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Quel développement pour le championnat portugais ?

Kevynn Nyokas (Benfica Lisbonne)

Avec sa sélection qui fera son retour à l’Euro l’hiver prochain et son championnat qui a signé quelques noms clinquants, le Portugal gagne en sérieux sur la scène du handball masculin. Une expansion qui pourrait durer, mais qui a aussi ses failles.

C’était l’une des curiosités de l’Eurotournoi : le Benfica Lisbonne participait pour la première fois au grand rendez-vous de la présaison à Strasbourg. On n’avait pas vu une équipe portugaise au tournoi depuis 2000, avec la présence de la sélection lors de l’année olympique. Le club de Braga était également venu, en 1997. Dans un tournoi connu pour la qualité de son plateau, la retour cette année d’une équipe portugaise n’est pas fortuit. Il s’inscrit dans la progression du pays dans le concert européen du handball masculin.

Un championnat à deux vitesses

Rene Toft Hansen (Benfica Lisbonne)

Cette progression a été rendue visible par les mouvements dans les grands clubs du pays cet été. Le Benfica, déjà visible l’été dernier avec les arrivées de Borko Ristovski et de Kevynn Nyokas, a continué cette année avec le recrutement de notamment Petar Djordjic, Carlos Molina et surtout Rene Toft Hansen. Le Sporting Lisbonne, quant à lui, avait recruté Arnaud Bingo en cours de saison dernière, et a récupéré Thierry Anti comme entraîneur. Après dix saisons à Nantes, l’entraîneur français de 60 ans effectue sa première expérience à l’étranger. Le FC Porto avait déjà lancé une tendance en embauchant un autre coach étranger expérimenté, le Suédois Magnus Andersson, en 2018. L’ancien entraîneur de Copenhague et de Göppingen a amené son équipe au titre de champion du Portugal et au Final 4 de la Coupe EHF la saison dernière, avec une armature composée essentiellement d’internationaux portugais, ceux-là même qui avaient fait tomber l’équipe de France lors des qualifications de l’Euro en avril dernier.

Rui Silva (Porto)

À regarder ces trois équipes, ainsi que la progression de l’équipe nationale, qualifiée pour la première fois depuis 2006 pour la phase finale d’une compétition internationale, le championnat portugais gagne en attractivité. Mais le championnat de handball reproduit les mêmes caractéristiques que celui de football : derrière Os Três Grandes (les trois grands), nom donné au Portugal à la domination sans partage du trio Porto-Benfica-Sporting, la concurrence est faible. D’ailleurs, les internationaux portugais, s’ils jouent majoritairement au pays, évoluent également quasiment tous dans ces trois clubs. « Il faut savoir que l’adversité qu’on a pu avoir ici à l’Eurotournoi est rare dans le championnat, abonde Kevynn Nyokas. Porto et le Sporting sont des équipes de calibres européens, et tout le reste est assez homogène, mais pas à ce niveau. » L’ABC/UMinho de Braga, club dominateur dans les années 1990 et encore champion en 2016, est rentré dans le rang et ne s’est pas qualifié pour la poule haute de fin de championnat la saison dernière. Le titre s’est disputé entre les trois grands, et les autres peinent à suivre.

Une lutte à trois pour le titre

Kevynn Nyokas (Benfica Lisbonne)

Malgré l’adversité réduite et l’intérêt du championnat qui réside donc essentiellement dans le suivi des trois locomotives nationales, les stars qui s’y engagent n’y viennent pas en vacances. Kevynn Nyokas, qui s’était retiré des terrains avant de finalement s’engager au Benfica, y a « retrouvé le goût des entraînements, des matchs, de la compétition. C’est une préparation un peu difficile car ça faisait longtemps que je n’en avais pas fait, mais j’encaisse, » poursuit-il, affirmant être arrivé à l’issue de la préparation « dans une bonne forme. » Ses ambitions avec le Benfica sont totalement affichées. « Nos objectifs sont assez clairs : on veut être champions, déclare-t-il. On veut également remporter la Coupe et aller le plus loin possible en Coupe EHF. » On retrouve le même son de cloche chez le voisin lisboète du Sporting, où la dernière recrue, l’expérimenté Marko Vujin, parle également de titre et de bon parcours européen. Mais il leur faudra dépasser le FC Porto, qui découvrira les poules hautes de la Ligue des champions cette année, et qui garde des ambitions nationales intactes. « On a déjà réussi à les faire tomber la saison dernière, donc ce n’est pas une inquiétude, affirme néanmoins Nyokas, très motivé pour le titre. Si on a la discipline et le sérieux, on va réussir à faire quelque chose. »

Et pour réussir ce quelque chose, il faudra faire preuve de régularité. Sur les deux premières journées, Porto, Benfica et Sporting ont réalisé un sans-faute avec deux victoires, et sont les trois co-leaders du championnat. Pour l’instant, tout se passe donc bien sur le terrain pour les trois français expatriés, Kevynn Nyokas, Arnaud Bingo et Thierry Anti. Mais ce samedi, le choc entre le Benfica, où joue le premier cité, et le Sporting, où joue le deuxième sous les ordres du troisième, cassera quoiqu’il arrive le statu quo. Et le fait qu’on s’intéresse au derby lisboète de près depuis la France est déjà une preuve que le handball portugais a progressé.

Mickaël Georgeault

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7 CommentairesPoster un commentaire

  1. Jack3544 - le 7 septembre 2019 à 17h29

    Trois clubs qui dominent le championnat, c'est déjà plus intéressant qu'en Pologne, en Croatie, En Espagne et j'en oublie…

    • rkj4 - le 7 septembre 2019 à 18h24

      J'aurais pas dit mieux.
      J'ajoute quand même que ce qui fait la différence entre les championnats allemand et français et tous les autres c'est que, si des clubs dominent, aucun ne survole les débats au point de jouer les mains dans les poches chaque semaine.
      Alors si 3 clubs se tirent la bourre au Portugal, c'est déjà pas mal.

      • Griseman - le 7 septembre 2019 à 21h15

        Alors même si Paris ne se balade bien évidemment pas comme Barcelone, loin de là même, ça fait toutefois 5 années consécutives qu’ils sont champions et encore favoris pour un 6e titre consécutif cette saison ce que même Montpellier n’a pas réussi à faire durant la période où on les considérait peut-être même encore plus intouchables que Paris aujourd’hui..

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