LdC (F) – Brest

Pauletta Foppa, un modèle de précocité

La pivot du Brest Bretagne Handball, Pauletta Foppa, est un exemple de précocité. A tout juste 20 ans, elle est (déjà) championne d’Europe avec l’équipe de France et considérée comme l’une des meilleures du monde à son poste.

Vingt ans et pas l’ombre de la moindre candeur dans sa voix. Pauletta Foppa est le petit génie du Brest Bretagne Handball. Elle porte la tunique aux couleurs du Gwen ha du depuis 2018. Avant ce dernier match de la phase de poule face à Valcea (samedi, 16h, en direct sur Eurosport), son compteur de buts affiche 31 réalisations en treize rencontres. Un chiffre qui ne dit pas l’importance que la native d’Amilly a prise dans l’effectif du BBH. Elle est devenue cette saison ne valeur sûre sur laquelle Laurent Bezeau s’appuie désormais sans hésiter. Ce qui n’a pas toujours été le cas. “La première année j’ai peut-être trop voulu la protéger, avoue-t-il. C’était la petite jeune et peut-être qu’au départ il y eu un petit round d’observation et ce n’était pas forcément ce qui était le plus adapté pour elle. On a vite trouvé un autre mode de fonctionnement. Elle ne doit pas être jugée par rapport à son âge mais par rapport à ses compétences et son état d’esprit.”

“Au-dessus physiquement”

Pour comprendre les paroles du tacticien breton, il faut remonter le temps. Contrairement, aux autres joueuses de son âge, quand elle sort du pôle espoir d’Orléans, à 17 ans, elle ne veut pas s’engager dans un centre de formation. C’est contrat pro ou rien, “pour progresser plus vite”, explique-t-elle. Elle savait où elle voulait mettre les pieds, sans aucune hésitation. Elle n’a même pas retenu le nom des structures qui lui proposaient un parcours classique. “Quand on est pivot c’est différent, pose très clairement la native d’Amilly, dans le Loiret. Les arrières peuvent travailler leur un contre un avec les autres mais quand on est pivot on a besoin du rapport de force et ça prend plus de temps au centre de formation qu’en étant professionnelle.” 

En Nationale 1, où elle évolue avec Fleury, elle est déjà loin au-dessus des autres. C’est une division où elle joue depuis qu’elle a 14ans, âge où l’on découvre normalement ses premiers émois en championnat départemental. Elle, est titulaire en N1 avec Montargis. “On la suivait depuis un moment, quand elle jouait avec les espoirs de Fleury, admet Laurent Bezeau. Elle marquait but sur but et n’avait pas besoin de forcer parce qu’elle était au-dessus physiquement.”  Ce qui justifie pleinement le choix de l’intégrer directement au groupe pro, avec des filles qu’elle avait vues depuis les tribunes, quand elle allait voir les matchs de l’équipe de France, comme Allison Pineau. Ou encore Bella Gullden la demi-centre suédoise avec laquelle, deux ans auparavant, elle faisait un selfie. Ce dont elle se souvient encore : “Avec le pôle nous étions en stage en Roumanie pour voir le quotidien d’une joueuse professionnelle. On était à Bucarest et j’avais pris une photo avec elle parce que je la trouvais tellement forte, sans savoir que deux après j’allais me retrouver dans la même équipe. J’ai retrouvé la photo et on en a rigolé.” 

Plus jeune joueuse française de l’histoire championne d’Europe

En club, c’est allé vite, mais avec la sélection encore plus. Quelques mois après son arrivée en Bretagne, elle tape logiquement dans l’oeil d’Olivier Krumbholz. Ses qualités de bloc et son adresse n’ont pas mis très longtemps à s’imposer comme une évidence. “Elle est très mature dans son jeu, elle a une excellente qualité de main et de prise de balle”, avoue Béatrice Edwige, avec qui elle forme la doublette chez les Bleues sur le poste de pivot. Lors de l’Euro en France, sa première compétition, en 2018, elle entre dans le vif du sujet : premier titre et une découverte d’un Bercy plein à craquer. “Même à vide, lors du premier entraînement, tu te dis “ah ouais! Waouh! Demain on va venir et ce sera plein”. Ca met un peu les boules !” se souvient la benjamine tricoloreEncore une fois, sans trop d’appréhension alors que c’était la plus jeune joueuse française de l’histoire à participer à une compétition internationale. “Les journalistes me l’ont dit mais sur le coup je ne le savais pas”, s’amuse-t-elle. Elle profite du moment, avec sa mère et son frère “ses premiers fans”. Ils la suivent pendant toute la compétition, de Nancy à Paris en passant par Nantes et remplissent le rôle d’un agent quand il le faut.

