Recherche

Pas de résultat

Veuillez taper au moins 3 caractères...

LDC

Brest craque dans les dernières secondes face au géant Győr

, par Peter

A handball player in a black jersey leaps to catch the ball while being defended by three opponents in green and white uniforms during an intense match.
Méline Nocandy - Brest Bretagne Handball (Crédit : Anze Malovrh/Kolektiff)

Brest a livré une bataille d’une intensité exceptionnelle face au double tenant du titre Győr, poussant le géant hongrois dans ses retranchements jusqu’aux toutes dernières secondes d’une demi-finale irrespirable. Malgré la défaite d’un petit but, les Bretonnes ont démontré un niveau de jeu et un état d’esprit qui les ont portées à la hauteur d'une des meilleures équipes européennes.

Dans un MVM Dome acquis à la cause de Győr, Brest n’a pas tremblé au moment d’entrer dans sa demi-finale de Ligue des champions. Les Bretonnes réalisent même une entame idéale grâce à Oriane Ondono, auteure des deux premiers buts de la rencontre, tandis que Floriane André ferme la boutique derrière une défense bien en place. Pendant près de quatre minutes, le double tenant du titre reste muet avant que Kristiansen ne débloque enfin le compteur hongrois.

La réaction de Győr ne tarde toutefois pas. Portées par un rythme infernal et une défense agressive, les Hongroises profitent de plusieurs pertes de balle brestoises pour recoller puis prendre les commandes. Ana Gros sur jet de sept mètres, Kiara Tshimanga sur montée de balle et Pauline Coatanéa maintiennent pourtant le BBH au contact. Malgré les accélérations de Fodor, Kristiansen ou Housheer, Brest refuse de céder du terrain et reste à portée de fusil (7-9, 14'), poussant Raphaëlle Tervel à demander son premier temps mort.

Un carton rouge qui change tout

Le temps mort redonne de l’allant aux Bretonnes. Méline Nocandy multiplie les initiatives, Clarisse Mairot monte en intensité défensive et la connexion Vyakhireva-Ondono permet même à Brest de revenir à hauteur (10-10, 20'). Le duel est de grande intensité, chaque possession se transformant en combat.

Survient le premier grand tournant de la rencontre. Alors que Bruna De Paula marque malgré une faute évidente d'Oriane Ondono, la capitaine brestoise est sanctionnée d’un carton rouge direct, après visionnage de la vidéo. Un coup dur pour le BBH, qui perd son point d’ancrage au pivot et son leader défensif.

Győr tente immédiatement d’en profiter. Elver trouve des espaces dans une défense momentanément désorganisée et les Hongroises reprennent l’avantage. Mais Brest ne sombre pas. Mairot marque, Juliette Faure apporte de la nouveauté à la mène et Pauline Coatanéa continue de faire vivre son aile droite. Les Bretonnes restent dans le match malgré l’infériorité de rotation imposée par l’exclusion de leur capitaine.

Des sanctions des deux côtés et un BBH toujours vivant à la pause

La tension monte encore d’un cran dans une fin de première période particulièrement hachée. Les exclusions temporaires se multiplient, les contacts deviennent de plus en plus rugueux et chaque décision arbitrale est contestée par les actrices du jeu. Après le rouge d’Ondono, les arbitres sanctionnent cette fois Bruna De Paula. La Brésilienne est expulsée à son tour après un coup porté à la gorge de Méline Nocandy, rétablissant une forme d’équilibre dans une rencontre devenue électrique.

Malgré plusieurs ballons récupérés par Györ et les réalisations de Dione Housheer, Brest continue de répondre. Lott sonne régulièrement la révolte à six mètres, Mairot et Tshimanga réalisent un gros travail défensif, tandis que les Hongroises peinent enfin à convertir leurs transitions rapides.  Dans les derniers instants, aucune des deux équipes ne parvient à faire le break. Après plusieurs possessions mal négociées de part et d’autre, Győr rejoint finalement les vestiaires avec un avantage minimal (16-17, 30').

