelle de handball. Camille Aoustin a beau être une fervente supportrice de l’Olympique Lyonnais, elle fait surtout le bonheur de Siofok, en Hongrie, aujourd’hui. Arrivée cet été sur les rives du Lac Balaton, l’ambitieuse ailière gauche de 27 ans a débuté sa première expérience à l’étranger avec réussite. Rencontre.

Football, échecs puis handball…

On n’oublie jamais son premier amour… Fille d’un entraîneur de football, c’est avec un gros ballon rond que Camille Aoustin s’est d’abord régalée. “Sur beaucoup de photos de famille, même très petite, on me voit avec un ballon de foot, raconte la native de Cherbourg. Je suivais mon père un peu partout et le football est encore aujourd’hui ma vraie passion. Mais je n’en ai jamais fait en club !” Pourquoi? “Car je crois que ma mère en avait un peu marre de ce sport et elle ne se voyait pas aller m’encourager tous les week-ends dans le froid au bord des terrains. Et puis pour elle, ce n’était pas un sport pour les filles.”

Qu’à cela ne tienne, le Cherbourgeoise n’est pas restée inactive pour autant. Et après être passée par le judo, le tennis ou les échecs – “vous voulez toute la liste? Car j’ai vraiment fait beaucoup de sports ! (rires)” – , une amie finit par lui proposer de s’inscrire au handball. “J’avais 13 ou 14 ans et à l’époque, je ne savais même pas ce que c’était, se souvient Camille Aoustin. Je lui ai juste demandé le principe et elle m’a répondu que l’objectif était de marquer des buts en mettant un ballon dans des filets. Ca, je connaissais donc j’y suis allé !” Sa première licence à la JS Cherbourg était alors en poche.

Ses débuts dans le handball

Très vite, les choses se sont alors enchaînées. “On m’a souvent fait le reproche de ma petite taille mais j’avais vraiment très envie de progresser, note Camille Aoustin. Alors, peu de temps après avoir commencé, j’ai fini par rentrer au pôle espoir de Caen. C’était une petite structure mais Hervé Vigor, le responsable du pôle, a toujours cru en moi. Il m’avait dit que si je voulais vraiment faire du handball à haut niveau, j’y arriverais. Mes parents, aussi, m’ont toujours laissé faire ce que j’aimais.”

S’en suivent le centre de formation du Havre et une année à Octeville, mais c’est finalement à Chambray que l’ailière gauche se révèle complètement. Aoustin : “Guillaume Marquès, l’entraîneur du CTHB, a beaucoup compté pour moi. Avant d’arriver à Chambray, j’étais frustrée, j’avais envie de jouer davantage, d’avoir plus de responsabilités…” Et sous les ordres de celui qui est désormais devenu manager général du club tourrangeau, un nouveau palier est franchi. “J’ai vraiment rapidement eu le sentiment qu’on me faisait confiance, raconte-t-elle. Je jouais relâchée et ces trois années m’ont permis de me révéler.” Elue meilleure ailière gauche de deuxième division en 2014, Camille Aoustin s’envole alors pour Nantes pour une saison avant d’atterir chez le grand Metz Handball.

Découvrir le très haut niveau en Lorraine

Lorsque Metz lui propose de rejoindre ses rangs à l’été 2015, Camille Aoustin n’hésite pas une seconde. Avec les Dragonnes, elle découvre la Ligue des Champions et toute une culture de la gagne. “Le but n’était plus d’essayer de gagner le plus de matchs mais d’essayer d’en perdre le moins possible ! C’était quelque chose que je n’avais jamais connu auparavant. C’est à Metz que j’ai découvert le très très haut niveau.”

Fin 2016, elle décroche son premier titre de championne de France après une saison pleine. Mais sa deuxième saison est plus compliquée. “J’ai été blessé à partir de janvier et c’est à ce moment où les dirigeants devaient prendre la décision de me prolonger ou non. Il devait faire un choix et je n’ai finalement pas été conservé. Malgré tout, je reviens très fort en fin de saison et je pense que les deux parties auraient été contents de continuer ensemble. Je n’ai d’ailleurs aucune rancœur envers les dirigeants de Metz, d’autant plus que j’ai passé deux très belles années là-bas.”

Au début de l’été 2017 et malgré une deuxième courronne de France, Camille Aoustin se retrouve sans club. “A 27 ans, n’étant pas internationale mais ayant disputé la Ligue des Champions, je ne voulais vraiment pas d’aller n’importe où, explique Camille Aoustin. J’avais goûté au très haut niveau et je voulais y rester. Mais les propositions qui arrivaient ne m’intéressaient pas ! Je prenais un risque mais je l’assumais.”

