Euro (M)
Les jeunes joueurs à suivre à l'Euro (25/24)

En ce jour de début d'Euro, et en complément des 24 présentations d'équipe, Handnews vous propose un tour d'horizons des joueurs à suivre qui, à moins de 21 ans, feront leurs grands débuts sur la scène internationale avec les A.
En parallèle des présentations des 24 équipes qualifiées pour le championnat d'Europe, nous vous proposons ici sur un regard plus ciblé vers les jeunes joueurs qui, pour la plupart, feront leurs premiers pas dans une compétition internationale avec les A.
Nous avons ici ciblé uniquement des joueurs nés à partir de la génération 2004-2005 (21 ans et moins), c'est à dire ceux ayant fini leur parcours dans les équipes internationales jeunes au plus tard l'été dernier, lors du Mondial U21 en Pologne. Et s'ils étaient nombreux à figurer dans les listes de 30 joueurs pré-sélectionnés pour l'Euro, les sélections finales réduisent quelque peu le nombre.
Toujours est-il que, pour les 6 groupes préliminaire du tournoi, nous vous proposons un tour d'horizons de certains patronymes déjà entendus, d'autres moins, mais qui auront l'occasion de se faire un nom sur la planète handball dans les prochaines semaines...
Groupe A (Autriche, Allemagne, Espagne, Serbie)
Dans le groupe A, si l'Allemagne ou la Serbie n'ont pas apporté de nouvelles jeunes têtes vis-à-vis de leurs précédentes sorties internationales, les deux autres formations présentent quelques noms qui devraient être en vue les années à venir.
L'Autriche, notamment, va donner à voir les débuts sur la scène international de son jeune gardien Leon Theodor Bergmann. À seulement 21 ans, le nouveau gardien des Kadetten Schaffhausen sera la seule doublure du gardien de Lemgo Constantin Möstl, après avoir déjà figuré parmi les prétendants à la sélection en janvier dernier. Aussi, celui qui aura fait face aux Français la semaine passée fera ses premiers pas avec les A après avoir porté les beaux succès de sa nation lors des compétitions jeunes. Débuté lors d'un Euro B U18 en 2022, le portier terminera meilleur gardien du tournoi avant de hisser les siens à tout autre standing. Après une 13ème place au Mondial U19 2023, Bergmann sera le principal artisan de la 6ème place à l'Euro U20 2024, où il terminera - à nouveau - meilleur portier du tournoi (à la fois dans l'équipe-type, meilleur au nombre d'arrêts au au pourcentage). À l'échelle de ces 4 tournois internationaux pour la génération 2004-2005, l'Autrichien figure incontestablement - avec le Portugais Diogo Rêma Marques - parmi les deux portiers à avoir dominé la catégorie.
Issu de la même génération, l'arrière droit de Potsdam Nicolas Paulnsteiner fera également ses débuts, au relais de Zivkovic et Bozovic. Plutôt régulier dans ses performances en sélections jeunes, il avait été désigné meilleur à son poste lors de l'Euro B U18 en 2022 mais n'avait pas été sélectionné lors du Mondial U21 l'été dernier.

L'Espagne, quant à elle, nous présente certaines de ses futures stars. Si la génération dorée des frères Cikusa est déjà pour partie intégrée à la sélection qui s'est fortement rajeunie ces dernières années, les premiers noms des 2004-2005 pointent le bout de leur nez. Et si la présence de l'ailier gauche de Melsungen Ian Barrufet n'a rien d'une surprise, après avoir déjà fait partie de l'aventure du Mondial 2025, l'occasion est toute nouvelle pour le gaucher Marcos Fis Ballester.
À seulement 18 ans, le fils de Julios Fis (passé par Kiel ou Ciudad Real notamment), le jeune arrière droit né en 2007 sera de l'aventure derrière Alex Dujshebaiev et Imanol Garciandia, au poste d'arrière droit. Né en 2007, le joueur arrivé à Granollers à l'été 2025 peut se targuer d'une belle expérience en sélections jeunes, et d'une médaille d'argent au dernier Mondial U19 où il finira MVP.
Groupe B (Danemark, Macédoine, Portugal, Roumanie)
Dans le groupe B, si le Danemark n'a finalement pas retenu dans son effectif le jeune demi-centre Hjalte Lykke, les trois autres nations comptent présenter de nouvelles têtes.
En premier challenger, le Portugal compte bien tirer parti de ses jeunes pousses, plus qu'efficaces ces dernières années dans les tournois jeunes. Et si Ricardo Brandão (2004), l'un des tous meilleurs pivots de sa génération, n'en sera pas à son premier tournoi, ses compères sur la base arrière Filipe Monteiro (2004) et João Bandeira Lourenço (2006) feront leurs grands débuts. Monteiro, demi-centre de Braga, aura fait partie de la génération qui a tenu tête à l'Espagne des frères Cikusa, les battant en poules à l'Euro U20 2024 puis leur laissant le sacre en finale. De son côté, João Lourenço est le serial-buteur de la génération suivante. Surclassé dès 2023, l'arrière gauche formé au Benfica a fini, cet été, 3ème meilleur buteur des siens au Mondial de la génération 2004-2005, avant de terminer meilleur à son poste pour le Mondial de sa catégorie. Bien que la concurrence soit rude sur les postes d'arrières droitiers (Rui Silva à la mène, Martim Costa, Salvador Salvador, Gabriel Cavalcanti à gauche), les deux nouveaux-venus ne manqueront pas de saisir les occasions qui leur seront données, potentiellement face aux Macédoniens ou Roumains lors du tour préliminaire.

