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Chloé Valentini : « Je veux qu’on se regarde dans les yeux et qu’on n’ait aucun regret »

Un an après avoir vécu le Final Four depuis les tribunes, Chloé Valentini retrouve le Gerflor du MVM Dome de Budapest. Revenue à la compétition en janvier après la naissance de sa fille, l'ailière gauche de Metz Handball s'apprête à disputer une nouvelle demi-finale de Ligue des champions face au CSM Bucarest. Entre maturité nouvelle, envie de profiter et soif de performance, la cadre messine aborde ce rendez-vous avec une philosophie simple : tout donner pour ne rien regretter.
Pour Metz Handball, l'objectif est clair. Après plusieurs participations au Final Four conclues par des frustrations, dont deux quatrième place les deux dernières saisons, les Dragonnes veulent enfin franchir un cap. Mais avant de penser au trophée, Chloé Valentini préfère se concentrer sur l'essentiel.
« Je suis toujours très heureuse d'être ici. Je pense que chaque équipe rêve d'être au Final Four », confie-t-elle. « Ce sont les quatre meilleures équipes d'Europe, du monde, qui s'affrontent sur un week-end. » Si l'excitation est bien présente, l'internationale française refuse pourtant de se projeter trop loin. Ce qui l'anime avant tout, c'est l'idée de sortir du terrain sans remords. « Tous les Final Four que j'ai pu vivre avec Metz se sont terminés avec beaucoup de regrets, beaucoup de choses à se reprocher à soi-même ou aux autres. Aujourd'hui, j'ai envie qu'après le match de demain, on se regarde droit dans les yeux et qu'on se dise qu'il n'y a aucun regret, qu'on a tout donné. » Une phrase qui revient plusieurs fois dans son discours, comme un fil conducteur de cette édition 2026.
« Bien sûr, j'espère la victoire, mais je veux surtout qu'il n'y ait zéro regret. Tous les Final Four que j'ai vécus, il y a toujours eu cette frustration de se demander pourquoi on n'avait pas fait telle ou telle chose. »
Le retour d'une maman compétitrice
L'histoire personnelle de Chloé Valentini donne une saveur particulière à ce rendez-vous. L'an passé, alors enceinte, elle avait assisté au Final Four depuis les tribunes. Cette fois, elle sera sur le parquet de Budapest. « Ça a été une année difficile, mais remplie de joie parce qu'on a créé ce dont on rêvait : notre famille. J'ai une petite fille en très bonne santé. »
Derrière le sourire, il y a aussi le travail colossal effectué pour retrouver le plus haut niveau en seulement quelques mois. Un défi qu'elle refuse pourtant d'évaluer avant l'heure. « On jugera après ce Final Four si j'ai été au niveau ou pas. Mais en tout cas, j'ai tout donné. Et je donnerai encore tout aujourd'hui à l'entraînement, demain au match. »
Revenue progressivement à son meilleur niveau, l'ailière messine semble avoir retrouvé cette capacité à faire mal dans le jeu rapide et les grands espaces, une arme qui pourrait peser lourd face aux Roumaines. Cette expérience de la maternité a néanmoins changé certaines choses dans son approche du quotidien. « Je suis forcément différente avec l'année que j'ai passée. Je suis beaucoup plus douce avec moi-même. Ça me fait du bien aussi d'être ici et de ne penser qu'au handball. Et quand je suis chez moi, de couper, d'avoir chaque chose à sa place. »
Même si l'éloignement reste un sacrifice. « C'est difficile de quitter sa fille autant de jours. Mais comme je l'ai dit, j'ai travaillé un an pour me donner les moyens d'être ici. Aujourd'hui, je n'ai envie de rien regretter. Je sais pourquoi je suis là. Je sais pourquoi je laisse ma fille. » Et déjà, elle imagine la suite. « Je vais rentrer lundi la plus heureuse du monde à la maison et partir en vacances. »
Imposer le rythme face à la puissance de Bucarest
Avant cela, il faudra franchir l'obstacle Bucarest. Une équipe que Valentini décrit comme presque opposée au profil messin. « Je pense que ce sont deux équipes ultra différentes, même opposées. En face, il y a des gabarits très physiques, très costauds, très grands. » L'ailière pense notamment à l'intensité et au caractère de certaines joueuses roumaines et monténégrines. À l'inverse, elle voit Metz fidèle à son identité. « Nous, je nous vois plutôt assez petites, assez rapides. »
Pour elle, la clé du match est déjà identifiée : la maîtrise du tempo. « Je pense que tout va se jouer sur qui va avoir la balle. C'est nous qui devons imposer notre rythme, notre jeu sur le grand espace. » L'équation paraît simple sur le papier : courir, accélérer, faire vivre le ballon et empêcher Bucarest d'installer sa puissance. « À ce moment-là, on aura peut-être une avance sur elles. Et j'espère qu'elles ne prendront pas la balle. »
Une formule qui résume parfaitement l'ambition messine à quelques heures de la demi-finale : jouer le handball qui a porté Metz jusqu'au Final Four et, quoi qu'il arrive, quitter le terrain sans le moindre regret.
À Budapest, Thomas Mathiot