Starligue

Cesson veut réussir sa mue

Alors que la future grande salle est en construction et entrera en fonction en cours de saison, Cesson est en reconstruction sportivement, avec un nouveau projet sportif, un nouvel entraîneur et un effectif remanié. Avec pour objectif à court terme de ne plus revivre des saisons compliquées comme la précédente.

On n’est peut-être pas venu le bon jour. C’est ce qu’on s’est dit mercredi dernier, quand on a vu Cesson-Rennes prendre l’eau à domicile en amical contre Chartres, club qui fait certes office de poids lourd en Proligue. Devant leur public venu nombreux (autour des 2/3 du Palais des sports rempli pour un match amical le 15 août, tout de même) découvrir les nouveaux joueurs et le nouvel entraîneur, les Cessonnais sont passés à côté, largués au score dès le début de la rencontre, accusant un retard maximal de quinze buts en deuxième période pour finalement s’incliner 18-31. « On a fait un non-match », reconnaît Allan Villeminot, qui rappelle au passage le gros travail physique qui lui et ses coéquipiers ont effectué depuis la reprise. Mais ce match a rappelé à beaucoup ces rencontres si ternes de la saison passée, pendant laquelle le CRMHB n’a gagné qu’une fois à domicile et a eu toutes les peines du monde à se maintenir. Bref, un exercice que tous essaient d’oublier.

Christian Gaudin a pris ses marques

Pourtant, la préparation avait bien débuté. Christian Gaudin, fraîchement arrivé au poste d’entraîneur début juin avec un contrat de trois ans (ce qui rompt le particularisme cessonnais, qui avait fait signer des CDI à ses entraîneurs précédents), est d’ailleurs satisfait de ses premiers pas au club. « J’ai senti des gens très accueillants, un club bien organisé qui a envie d’aller de l’avant », explique-t-il. Partis rapidement en stage du côté de Limoges, les joueurs ont pu apprendre à se connaître et à connaître leur nouveau coach. « Je sens des joueurs très impliqués, très appliqués, concentrés dans le travail au quotidien », poursuit ce dernier. Ce début de préparation positif s’est bien poursuivi avec une prestation encourageante à Dunkerque où les Cessonnais se sont imposés (24-25). « Vu comme on a joué à Dunkerque, qui est une belle équipe, je pense que ce match contre Chartres était l’exception », positive ainsi Dominik Kalafut, la recrue allemande au poste de pivot, qui a découvert à cette occasion le Palais des sports où il a été difficilement trouvé par ses partenaires (1 but). « J’ai passé trois semaines et demi plutôt agréables au niveau du travail, reprend Christian Gaudin, aussi car ça s’est ponctué par une victoire à Dunkerque, avec quand même des inquiétudes après ce match. Elles se sont confirmées ce soir [mercredi dernier]. Je me disais qu’on avait déjà assimilé bien les choses, ça me paraissait un peu rapide… J’ai la confirmation qu’on a encore du travail ! » Le travail avance tout de même. Samedi, Cesson a retrouvé le chemin de la victoire face à Caen (Proligue, 27-22).

Le nouveau coach fait partie d’un trio avec David Christmann, le directeur sportif arrivé en cours de saison dernière, et Mehdi Boubakar, son nouvel adjoint. Un nouveau trio à la charge du sportif qui est entré en fonction sur le tard, après que le bureau du club ait scellé le sort du duo Yérime SyllaRagnar Oskarsson quelques heures après la fin du championnat. « On a pris le cheval en course, déclare encore le coach. Il a fallu reconstruire une équipe, on n’a pas eu énormément de temps et je pense qu’on a optimisé le temps qu’on avait pour faire au mieux. » Pour rajouter à cette impression d’urgence dans la mise en place de la saison, le recrutement a été initié tardivement (à part pour le gardien roumain Alexandru Bucataru), et le club a dû trouver des arrangements pour se défaire de contrats de joueurs sur lesquels il ne comptait plus, à savoir ceux de Lars Jakobsen, Simon Ooms et Arber Qerimi. Pas un hasard si les deux dernières recrues, Michal Szyba et Dominik Kalafut, ont été annoncées en même temps que la résiliation des contrats des deux des trois joueurs susmentionnés.

