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Focus sur Irún

Bidasoa Irún

De retour parmi le gratin européen après de longues années, le mythique club de la petite ville d’Irún surprend par un début de saison impeccable dans le groupe C, avec trois victoires en autant de matchs. Avant d’affronter le Sporting pour un choc intéressant de cette quatrième journée, nous vous détaillons ici les clés de la réussite actuelle du club basque.

Ces dernières années, il était coutume de ne voir qu’un seul représentant Asobal briller dans la compétition reine en Europe, le FC Barcelone. Logroño, ou encore León, n’ont certes pas été ridicules mais ont éprouvé des difficultés dans les groupes de poule basse. Des Léonais sur le déclin ont même terminé l’an passé à une décevante quatrième place dans le groupe D. Cette année il semble que la donne ait changé avec l’irruption d’une surprenante équipe d’Irún au jeu flamboyant, et ce malgré des moyens dans la lignée de ses prédécesseurs. Analysons en détails les facteurs de la réussite actuelle des Basques.

Une histoire riche en Europe

Pour bien situer Bidasoa Irún sur l’échelle du hand européen, il faut d’abord jeter un coup d’oeil à son histoire. Les plus avisés d’entre nous savent déjà que les Irunais ont été champions d’Europe, c’était lors de la saison 1994-95. Ils se sont également retrouvés finalistes l’édition suivante, s’inclinant face à la Dream Team du Barça. Les Basques, qui ont connu une période faste dans les années 90, ont aussi à leur actif une Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe en 1997 (ancienne EHF Cup) ainsi que 2 ligues Asobal obtenues en 1987 et 1995. On ne parle donc pas d’un premier venu en évoquant le nom de Bidasoa, institution du hand espagnol s’il en est.

Après une longue période de vaches maigres, Bidasoa effectue son retour au premier plan de l’autre côté des Pyrénées, en ayant terminé en deuxième position du dernier championnat. Ce qui les qualifie donc pour la Ligue des Champions, une compétition qui retrouve ainsi un des ses ex-vainqueurs. Cette équipe reste encore assez méconnue du grand public, c’est d’ailleurs peut-être dû à ce retour en grâce fulgurant et inespéré de la part d’un groupe habitué à jouer le bas de classement et qui n’attirait pas vraiment le regard des fans. On serait donc en droit de penser que, à l’instar de Logroño ou León les saisons antérieures et au vu du niveau de la ligue Asobal, Irún ne serait qu’un faire-valoir en Europe. Après trois matchs dans le groupe C, force est de constater que Bidasoa se place déjà comme un candidat aux playfoffs de qualification pour les huitièmes, et a le mérite de redorer le blason de l’Asobal sur le Vieux-Continent.

La méthode Jacobo Cuétara

Les clés du succès d’Irún sont nombreuses et variées. L’une d’entre elles réside naturellement en l’entraîneur Jacobo Cuétara. Une grande partie du mérite revient au natif des Asturies pour le travail accompli et le renouveau soudain du club. La renommée des coachs espagnols n’est plus à démontrer, et Cuétara est le petit nouveau qui monte en puissance et dont le nom est à retenir. Dejà nominé du temps oú il entraînait le modeste club de Villa de Aranda, le voilà désormais élu Meilleur Entraîneur Asobal de la saison écoulée, où il rejoint dans la liste des noms prestigieux comme ceux de Cadenas, Pastor, Rivera et Dujshebaev.

Âgé de seulement 39 ans, Cuétara a su forger une véritable identité au sein du club guipuzcoano et inculqué un style de jeu bien défini, basé sur une défense de fer (seulement 19 buts encaissés contre Cocks, 23 face à Presov). Ce qui n’empêche toutefois pas l’équipe basque de proposer un jeu d’attaque très esthétique, avec des meneurs dynamiques qui savent écarter le jeu, des ailiers qui participent beaucoup, en plus des nombreuses contre-attaques que les Basques maîtrisent à la perfection. L’un des secrets de Cuétara, comme il l’a confié par le passé, est de savoir transmettre à ces joueurs ce souci de régularité dans leurs performances, notion primordiale dans tout sport collectif et jamais simple à mettre en pratique. Les résultats et stats parlent d’eux-mêmes, rares sont les défaillances de Bidasoa, tant sur le plan collectif qu’individuel.

Forces en présence

Thomas Tésorière

Par le biais d’Irún, les fans francophones redécouvrent avec plaisir des visages connus, tels que les deux arrières gauches Léo Renaud-David (ex-Istres, Caen) et Rudy Seri (ex-Sélestat), le spécialiste défensif Thomas Tésorière (ex-Nîmes) ou Paco Barthe. Qui sait si l’un d’entre eux saura profiter des lumières des projecteurs européens pour se retrouver convoqué prochainement par Didier Dinart…

La ligne arrière, redoutable en termes de complémentarité et de régularité, se compose de la sorte : Renaud-David et Seri se partagent le poste à gauche, avec Barthe en backup pour une solution plus défensive. L’excellent meneur local Jon Azkue alterne au poste de demi-entre avec le non moins effiace Sergio de la Salud (ancien de Chartes et Créteil) dont l’expérience est bénéfique pour encadrer une équipe assez jeune. Á droite on retrouve une vieille connaissance de Nantes et Chartes, le Chilien Rodrigo Salinas, véritable bombardier de l’équipe basque. Si l’an passé le poste souffrait d’une alternative, le vide a été comblé cet été avec l’arrivée de l’international serbe Milos Orbovic, encore peu utilisé jusque là.

Rodrigo Salinas

Au poste de pivot on retrouve le frère de Rodrigo, à savoir Esteban Salinas, l’un des cadres de l’équipe, robuste en défense et très efficace devant. Derrière lui, Iker Serrano (passé par Mulhouse et Tremblay), ainsi que deux spécialistes défensifs : Tésorière et la nouvelle recrue brésilienne Matheus da Silva. Sur les ailes, Irún possède un véritable joyau en la personne de Kauldi Odriozola, qui a tout pour devenir l’un des meilleurs ailiers droits au monde. Malgré sa jeunesse, Kauldi est la référence offensive de l’équipe et peut dépanner aussi comme arrière-droit où il est également très à l’aise. Les autres ailiers ne sont pas en reste en terme d’efficacité, notamment en contre-attaques : Adrian Crowley et Mikel Zabala à gauche, et Iñaki Cavero comme backup à droite.

Les cages sont gardées par deux jeunes gardiens très prometteurs. En particulier le titulaire du poste, Xoan Ledo (23 ans), destiné à concurrencer Pérez de Vargas en sélection dans les prochaines années. Le second portier est le Brésilien Rangel Luan, auteur également d’une grande saison l’an passé. Leur seul véritable défaut en Ligue des Champions sera peut-être le manque d’expérience au plus haut niveau…mais la fougue sera bel et bien présente, à l’image de toute l’équipe en général.

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1 CommentairePoster un commentaire

  1. cochonne - le 11 octobre 2019 à 17h53

    Rudi Séri s'encroutait à Sélestat et avait clairement besoin de changer d'air.
    Intrinsèquement il a le niveau pour prétendre un jour à jouer en EDF et à Irun toutes les conditions semblent réunies pour que ça se fasse un jour.

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