JO 2016 (F)

T.Vincent : “Trefilov ne parle que de tactique !”

C’est aujourd’hui que l’équipe de France disputera la première finale olympique de son histoire contre la Russie (20h30). Du coup, on a demandé à Thierry Vincent, entraîneur du Toulon Saint-Cyr Var Handball et marié à l’ancienne joueuse et russe Tatiana Tchernycheva de nous parler un peu de ce pays. Entre grillades et Trefilov.

Thierry Vincent

Thierry Vincent nous explique tout de la Russie !

Handnews : Beaucoup d’observateurs français sont un peu effrayés par Evgeny Trefilov. Rassurez-nous, tous les Russes ne sont pas comme ça?

Thierry Vincent : C’est amusant que vous me disiez ça car beaucoup de gens sont effrayés sans même comprendre ce que Trefilov peut dire sur les temps-morts, par exemple. Lorsque je regarde les matchs avec mon épouse, elle me traduit ce qu’il raconte sur ces temps-morts. Et il ne parle que de tactique ! Alors certes, ça peut faire un peu peur de l’extérieur mais c’est surtout parce que, lorsque les Russes parlent, ils le font en transmettant beaucoup d’émotions. Moi-même, avant, lorsque ma femme appelait sa mère, je pensais qu’elles s’engueulaient. Mais en fait non, pas du tout, c’est juste que les Russes s’expriment comme ça.

Parlez-nous un peu de la Russie. Quels sont les beaux côtés de ce pays?

T.V. : Les Russes sont des gens très accueillants. Tu peux te pointer chez quelqu’un, sans prevenir avec une tarte à la main et la partager avec les personnes chez qui tu vas. Leur porte est plus ouverte que chez nous en France. Ici, il faut fixer une date un mois à l’avance pour voir quelqu’un ! (rires) Les Russes sont vraiment des gens sympas. Et puis, ils aiment la France. L’histoire entre la France et la Russie est liée. A l’époque des Tsars, c’était très bien vu de parler français !

Bortsch

Un peu de bortsch monsieur Vincent?

On a lu que vous aimiez beaucoup le bortsch… Qu’est-ce que c’est exactement?

T.V. : Oh mais il n’y a pas que moi ! Mes enfants aussi. Attendez ma femme s’apprête à partir, je vais faire attention à ce que je dis. Alors, le bortsch, c’est une soupe à base de betteraves, et de choux. Essentiellement. Ça se sert froid ou chaud. Mais c’est vraiment excellent !

Vous avez l’air d’aimer la cuisine russe en tout cas…

T.V. : Car c’est une cuisine complète ! Il y a les pelmeni aussi. Des sortes de raviolis où on met ce qu’on veut dedans, de la viande, des légumes… Ils ont des grillades également, des chachlyk. D’ailleurs, lorsque j’étais allé au Brésil avec la Côte d’Ivoire au mondial 2011, j’avais découvert que les Brésiliens mangeaient des brochettes similaires. C’est un espèce de gros barbecue, au final. Mais, en Russie, la façon de manger est différente de celle qu’on a en France. Là-bas, tous les plats sont sur la table. Et l’alimentation n’est pas la même aussi. Par exemple, il faut des aliments qui tiennent toute l’année, vu les températures l’hiver.

Vivre en Russie, c’est quelque chose qui vous dirait un jour ?

T.V. : Non, ça n’est pas à l’ordre du jour. On est bien ici et avec des enfants, c’est toujours plus difficile. Et puis, ma femme parle couramment français et se sent bien en France. Moi, je parle un peu russe et je le comprends pas trop mal. Je suis capable de dire les choses de la vie courante pour manger, dormir…

Parlons un peu handball. Que pensez-vous de la performance des Russes sur cette compétition?

RussieT.V. : Avant ces JO, j’avais dit à vos confrères d’Hand Action que le podium serait composé de la Norvège, de la Russie et du Brésil. Bon, du coup, la France a remplacé le Brésil et c’est tant mieux. Je savais que la Russie allait poser de gros problèmes à tout le monde. Depuis qu’ils ont rappelé le chef du village, Trefilov, leur jeu a évolué dans le bon sens. Il n’est plus question du jeu un peu rustre qu’elles pratiquaient il y a quelques années. Aujourd’hui, quelqu’un qui ne connaît rien au handball n’est plus capable de faire la différence entre la Russie et une équipe comme la Norvège, comme lors du match de jeudi soir. Cette demie… quel match ! Quelle folie !

On a l’impression que le danger est partout et tout le temps avec cette équipe russe…

T.V. : C’est vrai, la Russie n’a pas de joueuses stars. En Suède, on peut parler d’Isabelle Gullden, au Brésil, on peut dire qu’Ana Paula Rodrigues est un peu au dessus. Mais la Russie est composée d’une multitude de joueuses très talentueuses. Après, s’il fallait sortir des joueuses, peut-être que Polina Kuznetsova et Ekaterina Ilina, aux ailes, avec Anna Vyakhireva sont un peu au dessus.

Quelles ont été les évolutions du handball russe depuis ces dernières années?

T.V. : Avant, le jeu russe était basé sur de grands gabarits sur les postes arrières et une recherche constante du pivot. Désormais, les choses ont changé. D’ailleurs, les pivots sont moins en vue sur ces JO. Le jeu russe a gagné en continuité, les joueuses sont plus mobiles. C’est terminé le temps où de grands golgoths shootaient en appui depuis les neuf mètres !

Aujourd’hui, c’est la finale. Ça va être la guerre à la maison?

T.V. : Non, pas du tout (rires) ! Évidemment, j’espère que la France va gagner et Tatiana va supporter la Russie. Mais de toute façon, j’avais une théorie que je lui avais dit avant la demi-finale. Si la Norvège éliminait la Russie, elle allait gagner contre la France. Et si la Russie gagnait contre la Norvège, la France aurait l’or. Du coup, la France va gagner la finale !

Propos recueillis par Clément Domas

Pour découvrir notre portrait de Trefilov, cliquez ici. Pour lire la présentation de la finale, cliquez par là.

HandNews & CasalHand

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