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Flensburg champion, quatorze ans après

Le SG Flensburg-Handewitt s’est imposé dans la difficulté face à Göppingen (22-21) et décroche son deuxième titre de champion d’Allemagne, quatorze ans après le premier. Lübbecke et Hüttenberg sont relégués.

L’éternel deuxième enfin sur la plus haute marche du podium. Après son titre de champion d’Allemagne en 2004, le SG Flensburg-Handewitt a terminé onze fois sur le podium en treize saisons, mais n’avait plus connu les joies du Meisterschale. Il y parvient l’année où on ne l’attendait pas, suite au départ de Ljubomir Vranjes (le chat noir?) et à la prise de pouvoir de Maik Machulla comme entraîneur. L’année aussi avant de grands changements dans l’effectif, avec les départs des historiques Mattias Andersson, Thomas Mogensen et Jacob Heinl (sans oublier ceux de Kevin Møller, Henrik Toft Hansen et Kentin Mahé), des joueurs qui ont mérité de remporter un titre de champion avec une équipe à laquelle ils tant apporté. L’année ou jamais, pour eux. La bonne année, pour Flensburg.

Un titre acquis au bout du suspense

Cela faisait deux semaines que Flensburg avait son destin entre les mains, après avoir passé la saison à courir derrière Rhein-Neckar Löwen. Les Lions ont flanché dans le sprint final, en dilapidant leur avance de quatre points sur trois matchs. Flensburg avait réussi la première étape à Lübbecke la semaine dernière (24-27). Restait donc à battre Göppingen pour la dernière à domicile. Un nul ne suffirait pas, puisque Rhein-Neckar a une meilleure différence de buts. Göppingen arrive dans le Nord avec un effectif décimé par les blessures : Rolf Brack n’a que sept joueurs de champ valides. La victime parfaite ? Non, car Tim Kneule et ses rares partenaires donnent toutes leurs forces avant de partir en vacances. Flensburg, peut-être tendu par l’enjeu, n’arrive pas à distancer son adversaire. Göppingen est même plusieurs fois devant au score, porté par un excellent Primoz Prost dans les buts. A la pause, le score de parité (12-12) donne le titre à Rhein-Neckar, aussi mis en difficulté chez lui par Leipzig mais devant au score (14-13).

La seconde mi-temps débute par un sept mètres manqué de Kentin Mahé. Göppingen tient toujours la dragée haute à son adversaire, Rolf Brack n’hésitant pas à parfois jouer à sept joueurs de champ (il n’y a alors que les deux gardiens sur le banc…). Marco Rentschler redonne l’avantage à Göppingen en infériorité numérique (13-14, 36′). C’est alors que Rasmus Lauge sort le grand jeu. Le Danois réussit quelques actions de classe et donne pour la première fois du match deux buts d’avance au SG (17-15, 42′). Mais Göppingen, malgré une absence de rotations, livre un match courageux et tient le coup en revenant plusieurs fois à un but (19-18, 47′ ; 20-19, 54′). Le SG doit tenir.

Dans le même temps, le match à Mannheim se termine plus tôt. Rhein-Neckar a battu Leipzig (28-25), après avoir fait la différence dans les 20 dernières minutes, et Andy Schmid, avec ses six buts, a fait honneur à son titre de MVP du championnat. Les Löwen sont alors suspendus au résultat final à Flensburg pour savoir quoi fêter. Flensburg est incapable de se mettre en sécurité, avec un nouveau sept mètres raté cette fois par Hampus Wanne, qui aurait pu donner trois buts d’avance à son équipe (22-20, 59′). Mais Göppingen ne parvient pas à recoller. Dans la souffrance, après un math pauvre en buts mais gagné d’une courte tête (22-21), Flensburg remporte le championnat d’Allemagne. Les larmes peuvent couler sur les joues de Thomas Mogensen, particulièrement ému après la rencontre. Les supporters, tant ceux de la salle que le millier qui suivait la rencontre à l’extérieur, peuvent exulter. « J’espère que personne n’ira au lit avant 5h du matin », a lancé Jacob Heinl à Handball-world, pour donner une idée de comment sera fêté le deuxième titre de l’histoire de Flensburg.

Berlin et Magdebourg européens

Berlin avait déjà sa troisième place assurée la semaine dernière. Lors de son dernier match à domicile contre Hüttenberg, les Renards se sont imposés sans problème (28-23), bien aidés par leur gardien Petr Stochl (12 arrêts). Le Tchèque, âgé de 42 ans et passé notamment par Istres, jouait son dernier match professionnel. Troisième, Berlin va demander une wild-card pour participer à la Ligue des champions, en qualité de vainqueur de la Coupe EHF. Ce serait mérité, après une saison si réussie pour les Berlinois, longtemps deuxièmes au classement et qui ont mieux supporté le départ en cours de saison de Petar Nenadic que prévu.