Un bras de fer permanent entre deux prétendants au titre

La reprise repart sur les mêmes bases que la première période : un rythme élevé et deux équipes incapables de se détacher. Dione Housheer et Méline Nocandy donnent immédiatement le ton, tandis que Vyakhireva maintient Brest dans le sillage hongrois grâce à son efficacité sur jet de sept mètres. Malgré l'exclusion temporaire de la joueuse russe, le BBH continue de répondre coup pour coup. Yvette Broch, appelée à compenser l'absence d'Oriane Ondono, apporte une contribution offensive précieuse. Pourtant, un nouveau facteur fait progressivement basculer la rencontre : l'entrée en température de Zsofi Szemerey, chauffée à blanc devant son public.

La gardienne hongroise stoppe un penalty, multiplie les interventions décisives et permet à Győr de conserver l'avantage. Mais Brest refuse de céder. Coatanéa, Nocandy et surtout Vyakhireva entretiennent l'espoir, tandis que Depuiset, entrée dans les cages brestoises pour la seconde période, réalise plusieurs arrêts importants. À la faveur d'une interception de Lott et d'une contre-attaque parfaitement négociée, Brest passe même devant au tableau d'affichage (25-24, 42').

Brest croit tenir l'exploit

La rencontre entre alors dans une dimension digne des plus grandes tragédies. Chaque ballon devient précieux, chaque possession ressemble à une balle de match anticipée. Le BBH s'adapte aux circonstances. Privées d'Ondono et souvent de Broch, les Bretonnes évoluent régulièrement sans véritable pivot, mais avec quatre arrières sur le terrain. Une organisation, travaillée lors de la semaine d'entraînement, qui perturbe momentanément Győr. Lott poursuit son énorme match et offre même deux longueurs d'avance aux siennes (28-26, 47').

Le MVM Dome retient son souffle. Les Hongroises semblent douter. Les pertes de balle s'accumulent, Jorgensen se montre imprécise et Per Johansson doit interrompre le jeu pour remobiliser son équipe. Dans les tribunes, les supporters brestois se font entendre malgré l'écrasante majorité hongroise. Mais Brest doit aussi composer avec une nouvelle perte : Yvette Broch reçoit sa troisième exclusion temporaire et quitte définitivement la rencontre. Le secteur du pivot est désormais décimé. Malgré cela, Depuiset maintient son équipe à flot avec plusieurs parades déterminantes et Nocandy inscrit un but capital sur montée de balle pour redonner l'avantage aux Bretonnes à moins de cinq minutes du terme.

Un final cruel pour le BBH

À l'entrée des deux dernières minutes, tout reste possible. Depuiset poursuit son récital, la défense brestoise résiste encore et Győr peine à trouver des solutions. Mais les Bretonnes n'arrivent plus à faire fructifier leurs possessions offensives. Une perte de balle offre une nouvelle opportunité aux Hongroises. Cette fois, Kristina Jorgensen trouve enfin la faille et ramène les deux équipes à égalité à l'approche de la dernière minute (30-30, 58').

Le MVM Dome se lève alors comme un seul homme, une seule femme. Győr récupère encore un ballon précieux et, c'est finalement Dulfer qui fait exploser l'enceinte hongroise en donnant l'avantage aux siennes à 47 secondes de la sirène. Raphaëlle Tervel utilise son ultime temps mort. Sous les sifflets du public hongrois, les Bretonnes obtiennent une dernière possession pour arracher la prolongation. Brest joue son va-tout, attaque à sept contre six et fait entrer Enola Borg en pivot pour créer le surnombre.

Mais la passe de Vyakhireva n'arrive pas à destination. Le ballon s'échappe, la sirène retentit et les Brestoises s'effondrent. Après avoir regardé dans les yeux le double champion d'Europe en titre pendant soixante minutes, le BBH quitte le terrain au terme d'une bataille magnifique mais cruelle. Győr s'impose 31 à 30 et rejoint la finale, tandis que Brest peut nourrir d'immenses regrets tant l'exploit lui a longtemps tendu les bras.

La déception sera immense ce soir, mais Brest n'a pas le temps de s'apitoyer sur son sort. Dès demain, les Bretonnes devront puiser dans les ressources affichées face à Győr pour aller chercher une médaille de bronze qui récompenserait leur remarquable parcours européen, face à un CSM Bucarest également revanchard.

