Euro (M)

Chema Rodriguez, grand-écart réussi

Crédit photo : Bertrand Delhomme / HandNews

Alors que le championnat d’Europe 2022 est à l’horizon, la fédération hongroise a choisi de faire confiance à un attelage inédit. Si Istvan Gulyas est debout devant le banc, l’icône nationale Laszlo Nagy et l’Espagnol Chema Rodriguez tiennent une place prépondérante.

Joueur depuis trois saisons, à Saran, en Proligue cette saison, Chema Rodriguez a accepté de faire le grand écart l’été dernier, en s’asseyant sur le banc de touche de l’équipe nationale de Hongrie. Quand son ami Laszlo Nagy, avec qui il a partagé de nombreuses années en tant que joueur à Veszprem, l’a appelé, le demi-centre qui vient de fêter ses 40 ans n’a pas hésité longtemps. “Il m’a parlé du projet que la fédération voulait mettre en place, avec de jeunes joueurs à faire progresser. Vu l’estime que j’ai pour lui, je ne pouvais pas dire non” explique Chema. Mais cette union n’est pas qu’une histoire d’amitié, et si le nouveau retraité du handball hongrois a décroché son téléphone, c’est avant tout parce qu’il a pensé que son ancien coéquipier était la personne idoine pour monter le projet. “Je voulais quelqu’un en qui j’ai confiance, qui partage la même vision que moi du handball. Même si Chema n’avait jamais entrainé, cela me semblait normal de me tourner vers lui” insiste l’ancien arrière droit, qui prend désormais place au bout du banc hongrois lors des rencontres en tant que manager. Pour enlever de la pression à ce duo néophyte, et après avoir connu de nombreux déboires avec des sélectionneurs étrangers par le passé (Dujshebaev, Vranjes notamment), la fédération complète le staff avec Istvan Gulyas, un ancien joueur de Veszprem au riche passé d’entraineur. Pour l’instant, sur le banc, l’alchimie fonctionne à merveille, les trois hommes se répartissant les tâches. Si Rodriguez assure les temps-morts, en anglais, c’est le trio au complet qui fixe les lignes directrices.

Le staff et les joueurs ne font qu’un

Crédit : Bertrand Delhomme / Handnews

Et sur le terrain, les résultats sont déjà là. A la surprise générale, et malgré les blessures des stars Richard Bodo, Gabor Ancsin et Mate Lekai, la Hongrie a atteint le tour principal du championnat d’Europe, éliminant le Danemark au passage. “C’est complètement fou. Personne ne nous attendait là, mais à force de travail, ces joueurs que personne ne connaissaient se sont fait un nom” sourit Rodriguez, pas mécontent de son coup. Surtout que ses hommes, qui lui étaient inconnus il y a six mois, ont immédiatement adhéré à son discours. Son speech après la victoire improbable face à l’Islande (un seul but encaissé lors des 17 dernières minutes) restera comme un des moments forts de la compétition (voir ci-dessous). “Les entraineurs et nous ne faisons qu’un. On échange, on parle et on apprend énormément de leur expérience. Laszlo était joueur il y a peu de temps, Chema l’est encore, et cela se ressent. Ils savent ce que c’est d’être sur le terrain” explique l’ailier droit Peter Hornyak. Le jeu pratiqué, évidemment, est à la sauce espagnole, avec un pivot, Bence Banhidi, ultra dominant, et une plasticité tactique à toute épreuve. Face à l’Islande lors du match décisif pour la qualification, les Hongrois ont complètement fait déjouer leurs adversaires. Et s’il sourit quand on lui dit qu’il était derrière tout ça, on sait que Chema Rodriguez n’y est pas pour rien.

Lui aussi a été formé à l’école de Valladolid

Crédit photo : Bertrand Delhomme / HandNews

Ces coups tactiques, Chema Rodriguez pourra peut-être les réutiliser à Saran, où il est depuis le début de saison l’adjoint de Fabien Courtial, tout en continuant à jouer. “Il est le meilleur adjoint que je puisse avoir. Chez nous, il est avant tout joueur, mais il intervient sur certains détails en rajoutant des petites choses. Il a une véritable expertise tactique et m’a permis de devenir un meilleur entraineur” loue le coach saranais qui aimerait bien que son adjoint-joueur reste dans le Loiret encore un peu. “On verra bien, je n’ai pas de plan pour le futur. Mais avoir cette position m’a permis de voir l’envers du décor. Quand tu es joueur, tu ne réalises pas tout ce que l’entraineur doit gérer comme trucs affreux” rigole Chema. L’Espagnol a encore un peu de temps pour réfléchir à son futur. Mais au vu de sa réussite avec la sélection hongroise, nul doute que son téléphone a du déjà commencer à sonner. Surtout que certains le voient, déjà, comme le dernier de cette lignée de génies tactiques espagnols formatés par Juan Carlos Pastor à Valladolid. Au point de, peut-être, prendre en main un effectif, comme ses anciens coéquipiers Alberto Entrerrios, Roberto Garcia Parrondo et David Davis récemment. Car des gens capables de réussir le grand écart entre joueur de Proligue et entraineur à l’Euro, il n’y en a pas des masses.

A Malmö, Kevin Domas

1 CommentairePoster un commentaire

  1. Titiisnotdead - le 19 janvier 2020 à 10h02

    Nagy cherche des hommes de confiance pour compléter l’attelage… à quand le recrutement de son grand ami Vardarian ? ;))))

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