Notamment sa mère, à qui elle apprend les rudiments du hand au fur et à mesure et qui n’hésite pas à lui donner son avis sur ses performances. “Ce n’est pas si compliqué à comprendre”, rigole la jeune pivot. Elle rentre à la maison avec sa première médaille autour du cou, ses premiers souvenirs dans une compétition internationale alors que quelques mois avant, elle ne savait pas avec qui elle allait partager la chambre. “J’appréhendais pour savoir avec qui j’allais dormir parce que je ne connaissais personne et personne ne me connaissait vraiment parce que je ne jouais pas trop en club, se souvient-elle. Je me suis retrouvée avec Aïssatou Kouyaté parce qu’elle était au pole d’Orléans avant moi, on a échangé autour de ça. A l’Euro j’étais avec Siraba Dembélé [de 14 ans son aînée, Ndlr] alors que j’étais avec sa petite soeur au pôle. Elle écoute les mêmes musiques que moi donc c’est cool. Elle est très gentille, très maman poule, très ouverte, de bons conseils donc ça a été très cool.” 

Pauletta Foppa (Brest) / K.Domas – Panoramic

Depuis cette première avec la pointe des pieds, elle a crevé l’écran cet hiver, lors de l’Euro au Danemark au mois de décembre. Si le grand public l’a découverte, ceux qui suivent la Ligue Butagaz Energie et la Champions League toutes les semaines ne sont pas surpris, tant Pauletta Foppa s’est affirmée dans son club. D’ailleurs, Laurent Bezeau n’est absolument pas surpris par le nouveau statut de sa joueuse: “Elle fera partie des meilleures pivots du monde, si elle gagne en stabilité sur une rencontre et match après match. Elle doit s’approprier certains détails pour devenir la meilleure du monde. Si elle en est consciente et qu’elle fait les efforts pour entrer dans ce processus, elle deviendra la meilleure du monde à son poste, j’en suis persuadé.” Analyse largement partagée par les observateurs qui la voient progresser au fil des minutes passées sur les parquets.

SCM Ramicu Valcea – Brest Bretagne HB (dimanche à 16h00) et Metz HB – CSM Bucarest (samedi à 16h00), le meilleur du hand européen est sur l’appli Eurosport.

Maxime Cohen.

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10 CommentairesPoster un commentaire

  1. OhHandy - le 11 février 2021 à 23h38

    J'adore la regarder jouer !
    Une gestuelle tellement belle. Efficace, sobre. Bref elle est juste énorme ! 🙂

  2. cochonne - le 11 février 2021 à 23h58

    Bonjour
    En plus d'être une très bonne joueuse elle a la tête sur les épaules.
    Je ne dénigre pas les centres de formation et les meilleurs joueurs en sont issus mais combien de jeunes bons mais pas spécialement exceptionnels vont faire le pied de grue des CDF pour finalement s'enterrer juste pour le prestige de l'uniforme ?
    J'ai quelques exemples en tête du côté de l'Alsace, ils sont partis la fleur au fusil pour jouer dans un centre prestigieux, font quelquefois banquette en LSL ou en coupe d'Europe, on le droit d'entrer en jeu lorsque l'équipe mène de huit buts a la 57ème… et a la fin du cursus rejoignent une équipe de Proligue voir de N1.
    Sauf a être vraiment au dessus du lot il vaut quelquefois mieux signer un premier contrat pro dans une équipe de proligue ou de fin de classement LSL et s'y aguérir et progresser que de vouloir a tout prix un strapontin dans un centre de formation huppé et au passage dénigrer la filière de détection locale dans des article de journeaux si certains voient de quoi je veux parler…
    Bref, Pauletta Foppa a la tête et 'les jambes et ça n'est pas donnė a tout le monde, moi je suis fan

    • Software8743 - le 12 février 2021 à 08h55

      Du coup ça m'intéresse de qui parles tu ?
      Ou un lien d'article si tu ne veux vraiment pas cité de nom…

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