Du côté de la Macédoine du Nord, justement, le jeune Marko Mitev (22 ans) mènera ses troupes, mais son petit frère Damjan Mitev ne sera finalement pas de l'aventure. Le joueur qui avait chipé la 9ème place aux Bleuets lors de l'Euro U20 2024 verra néanmoins sa génération représentée à l'Euro 2026 par ses deux pivots : Valentin Karasmanakis (2005) et Samoil Ristevski (2006, surclassé). Le premier, pensionnaire du RK Alkaloid s'est principalement illustré en sélections jeunes par son gabarit important et sa densité défensive. Le second, joueur d'Eurofarm Pelister et de la génération suivante, se distinguait par un profil particulièrement buteur (6 buts par match à l'Euro U18 2024). Reste à voir le temps de jeu que pourront obtenir ces jeunes pousses sur un poste particulièrement fourni, avec 5 joueurs. Enfin, au poste de gardien, Ivan Galevski (2004) fera également son premier tournoi derrière les habitués Tomovski et Mitrevski.
Pour finir, la Roumanie pourrait donner les clés du camion au demi-centre Daniel Stanciuc (2004), meneur des siens en sélections jeunes dans un rôle particulièrement buteur (7,5 buts/match cet été). Le joueur du Dinamo Bucarest fait partie des deux seuls retenus à son poste et pourrait bien avoir du temps de jeu pour espérer un exploit dans ce groupe B.
Groupe C (République tchèque, France, Norvège, Ukraine)
Dans le groupe C, les Bleus ne présenteront pas de nouvelles têtes de moins de 21 ans, contrairement à leurs opposants.
Leur premier concurrent, la Norvège, n'était pas spécialement attendue dans ce papier. Pourtant, ces derniers aborderont cet Euro à domicile avec un nouvel arrivant : l'arrière droit Patrick Helland Anderson. Seule rotation derrière le Kieler Harald Reinkind, le joueur récemment arrivé à Aalborg pourrait se révéler lors du tournoi. Éclipsé en club par le danois Mads Hoxer, le Norvégien de 21 ans avait fait une compétition plus que notable lors de l'Euro U20 2024, en Slovénie, avec plus de 9 buts par match. La sélection ayant été quasi-intégralement remaniée cet été, le gaucher n'a pas eu l'occasion de se montrer lors du Mondial U21, mais pourrait avoir une bien plus belle occasion de se rattraper durant ce mois de janvier.