À Budapest, Thomas Mathiot

Résultat

Storhamar Handball Elite

Dim. 16 Nov.

  • 25
  • 32

Györi Audi ETO KC

Voir les résultats
0 0 votes
Évaluation de l'article
7 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
jmdoucet59
jmdoucet59
1 mois il y a

Gyor a joué avec 6 joueuses plus 2 assistantes sur le terrain. Un manque de sanction sur sur les hongroises au début et des décisions discutables sur le 2′ infligées au Brestoises..

Kalya19
Kalya19
1 mois il y a

Dommage, ca y était presque. Elles se sont bien battues elles ont quand même fait un super match. Elles auront même réussi à faire peur aux hongroises

Sasori9
Sasori9
1 mois il y a

Arbitrage a bcp aidé Gyor…..forcément ca se passe en Hongrie ! Metz doit etre cruel surtout au money time, c’est leur point faible malheureusement…

Emilcostarica
Emilcostarica
1 mois il y a

Bravo les brestoises, mention spéciale à Méline Nocandy pour la résilience… J’avais oublié pourquoi je ne regardais plus le hand à la tv. Outre le fait qu’au moins deux abonnements payants soient nécessaires pour voir seulement ce que les diffuseurs veulent bien te montrer, l’arbitrage est toujours aussi discutable, même au plus haut niveau.
Le rugby a bien réussi à sortir de l’arbitrage amateur et partial.
Protéger l’intégrité physique des joueuses et joueurs me semble primordial, à l’heure où notre sport préféré fait de moins en moins d’adepte chez les jeunes.

Mad_Max
Mad_Max
1 mois il y a

Salut,

Masterclass de Brest malgré la défaite.
Stratégiquement tout était en place. On a pu apprécier le niveau de compétence du staff technique ainsi que le managérat de Tervel. Chapeau!!!

Le rouge fait ultra mal et entrainera des situations scabreuses sans pivot de métier en fin de match.

Mais, de mon humble avis, le match ne se perd pas là mais sur les (trop) nombreuses pertes de balles directes et finalement la fébrilité des joueuses en fin de match.

C’est cruel mais ça fait partie de l’apprentisage de ce genre d’évènements.

J’en retiens une superbe énergie, un méga potentiel pour la suite… Bravo!

Emilcostarica
Emilcostarica
1 mois il y a
Répondre à  Mad_Max

Salut
Je partage en parti ton avis concernant le travail du staff. Effectivement, le nombre de pertes de balles et les échecs récurrents sur les « immanquables » ont une influence directe sur le résultat final, mais c’est aussi au staff de gommer ce type de problèmes.
Neanmoins, sans les rouges aux deux pivots brestoises, déjà privées de Foppa, le match n’était pas le même. Comment justifier la différence des sanctions surtout en première période: une biscotte après au moins trois fautes grossières de Gyor alors qu’à la première faute brestoises c’est 2 mn direct puis rouge..? Ensuite Broch prend un second 2mn alors qu’elle est face à la joueuse qui n’est pas en mouvement et sans contact près du visage.
L’arbitrage, selon moi, sur ce match a eu un impact primordial sur le résultat. Il a pour le moins manqué de cohérence, commençant par laisser jouer puis finalement tout siffler…
Mais c’est vrai que le coaching de Tervel a permis de proposer des solutions intéressantes au jeu sans pivot.
Bravo Mesdames… Et merci Madmax pour ton avis positif.

Mad_Max
Mad_Max
1 mois il y a
Répondre à  Emilcostarica

Je suis d’accord avec toi sur l’arbitrage mais l’ai occulté volontairement car on a tous 1 biais cognitif sur le sujet.

Il est certain que le rouge de Housheer non sifflé aurait fait basculé la rencontre car c’était le facteur X à ce moment.

L’arbitrage ultra permissif au début qui s’est raffermi soudainement n’a pas aidé non plus.

Bref. Bravo Brest quand même!!!

Nos derniers articles

7
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x