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« Je n’ai pas l’impression d’être la petite jeune » : Lylou Borg, du banc de Mérignac au toit de l’Europe avec Metz

Pour son premier Final 4 de Ligue des champions, Lylou Borg a vécu un rêve éveillé. À seulement 21 ans, l'arrière française est devenue championne d'Europe avec Metz Handball, participant pleinement à l'exploit historique du premier club français sacré dans la plus prestigieuse des compétitions européennes.
Lorsque les larmes ont envahi les tribunes du MVM Dome de Budapest, Lylou Borg peinait encore à réaliser ce qu'elle venait d'accomplir. Pour sa première participation à un Final 4, la jeune Messine est entrée dans l'histoire du handball français.
Il y a encore un an, la demi-centre évoluait à Mérignac où elle réalisait déjà une saison exceptionnelle. À seulement 20 ans, elle inscrivait 184 buts en 25 rencontres de Ligue Butagaz Énergie, confirmant les promesses entrevues depuis ses débuts. Révélation du championnat français la saison précédente, championne du monde U20, puis appelée en équipe de France A en février 2025, sa progression n'a cessé de s'accélérer.
De Mios à Mérignac, puis désormais Metz, son ascension a été fulgurante. En rejoignant l'été dernier le club lorrain, Borg changeait de dimension. Un environnement plus exigeant, un effectif composé d'internationales françaises et étrangères, et des ambitions européennes assumées ; et surtout une première saison dans le meilleur championnat européen.
Comme plusieurs jeunes joueuses avant elle, elle a d'abord observé. Souvent utilisée en sortie de banc, elle s'est progressivement intégrée dans le système d'Emmanuel Mayonnade. Son excellente prestation face à Esbjerg aux Arènes, notamment face à la meilleure joueuse du monde Henny Reistad, avait déjà marqué les esprits.
À Budapest, cette montée en puissance a trouvé son aboutissement. « Je pense que les gens aussi viennent ici... Ça fait plusieurs fois qu'on fait le Final Four. Là, on finit championnes. Personne ne réalise. Tout le monde est en train de pleurer dans les tribunes. »
Bien qu'elle n'ait rejoint Metz que cette saison, Lylou Borg parle déjà comme une joueuse pleinement imprégnée du projet messin, consciente du travail accompli par le club au fil des années pour atteindre ce sommet.
Dans un effectif où Emmanuel Mayonnade s'appuie généralement sur une rotation resserrée, la jeune internationale a su saisir sa chance. Déjà précieuse en demi-finale face au CSM Bucarest, elle a de nouveau bénéficié d'un temps de jeu conséquent lors de la finale face à Győr. Une confiance qui ne semble pourtant pas l'avoir déstabilisée.
« Je me sens en sécurité parce que j'ai beaucoup de joueuses expérimentées qui me donnent confiance en moi. Je n'ai pas l'impression d'être la petite jeune, j'ai l'impression d'être juste la coéquipière des filles. »
Entrer dans une finale de Ligue des champions à 21 ans, dans une équipe aussi expérimentée, n'avait pourtant rien d'évident. « C'était stressant. Je savais qu'en rentrant, je devais faire autant que les filles. Mais ça m'a réussi. »
Si les statistiques retiendront un seul but inscrit en finale, son apport a largement dépassé les chiffres. Travail défensif, organisation du jeu, relais précieux pour Léna Grandveau. Borg a rempli avec discrétion mais efficacité toutes les missions qui lui ont été confiées.
Au moment de décrire ses émotions, les mots lui manquaient encore. « Je ne réalise pas. J'étais sur le terrain mais je vivais les émotions de l'extérieur. J'étais stressée tout au long du match parce qu'on était au coude-à-coude. On a eu six buts d'avance puis elles sont revenues. Pour l'instant, je ne réalise pas trop. »
À 21 ans seulement, Lylou Borg vient pourtant de franchir une nouvelle étape dans une trajectoire déjà exceptionnelle. Après avoir conquis la France, la voilà désormais championne d'Europe. Et au regard de sa progression, ce premier sacre ressemble davantage à un commencement qu'à un aboutissement.
À Budapest, Elinor Liardet