Derrière, la République tchèque tentera de jouer les troubles-fêtes. Parmi leurs nouveaux visages, l'arrière gauche évoluant au pays Daniel Blaha (2005), meilleur défenseur à l'Euro B U18 2022, mais surtout principal buteur de sa génération 2004-2005. Son partenaire au club du Talent Plzen, le gaucher Dominik Skopar (2006), sera également de la partie. Évoluant principalement à l'aile, ce serial-buteur a terminé 3ème meilleur buteur de l'Euro U18 2024 (8,5 buts/match), avant un Mondial U19 réussi également cet été (5 buts/match).
Enfin, si l'Ukraine aura des arguments pour essayer d'exister dans ce groupe, l'un de ceux-ci pourrait être l'arrière droit du Chrobry Glogow (Pologne) Maksym Pavlovskyi. Formé à Coburg, en Allemagne, l'artilleur peut se targuer d'avoir fini 2ème buteur de l'Euro U18 2024. À 19 ans, il pourrait espérer du temps de jeu dans une concurrence entre gaucher moins fournie que sur l'autre bord de la base arrière.
Groupe D (Monténégro, Slovénie, Suisse, Îles Féroés)
Si la Slovénie regorge de jeunes talents bruts, ces derniers ne sont manifestement pas encore mûrs pour les A, qui partent à l'Euro avec un effectif renouvelé mais qui n'intègre pas encore les dernières cuvées de leurs sélections jeunes. Idem pour le Monténégro qui n'apporte pas de jeunes pousses.
La Suisse, par contre, commence l'intégration de sa très riche génération 2004-2005. Si les arrières de Kriens Luca Sigrist ou Valentin Wolfisberg restent à la maison, les Helvètes pourront compter sur le portier de Bern Mathieu Seravalli (2004) ou la nouvelle recrue des Rhein-Neckar Löwen Gino Steenaerts (2005), gaucher polyvalent pouvant évoluer sur les postes d'ailier comme d'arrière. Enfin, de la génération suivante, l'ailier gauche Niclas Mierzwa (2006) fait son entrée en sélection après avoir brillé chez les jeunes (6 buts/match à l'été U18 2024 ; 7,5 buts/match cet été avec les U19). Ce dernier aura néanmoins fort à faire pour trouver sa place derrière Samuel Zehdner et Noam Leopold. À l'inverse, Steenaerts pourrait avoir dans ce tournoi l'occasion de se révéler pleinement, sur un côté droit plus jeune.

Derrière, les Îles Féroé arrivent en miroir des Suisses. Pour la génération 2004-2005, les deux nations ne se sont pas quittées, s'opposant à plusieurs reprises lors de matchs décisifs. Malgré l'absence d'Elias Ellefsen a Skipagotu, les Féroïens pourront s'appuyer sur leur star Oli Mittun (2005), déjà bien installé dans l'équipe. On notera toutefois que les succès de la génération 2004-2005 des habitants de l'île - qui ira jusqu'à une médaille de bronze au Mondial U21 cet été - ne sont pas dus qu'au seul demi-centre. Avec lui, durant 4 ans, le pivot Isak Vedelsbol s'est toujours affiché comme un point d'appui plus que solide au coeur des défense, fort de ses 2 mètres et d'une adresse au tir qui n'est plus à démontrer. Le pivot, à Savehöf depuis 2 saisons, aura l'occasion de se montrer pour la première fois lors d'une grande compétition.
Groupe E (Croatie, Géogrie, Pays-Bas, Suède)
Du côté du groupe E, la Croatie ni les Pays-Bas ne nous auront présenté de jeunes joueurs à suivre.
Du côté de la Géorgie, s'il nous a fallu chercher un petit peu plus loin que pour d'autres nations, on notera la présence du très jeune arrière gauche du Butel Skopje Davit Grishikashvili (2007), plus que prolifique au tir lors de l'Euro B U18 en 2024.
Chez les favoris du groupe, la Suède, les nouveaux arrivants devraient être plus que des faire-valoir, chacun d'eux faisant partie des tous meilleurs de leur génération. L'arrière gauche Axel Månsson (2005) fera des débuts attendus en sélection. Serial-buteur, l'arrière de Kristianstad (dont il est de loin le meilleur buteur en ligue européenne) aura porté sa génération à une médaille d'argent U18 en 2022 avant de la maintenir aux portes des médailles en 2024 et 2025. En 2022 comme 2025, il est reconnu meilleur à son poste lors des compétitions internationales. Derrière, le demi-centre Nikola Roganovic (2006) n'a rien à lui envier. MVP de l'Euro U18 2024 et meilleur demi-centre l'été suivant, l'arrière gauche de Malmö cherchera à se montrer ses qualités au shoot et son intelligence de jeu en grapillant du temps de jeu derrière les buteurs Carlsbogard et Johansson.

Groupe F (Hongrie, Islande, Italie, Pologne)
Enfin, le groupe F n'est pas riche en nouveaux noms, bien que la Hongrie et l'Islande comptent une génération 2006-2007 particulièrement intéressante en sélections jeunes. Pour la Pologne non plus, aucune nouvelle tête de moins de 21 ans n'est à relever.
Aussi, on s'intéressera rapidement à l'Italie et son arrière gauche Christian Manojlovic (2005). Pierre angulaire de sa génération chez les jeunes, l'arrière gauche formé au pays à Sasari avait établi son compteur à près de 9 buts par match à l'Euro U20 2024. Depuis l'été 2024, il est allé prendre une expérience internationale du côté de Timisoara, en Roumanie. À l'Euro, il cherchera à trouver du temps de jeu sur un poste à la concurrence relativement ouverte.
Antoine Piollat