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Le grand espace pour faire tomber Bucarest ?

Battu dans les dernières secondes par Györ samedi (30-31), Brest n'aura pas le temps de s'attarder sur sa frustration. Quelques heures seulement après avoir vu s'envoler un rêve de finale tricolore, les Bretonnes retrouveront, à 15h00, le gerflor du MVM Dome pour y affronter le CSM Bucarest dans le match pour la troisième place. Un rendez-vous qui pourrait permettre au club finistérien de décrocher la deuxième médaille européenne de son histoire après la finale disputée en 2021.
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La douleur était visible sur les visages brestois au coup de sifflet final. Longtemps au contact du champion d'Europe en titre, le BBH a fini par céder dans les ultimes instants d'une demi-finale qui laissera forcément des regrets. Mais dans le vestiaire, le discours était déjà tourné vers le lendemain. "Je pense qu'on a tout envie de se récompenser demain. Si on se met dans une énergie positive dès ce soir, je pense qu'on arrivera à passer à autre chose et à digérer, au moins un petit peu, cette défaite. C'est quelque chose de beau, une troisième place en Ligue des Champions", expliquait ainsi Pauline Coatanéa après la rencontre. Une nécessité dans un Final 4 où l'enchaînement est brutal et où une médaille continentale reste une récompense majeure.
Face à elles se présentera un CSM Bucarest tout aussi meurtri, voir davantage. Dominées par Metz dans l'autre demi-finale, les Roumaines traversent une période particulièrement délicate. Entre difficultés financières, le Championnat et la Coupe de Roumanie laissé au Gloria Bistrita de Carlos Viver, la saison est loin des ambitions du club. La tension était d'ailleurs palpable après la rencontre, Crinea Pintea étant vivement interpellée par un journaliste roumain lors de la conférence de presse. Dans ce contexte, les joueuses de Bojana Popovic arriveront avec une motivation décuplée pour sauver leur week-end européen, ou plutôt leur saison.
Trouver les bonnes clés face au défi roumain
Sur le terrain, Brest devra d'abord trouver des solutions face à l'impressionnante densité physique du secteur défensif roumain. Avec Crina Pintea, Tatjana Brnovic, Djurjina Jaukovic, ou encore l'ex-Brestoise Merel Freriks (2022 - 2024), le CSM possède une base arrière et un bloc central capables de fermer rapidement les intervalles. Dans ces conditions, les pénétrations de Méline Nocandy, Clarisse Mairot ou Anna Vyakhireva pourraient s'avérer plus compliquées que face à Györ. Le tir à distance pourrait alors devenir une arme précieuse grâce aux qualités d'Ana Gros ou d'Annika Lott.
Mais la principale opportunité brestoise pourrait bien se situer dans le jeu sur grand espace. Samedi, Metz a régulièrement mis en difficulté les Roumaines grâce à des montées de balle rapides et à l'activité de ses ailières. Les arrières du CSM ont souvent tardé à effectuer les replis défensifs, laissant des espaces exploitables dans la transition. Un secteur dans lequel Brest excelle également grâce à Pauline Coatanéa et Kiara Tshimanga. Face à Györ, les joueuses de Raphaël Tervel ont démontré leur capacité à courir et à sanctionner rapidement la moindre perte de balle adverse.
Un autre facteur pourrait s'avérer déterminant : la performance des gardiennes. Samedi face à Györ, Floriane André avait lancé son équipe avant que Camille Depuiset. La gardienne française s'est montrée intraitable, notamment face aux ailières Csenge Fodor et Emilie Hovden, multipliant les arrêts dans des situations pourtant favorables aux tireuses. Si Camille Depuiset ou Floriane André parviennent à afficher le même niveau d'efficacité, Brest pourrait considérablement compliquer la tâche offensive d'une équipe roumaine parfois dépendante des exploits individuels de ses cadres. Dans une rencontre qui s'annonce serrée et marquée par la fatigue, quelques arrêts décisifs pourraient faire basculer la bataille pour le bronze.
Enfin, Oriane Ondono abordera cette rencontre avec davantage de fraîcheur que la plupart des actrices du week-end, comme le mentionnait Raphaëlle Tervel en conférence de presse : "La bonne nouvelle c'est qu'on aura Oriane qui sera fraîche pour demain, on va miser beaucoup sur elle et puis sur tout le monde". Expulsée dès la 21e minute de la demi-finale contre Györ, la pivot n'a finalement que peu puisé dans ses réserves physiques. Un détail qui pourrait compter dans un match où les organismes seront forcément éprouvés.
Pour Brest, l'objectif est désormais clair : transformer la frustration de la veille en une dernière performance de haut niveau pour quitter Budapest avec une place sur le podium continental.