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Raphaëlle Tervel : « La pression est sur les épaules de Györ, pas sur les nôtres »

, par Peter

Raphaëlle Tervel - Brest Bretagne Handball (Crédit : EHF)

Cinq ans après sa première apparition dans le dernier carré européen, Brest Bretagne Handball retrouve le Final 4 de la Ligue des Champions. Sacrées championnes de France il y a quelques jours, les Bretonnes abordent leur demi-finale face à Györ avec ambition, mais aussi avec une forme de liberté. Pour Raphaëlle Tervel, qui disputera ses derniers matchs à la tête du BBH, le rendez-vous a une saveur toute particulière.

À Budapest, Brest avance avec un poids en moins sur les épaules. Le titre de champion de France décroché dimanche dernier a permis au groupe breton d'aborder cette échéance européenne dans un tout autre état d'esprit. « On se sent bien. On vient de faire une très bonne semaine d'entraînement. Tout le monde est hyper focus, hyper concentré sur toutes les choses qu'on a envie de mettre en place demain », explique Raphaëlle Tervel.

La technicienne brestoise reconnaît que les semaines qui ont suivi la défaite face à Metz dans la course au titre avaient laissé quelques traces. « La période post-Metz a été un petit peu difficile. Et depuis qu'on a gagné le championnat, ça a vraiment fait du bien à tout le monde dans la tête. Là, on est vraiment sur une autre dynamique. » L'impression qui domine aujourd'hui est celle d'un groupe libéré, prêt à jouer sa chance à fond. « Tu sais aussi qu'après il n'y a plus rien. C'est la dernière valse, le dernier entraînement, le dernier montage vidéo. Tu peux tout donner, tout lâcher. »

Une histoire particulière avec le Final 4

Pour Raphaëlle Tervel, ce week-end possède forcément une saveur particulière. Depuis la création du Final 4 féminin en 2014, l'ancienne internationale française n'a jamais manqué l'événement. Une fidélité qui s'est presque toujours écrite sous les couleurs de Györ. « Cet événement-là, je n'en ai pas raté un depuis qu'il existe. Ça fait plus de dix ans que je viens à tous les Final 4, mais j'ai toujours été du côté de Györ. »

Comme joueuse, comme entraîneure adjointe ou simplement dans les tribunes, elle a participé à l'histoire récente du club hongrois. Cette fois, elle se retrouvera pourtant sur le banc adverse. « Ça va être la première fois que je serai de l'autre côté. C'est hyper bizarre. » Le symbole est fort pour celle qui s'apprête à quitter Brest à l'issue de la saison après avoir ramené le club parmi les quatre meilleures équipes d'Europe.

Le poids du favori

Face au tenant du titre, Brest ne sera pas favori. Une situation qui convient parfaitement à Raphaëlle Tervel. « Quand tu es avec Györ, tu dois gagner. Si tu ne gagnes pas la Ligue des Champions, ta saison est ratée. La pression est sur leurs épaules, pas sur les nôtres. » L'objectif sera donc d'utiliser ce contexte à son avantage. « Nous, on doit jouer libérées et essayer de leur mettre la pression à elles. »

À Györ, ce statut est pleinement assumé. Kristina Jorgensen, qui retrouvera Metz la saison prochaine, ne cherche pas à le nier. « Oui, je suis d'accord. Je pense que tout le monde considère Györ comme favori. Mais sur un week-end comme celui-là, tout le monde peut gagner. Les quatre équipes ont réalisé une très grande saison. » La Danoise s'attend d'ailleurs à une demi-finale particulièrement disputée. « Brest est champion de France. Elles ont terminé premières de leur groupe en Ligue des Champions. Ça va être un match très serré. »

Si les Hongroises partent avec les faveurs des pronostics, elles abordent néanmoins cette rencontre avec beaucoup de respect pour leur adversaire. Jorgensen voit dans la présence simultanée de Brest et Metz à Budapest un signe fort de la progression du handball français. « Aujourd'hui, avoir deux clubs français au Final 4, ça ne veut pas rien dire. Les clubs français travaillent bien. Le handball français progresse Final 4 après Final 4. »

L'ancienne Messine refuse également de réduire le danger brestois à Anna Vyakhireva. « Non, on n'aura pas les yeux uniquement sur elle. Brest a du danger partout. Elles ont Méline Nocandy, Clarisse Mairot, Annika Lott, Anna Gros. Elles peuvent faire mal de beaucoup de façons différentes. » Des propos qui illustrent parfaitement la richesse offensive construite par Raphaëlle Tervel cette saison.

Le souvenir de 2021

Parmi les joueuses brestoises, Pauline Coatanéa est l'une des rares à avoir connu le précédent Final 4 du club, en 2021. L'ailière droite mesure le chemin parcouru depuis cette aventure disputée dans un contexte sanitaire particulier. « Cinq ans, c'était long avant d'y retourner. Aujourd'hui, je ressens qu'on a un effectif avec de l'expérience et de la jeunesse. On peut vraiment performer ce week-end. » Elle souligne également le rôle joué par sa coach dans la préparation de l'événement. « Raphaëlle nous aide à prendre la mesure de la chance qu'on a d'être ici et à comprendre que tout est possible dans un Final 4. »

Sans s'attarder sur le passé, Pauline Coatanéa croit fermement aux chances de son équipe. « Même si tout le monde parle du grand Györ, elles ont aussi leurs failles et on va tout faire pour les faire tomber. »

Oriane Ondono sans complexe

Capitaine du BBH, Oriane Ondono incarne parfaitement l'état d'esprit affiché par les Bretonnes à leur arrivée à Budapest. « Je suis très excitée d'être ici. Ça fait un moment qu'on parle de cet événement et on y est enfin. » La pivot sait que la mission sera complexe face à un effectif hongrois capable d'aligner des joueuses de classe mondiale à tous les postes. « C'est une équipe qui a les postes doublés voire triplés. Il ne faudra pas leur donner des munitions pour courir sur le grand espace. »

Pour autant, la capitaine refuse toute forme de complexe. « Si on est patientes, qu'on joue notre jeu et qu'on trouve des solutions sur des longues séquences, on peut leur poser des problèmes. » Comme souvent, elle compte montrer la voie par l'exemple. « Ce qui me caractérise, c'est ma détermination et mon don de moi-même sur le terrain. J'essaie de transmettre ça aux autres. »

Jamais un club français n'a remporté la Ligue des Champions féminine. Brest n'est plus qu'à deux victoires d'un accomplissement historique. Pour Pauline Coatanéa, l'enjeu possède une dimension particulière. « Brest, c'est mon club de cœur. Gagner la Ligue des Champions avec ce club, ce serait le Graal. »

Avant de rêver d'une première couronne européenne, les Bretonnes devront d'abord faire tomber l'ogre hongrois. Une montagne, certes, mais une montagne que personne à Brest ne considère infranchissable. À commencer par Raphaëlle Tervel, qui connaît mieux que quiconque la force de Györ, mais aussi ses fragilités.

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