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Chloé Valentini : « Je ne l’ai jamais dit de ma vie, mais je suis fière de là où je suis aujourd’hui. »

Cette fois, Metz Handball a franchi l’obstacle. Après quatre demi-finales perdues au Final 4, les Dragonnes disputeront enfin la première finale de Ligue des Champions de leur histoire. Une qualification qui a provoqué autant de joie que de soulagement dans les rangs messins.
« On combat toute l’année pour arriver là », rappelle Emmanuel Mayonnade. « On fait partie des quatre meilleures équipes, mais on n’arrivait pas à trouver les ressources pour passer ce petit gap. Je suis content pour les joueuses, pour le club, pour les salariés, pour les dirigeants et pour les 700 supporters qui nous suivent partout. »
L’entraîneur messin refuse pourtant de parler de poids qui s’envole. « Ce n’est pas un poids, mais c’est un joli soulagement malgré tout. Maintenant, personne ne pourra nous enlever cette satisfaction. » Difficile pour lui d’expliquer précisément ce qui a changé par rapport aux précédentes tentatives. « Aucune idée. On aurait pu passer l’année dernière. Ici, ça se joue à peu de choses. On a changé des petits détails tout au long de la saison. Aujourd’hui, ça nous a souri. Les coachs font des choix et les joueuses les rendent bons ou mauvais. Ce soir, nos réajustements nous ont donné raison. »
Parmi ces ajustements, la profondeur du banc a joué un rôle majeur. Un point souvent évoqué ces dernières saisons et qui a cette fois tourné à l’avantage des Messines. « J’ai dit dans le vestiaire que les joueuses qui rentreraient seraient plus importantes que celles qui commenceraient le match », révèle Mayonnade. « Les rotations devaient avoir un impact immédiat. Elles ont été entendues. »
À l’image de Lilou Borg, précieuse dans son entrée. « On savait qu’elles allaient jouer sur un faux rythme et qu’il ne fallait pas tomber dans le piège », explique la jeune demi-centre, qui vit sa première saison en Ligue des Champions. « On a bien défendu, on a su monter les balles et on est restées stables. Elles sont revenues plusieurs fois mais on n’a jamais baissé la tête. » La jeune Messine souligne également la force collective du groupe. « Tout le monde compte ici. Les rotations montrent que tout le monde peut apporter. »
Cette solidité défensive et collective a permis à Metz de progressivement prendre le contrôle de la rencontre. Une maîtrise saluée par Chloé Valentini. « Le début de match a été un peu compliqué avec du stress et des pertes de balle. Mais après, la machine s’est lancée. On avait très bien préparé ce match. On a super bien défendu et derrière, les arrêts nous permettent de courir et de faire des contre-attaques. On a super bien géré le match. »
Pour l’ailière gauche, revenue à la compétition en janvier après sa grossesse, cette qualification possède une saveur particulière. « Toute la journée, je me suis dit que j’avais galéré pour être ici. J’en ai chié pour être ici. Je voulais juste m’amuser et profiter du moment. Quand j’avais des moments de doute pendant le match, je repensais à cette année où j’ai galéré, où je laisse ma petite fille à la maison. » L’émotion n’est jamais loin. « Je ne l’ai jamais dit de ma vie, mais je suis fière de là où je suis aujourd’hui. » a-t'elle confiée avec des yeux remplis de larmes.
Même sentiment chez Sarah Bouktit, qui voit enfin Metz briser cette barrière psychologique. « Depuis le début de l’année, on est claires avec le fait qu’on veut gagner la Ligue des Champions. Est-ce que c’est ça qui a changé ? Franchement, on n’en sait rien. Tout ce que je sais, c’est qu’on a tout donné pour être prêtes aujourd’hui et qu’on l’a montré sur le terrain. » La pivot retient surtout la libération procurée par cette victoire. « Arriver ici, en zone mixte, et ne pas pleurer, ça fait déjà beaucoup de bien. Quatre fois d’affilée, c’est dur. Je suis contente, libérée aussi. Il y a un certain poids qui est parti avec cette victoire-là. »
Mais personne ne veut s’arrêter en si bon chemin. « On est à une heure du titre et il ne faut pas négliger ça », prévient Sarah Bouktit. Même discours du côté de Chloé Valentini : « On a toutes envie de ramener ce trophée. C’est celui qui manque à Metz Handball. »
Reste désormais à connaître l’identité du dernier obstacle. Les Messines attendent le vainqueur de la seconde demi-finale entre Györ et Brest Bretagne Handball. Peu importe l’adversaire, le discours est déjà clair dans le camp lorrain. Comme le résume Sarah Bouktit : « Aucune préférence. Je veux juste gagner la Ligue des Champions. »