Un recrutement international

Le recrutement a été international avec quatre étrangers sur cinq recrues, et varié dans les nationalités, contrairement aux années précédentes à la coloration islandaise en 2016 (Gudmundur Helgason, Geir Gudmundsson) et belge en 2017 (Simon Ooms, Arber Qerimi, Thomas Bolaers). Alexandru Bucataru, successeur de Kevin Bonnefoi dans les buts, et Luka Mitrovic, nouveau venu à la mène, ont été engagés sous Sylla. Les trois derniers arrivés apportent des espoirs sur des postes assez faibles la saison dernière. En Jean-Jacques Acquevillo (photo), l’arrière gauche artilleur venu de Saran, le public cessonnais espère enfin trouver le successeur de Jérémy Suty, parti l’été dernier. Michal Szyba, international polonais jusqu’ici à Schaffhausen, arrive sur le poste d’arrière droit à la place de Florian Delecroix retourné à Nantes et que le club aurait beaucoup aimé garder, et Dominik Kalafut, pivot slovaquo-allemand, devra combler le trou laissé par le départ de Romaric Guillo à Nantes l’hiver dernier, et pas encore vraiment remplacé ; Mathieu Lanfranchi n’était sorti de sa retraite que pour dépanner, et la marche entre le championnat belge amateur et la Starligue était trop haute pour Simon Ooms, parti à Sélestat.

« On intègre bien les nouveaux. Un nouveau coach, cinq nouveaux joueurs dont des étrangers, ce n’est pas hyper facile mais ils sont vraiment sympas, et tous ensemble on s’entend vraiment bien », affirme Villeminot, qui a prolongé son contrat en juin dernier pour deux saisons supplémentaires. La barrière de la langue est pour l’instant contournée par les joueurs qui parlent anglais (dont fait partie Villeminot), « mais ils vont apprendre le français de toute façon, ils n’ont pas le choix ! », sourit-il.

Parmi ceux qui vont devoir se mettre à la langue de Molière, il y a Dominik Kalafut. Le dernier arrivé à Cesson explique en avoir au moins besoin pour comprendre ce qu’on lui dit à la caisse des supermarchés de son nouvel environnement. « J’ai appris le français pendant trois ans à l’école, mais ça a été un échec total », rigole l’intéressé, pour qui le fait que Christian Gaudin parle allemand a été « un bon point » dans sa décision de s’engager à Cesson. Le pivot sort d’une saison où il n’a quasiment pas joué à Hanovre, son club formateur, bloqué par Evgeni Pevnov et Ilija Brozovic et sans la confiance de Carlos Ortega, le nouveau coach du TSV. « Je suis encore relativement jeune, je dois beaucoup jouer, et j’ai trouvé un club où je pourrai le faire », affirme l’international slovaque, heureux d’avoir rejoint le championnat français qui n’a plus grand-chose à envier à la Bundesliga, selon lui. « J’ai trouvé en Cesson un super club, très familial. Je me sens super bien ici, dans une ville petite mais sympa », ajoute-t-il, heureux que le club l’ait si bien accueilli en lui trouvant un appartement, notamment.