Son départ pour Siofok

Et c’est finalement début août que l’ailière gauche s’engage avec Siofok après un premier essai concluant. “A Nantes, j’avais rencontré Estelle Nze Minko avec qui je suis toujours très proche, savoure Camille Aoustin. Et c’est elle qui m’avait dit qu’il y avait une opportunité pour moi dans son club. Alors j’ai foncé. Au final, je me retrouve dans ce gros club et en plus à l’étranger, ce que je privilégiais. Je suis vraiment très contente d’être ici.”

Européen il y a deux ans, Siofok a connu une saison passée mouvementée. Mais cette année, la formation de Lars Rasmussen espère bien terminer dans les cinq premiers, synonyme de place en coupe d’Europe. Et avec 25 buts marqués en 7 matchs, actuellement troisième meilleure marqueuse de son équipe, Camille Aoustin répond présent pour apporter sa pierre à l’édifice. “Je découvre encore tous les jours un handball qui est différent du nôtre, raconte l’intéressée. Je dirais qu’ici, c’est plus physique et moins technique. C’est très agressif, toujours dans le combat. C’est exactement l’inverse de mon jeu (rires) ! Mais c’est un vrai challenge. Par exemple, je dois comprendre que certaines fautes qui m’étaient sifflées en France ne le sont pas ici. Je dois m’y faire, sortir de ma zone de confort, et ça me plait vraiment.”

La vie en Hongrie

Comme beaucoup de formations hongroises – Györ, FTC, Erd – , les clubs mettent les moyens de leurs ambitions pour se faire une place au sein de l’un – voir le – championnat le plus relevé d’Europe. “Les moyens ici sont énormes, détaille Camille Aoustin. Ici, tout appartient au club, y compris le centre de cyrothérapie ! Je suis suivie par une nutritionniste au quotidien, on aura une nouvelle salle en mars… Je n’ai jamais vu ça ! Les infrastructures sont vraiment au top.” Alors, bien dans ses baskets et précieuse sur le terrain, Camille Aoustin se voit déjà logiquement prolonger son bail sur les bords du Lac Balaton. “Le club veut grandir, il y a un vrai projet, explique cette mordue de NBA. Alors, je me vois bien rester un peu plus ici…” Même si l’apprentissage de hongrois se révèle un peu compliqué… “C’est incroyable, même à les mots aéroport ou passeport n’ont rien à voir avec ce qu’on connaît”, rigole-t-elle.

Mais sinon, c’est comment Siofok ? “C’est une station balnéaire, annonce Camille Aoustin. Donc l’été, il y a un million de personnes et sinon, nous sommes 25 000 ! Bon, il y a quand même des choses à faire mais c’est un peu mort en plein hiver il paraît.” C’est d’ailleurs à Budapest dimanche soir que Camille Aoustin a cherché un endroit pour regarder le derby Saint-Etienne – Lyon, en Ligue 1 de football. “J’ai cherché dans tous les cafés pour pouvoir voir ce match ! Mais ça va, Lyon a gagné donc je suis contente.” On n’oublie donc jamais son premier amour.

Clément Domas

2 CommentairesPoster un commentaire

  1. Sasori9 - le 9 novembre 2017 à 21h37

    “Les moyens ici sont énormes, détaille Camille Aoustin. Ici, tout appartient au club, y compris le centre de cyrothérapie ! Je suis suivie par une nutritionniste au quotidien, on aura une nouvelle salle en mars… Je n’ai jamais vu ça ! Les infrastructures sont vraiment au top.”

    J'aurais bien aimé que les clubs Francais ( Féminin et Masculin) soient comme ca. Dépendant de la commune, ce n'est pas une bonne chose. Enfin, c'est mon avis perso.

  2. Subob - le 9 novembre 2017 à 22h45

    Je te rejoins entièrement ! On met souvent la charrue avant les bœufs en France. Il y a vraiment une évolution des mentalités à faire. Un club qui investit dans sa formation et ses infrastructures avant de chercher les résultats et non découvrir sur une génération dorée qu’ils peuvent parvenir au haut niveau ça changerait la donne. Mais cela impliquerait des partenariats privés importants avec une intervention limitée des pouvoirs publics sur la gestion des infrastructures. Même s’ils se désengagent beaucoup au niveau subvention, l’entretien et la disponibilité des salles restent aux collectivités la plupart du temps et le schéma reste le même.

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