Quatrième, Magdebourg décroche son billet pour la Coupe EHF. Le SCM a souffert à domicile contre Melsungen. Largement mené en milieu de première période (7-12, 18′), Magdebourg est revenu avant la pause (16-17, 30′) mais ne repasse pas devant ensuite (20-23, 41′), face aux coéquipiers d’un Julius Kühn prolifique (12 buts). Toujours mené de deux buts à cinq minutes de la fin (28-30, 55′), les partenaires de Michael Damgaard (8 buts) renversent la tendance dans le money-time et ainsi sauver leur place au classement (33-31). Dommage pour Kiel, qui devra espérer obtenir une wild-card pour disputer une Coupe d’Europe la saison prochaine. Les Zèbres, vainqueurs de Stuttgart jeudi en match en retard (31-25), ont virtuellement pris la place de Magdebourg alors que le SCM était mené et qu’eux faisaient la course en tête à Minden. Le GWD a résisté une mi-temps, avant que Kiel prenne les commandes et s’assure une large victoire (25-32). Du fait du succès de Magdebourg, le THW ne fera donc pas mieux que cinquième cette saison.

Qualifié en Coupe EHF grâce à sa place de finaliste en Coupe d’Allemagne, Hanovre a terminé sa saison de la meilleure des manières du côté de Gummersbach. Les deux équipes sont longtemps restées au coude à coude, mais le TSV a fait la différence dans le dernier quart d’heure pour s’imposer 29-31. Les hommes de Carlos Ortega battent ainsi le record de points du club, avec 47 unités. Casper Mortensen, auteur de pas moins de 14 buts, quitte le club avec le titre de meilleur buteur du championnat, acquis de haute lutte face à Julius Kühn (230 buts, contre 224 pour Kühn). Une vraie belle saison, qui récompense le gros travail livré en coulisses par Benjamin Chatton, le manager général du club, qu’il quitte à l’issue de cette saison. Pour Gummersbach, maintenu depuis la semaine dernière, cet exercice est à oublier. Le VfL termine quinzième, quatre points derrière Stuttgart, qui s’est lourdement incliné à domicile contre Wetzlar (26-36) pour sa dernière de l’année.

Ludwigshafen accroche son maintien, Lübbecke et Hüttenberg en D2

Rien n’était joué pour le titre, mais rien n’était joué pour le maintien non plus. On savait quand même que Hüttenberg, depuis sa défaite contre Gummersbach la semaine dernière, était condamné à l’exploit à Berlin pour sauver sa tête. L’exploit n’a pas eu lieu (voir plus haut), le plus faible budget de Bundesliga retrouve donc la 2. Bundesliga. Comme prévu, pourrait-on dire. Mais là où on attendait une équipe faible se faire dominer toute la saison, on a vu Hüttenberg jouer un bon handball, battre des équipes comme Melsungen et finalement échouer à accrocher son maintien à la dernière journée. Il ne faut pas parler trop vite.

Cet adage est davantage valable pour Ludwigshafen, autre équipe envoyée dans la charrette avant même que la saison commence. Les Chouettes étaient dans un duel à distance avec Lübbecke pour le maintien, les deux affrontant des équipes de milieu de tableau qui jouent sans enjeu depuis plusieurs semaines : Ludwigshafen recevait Erlangen, Lübbecke se déplaçait à Lemgo. Ça commence mal pour Ludwigshafen, dominé par l’équipe franconienne dans le premier quart d’heure, mais les Eulen prennent le contrôle de la situation à la mi-temps (16-15). Insuffisant pour se maintenir, puisque Lübbecke, porté par un bon Dener Jaanimaa (9 buts au total), mène à la pause à Lemgo (11-13).

Ludwigshafen fait définitivement basculer le match en sa faveur en début de deuxième période (23-20, 41′). Ultra-motivés, portés par leur public, les locaux conservent leur avantage tandis qu’à Lemgo, Lübbecke craque. Piotr Wyszomirski enchaîne les arrêts (14 au total), l’écart se creuse et Tim Hornke donne cinq buts d’avance au TBV (22-17, 45′). Hornke aggrave plus tard la marque pour Lemgo (26-19, 51′), qui finit très bien une saison réussie et terminée dans la première partie du tableau. A Ludwigshafen, on est au courant de la situation à Lemgo, et la salle pousse très fort pour que son équipe accroche le succès. C’est réussi, Ludwigshafen gagne (32-29) et décroche le maintien au détriment de Lübbecke, battu finalement de trois buts à Lemgo (30-27). C’est la première fois de l’histoire de Ludwigshafen, anciennement Friesenheim, que le club décroche le maintien en Bundesliga. Pour Lübbecke, club disposant de moyens plus importants, la chute est lourde. Le TuS fera partie des favoris à la montée l’an prochain.

Retrouvez le classement final sur notre site.

Mickaël Georgeault

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31 CommentairesPoster un commentaire

  1. Crazy Hand - le 3 juin 2018 à 23h02

    Ou va K. Mahé déjà ?!

    • Kieler - le 3 juin 2018 à 23h14

      Se reposer à Veszprém après une saison longue et difficile pour lui XD

  2. Pseudo - le 3 juin 2018 à 23h15

    Veszprem avec Vranjes

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