Entre année de transition et année charnière

Projet du Glaz, la futur salle de Cesson

Kalafut, Szyba, Mitrovic et Bucataru étaient sur le terrain contre Chartres alors qu’Acquevillo, blessé dans un choc à Dunkerque, a regardé la partie depuis le banc aux côtés de Benoît Doré, également blessé, et de Geir Gudmundsson, bientôt apte après son opération de la cheville en fin de saison dernière. Les quatre nouveaux n’ont pas crevé l’écran dans une partie où tous ont souffert, mais ont néanmoins parfois montré des choses intéressantes. Bucataru a ainsi stoppé l’hémorragie en fin de première période, et Szyba a été plus intéressant en deuxième. Plus généralement, l’équipe de Cesson, avec la fin du projet monté par Yérime Sylla et la mise en place d’un nouveau autour du trio Gaudin-Boubakar-Christmann, paraît encore en travaux. L’équipe est en pleine reconstruction, alors que de l’autre côté de la route qui mène au Palais des sports, d’autres travaux sont décisifs pour l’avenir du club : ceux de la nouvelle salle, Le Glaz, qui ouvrira en février 2019. « Le début de saison se fait au Palais des sports, rappelle néanmoins Gaudin. On aura tout le temps pendant la trêve de parler de la salle qui arrive, en attendant on a une demi-saison à effectuer dans ce beau Palais des sports, et surtout lui offrir toutes les victoires qu’il mérite. »

Cette future salle occupe les esprits, est même centrale pour la construction du club à moyen terme, mais ne doit pas occulter la saison à venir pour le coach, qui vise avant tout le maintien et le retour du plaisir pour les joueurs, qui ont fini difficilement le dernier exercice. Quand on lui demande si c’est un maintien confortable qui est visé, Gaudin répond que « c’est ce qu’on va rechercher, mais rien n’est facile. A priori, il y a eu des traumatismes, je ne suis pas là pour juger, mais j’espère que ça va se dissiper pour qu’on reparte du bon pied. » Il faudra pour cela que certains retrouvent la confiance, comme Thomas Bolaers, assez décevant la saison passée, ou les blessés de longue durée Hugo Kamtchop-Baril et Geir Gudmundsson.

Allan Villeminot, plutôt en vue quand il a eu du temps de jeu en deuxième partie de saison dernière et conforté par sa prolongation de contrat, ne se mouille pas quand on lui demande si le groupe avait besoin d’un nouveau souffle après les deux saisons compliquées et le départ de Sylla, et attend de voir le déroulé de la saison pour juger. « Avoir de nouvelles choses, parfois, ça fait du bien, avance-t-il quand même. On apprend de nouvelles choses, on travaille de nouvelles choses, et c’est satisfaisant. » Kalafut a eu d’autres problèmes à gérer l’année dernière, mais n’a pas été effrayé par le challenge breton. « On a une super équipe, bien que ça ne se soit pas passé très bien les deux dernières saisons, mais je suis très optimiste et je pense qu’on va y arriver », dit-il. Lui qui souhaite pouvoir progresser sportivement mais aussi évoluer personnellement, a eu des échos des difficultés de l’an dernier. « Le club en général a changé, également en interne, et j’espère que nous ne revivrons pas une saison aussi stressante », ajoute-t-il. Villeminot est même plus ambitieux : « Les objectifs sont forcément plus élevés, il faut toujours se mettre des objectifs, et en plus avec la nouvelle salle qui arrive… » L’infrastructure suscite l’ambition. A Cesson, on espère surtout qu’elle consolidera la place du club dans l’élite, après avoir tellement craint de la quitter.

Mickaël Georgeault

HandNews & CasalHand

12 CommentairesPoster un commentaire

  1. Jack3544 - le 21 août 2018 à 12h14

    Le miracle permanent va-t-il encore avoir lieu? Je pense que le maintien est le seul objectif pour Cesson. Istres semble mieux armee et sur la lancée de l'an dernier. Cesson sera en concurrence avec les clubs parisiens (Pontault, Ivry, Tremblay).

    • Vardarian - le 21 août 2018 à 12h47

      N'oubliez pas le Vardar.

      Sans Šterbik, Cindrić, Cañellas, Maqueda, Abutović et Marsenić le maintien sera difficile

  2. The Fan - le 21 août 2018 à 12h35

    Et encore, Ivry et Tremblay se sont bien renforcés (surtout Tremblay). Pour moi ils sont mieux armés que Istres.

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