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Entre la Bundesliga et la Starligue, il y a désormais un monde

, par Lanfillo

Kauldi Odriozola (Nantes) face à la défense de Berlin la saison dernière en Ligue des champions

La Starligue reprend ses droits ce week-end, une semaine après la reprise de la Bundesliga allemande. Le championnat français, qui avait ambitionné de concurrencer la ligue allemande, voit l’écart se creuser de plus en plus avec les équipes d’outre-Rhin.

La « Ligue des stars » a vécu. Le surnom donné par la Ligue nationale de handball (LNH) lors du changement de nom de la Division 1 de handball en Starligue en 2016 semble avoir disparu de la communication officielle autour de l’année 2020, et il n’a pas fait partie de la communication du dernier partenaire titre du championnat, Liqui Moly. Son successeur, Daikin, n’a pas non plus récupéré l’appellation qui semble devenue désuète. Car cette année encore, et contrairement à il y a dix ans où le championnat comptait, grâce au Paris Saint-Germain ou Nantes, des noms ronflants dans ses rangs dont Mikkel Hansen, Nikola Karabatic, Kiril Lazarov ou encore le collectif de Montpellier capable de remporter la Ligue des champions, le championnat débute sans grandes figures de proue pour parler à un plus grand public. C'est désormais la Bundesliga qui attire les grands joueurs, dans un contexte où le championnat allemand renforce son audience et sa visibilité au niveau national.

Un écart sur la visibilité et les revenus

Bien sûr, le handball en France et en Allemagne n’ont pas le même statut, et ce depuis bien longtemps. En Allemagne, le handball est le troisième sport collectif qui draine le plus de spectateurs dans les enceintes sportives, derrière le football et le hockey sur glace mais devant le basket-ball, avait signalé Handballwoche fin juillet. La LNH n’a pas communiqué les affluences annuelles des clubs pour la saison passée, mais en 2025, seuls Nantes (qui évolue dans un autre monde que le reste du championnat pour les recettes billetterie) et Chambéry dépassaient les 4000 spectateurs par match. Ce qui met le handball masculin au coude à coude avec le hockey sur glace pour la quatrième place nationale, derrière le football, le rugby et le basket-ball – la Betclic Elite de basket dépasse les 4200 spectateurs de moyenne, et l’affluence moyenne de Chambéry de 2025 se classerait au 10e rang de la Betclic Elite cette année.

Quant aux revenus télévisuels, l’écart est énorme entre la Bundesliga et les autres championnats. Le contrat signé par la ligue allemande avec Dyn et le groupe Springer en 2022 était évalué à 10 millions d’euros versés aux clubs par saison, soit un doublement par rapport au contrat précédent. Début juillet, les deux parties se sont accordées pour prolonger le contrat jusqu’en 2032 au lieu de 2029 jusqu’à présent. Aucune donnée chiffrée n’a filtré sur ce contrat - aucune donnée n'est publiée non plus sur le budget des clubs allemands - mais on peut supposer que la Bundesliga n’a pas perdu d’argent pour accepter une anticipation de la reconduction du contrat. D’autant que Dyn, le diffuseur de tous les matchs sur une plateforme dédiée, attire : les audiences augmentent, et donc la visibilité des partenaires des clubs aussi.

Il en est de même pour les équipes nationales allemandes, qui sont les vaisseaux amiraux de la visibilité pour le handball. Un nouveau contrat a été signé par la fédération avec la chaîne privée en clair ProSieben pour la période 2027-2031. Le nouveau diffuseur compte renforcer la visibilité du handball en faisant participer les internationaux allemands à des émissions grand public de la chaîne. Gernot Bauer, un responsable de la chaîne, a déclaré à Sport Bild cet été qu’il verrait bien révéler les nouveaux maillots de la sélection par la star de ProSieben, la top model Heidi Klum, dans son émission Germany’s Next Top Model, et faire participer des handballeurs à Mask Singer… Quel dirigeant de chaîne française aurait pu avoir des propos équivalents en récupérant des droits de diffusion des matchs de sélection de handball ?

Mathias Gidsel (Füsche Berlin) - Crédits : Thomas Gaudin

La Bundesliga à la fois « Ligue la plus forte » et ligue des stars

Plus de revenus, plus de visibilité, plus de spectateurs dans les salles : les clubs de Bundesliga ont plus de moyens pour attirer de grands joueurs. Il y a huit ans, l’auteur de ces lignes écrivait sur Handnews que la Bundesliga attirait moins de superstars car celles-ci étaient attirées par la perspective de gagner des titres européens, et donc de jouer dans de top clubs de championnats moins denses en qualité que l’intense Bundesliga, à salaire équivalent. Si ce raisonnement reste en partie valable aujourd’hui, les succès européens des clubs allemands, les salles pleines et leur surface financière plus large actuellement les rend cependant plus attractifs.

Ainsi, la Bundesliga, qui se surnomme « la ligue la plus forte du monde », devient aussi, progressivement, la nouvelle ligue des stars. En témoignent les arrivées estivales de nombreux joueurs scandinaves, comme d’habitude (Emil Bergholt à Flensburg, Nikola Roganovic à Gummersbach ou encore Oskar Vind à Magdebourg), mais pas seulement. Le dernier MVP du Final4 de Ligue des champions Domen Makuc à Kiel, le demi-centre de l’équipe de France Aymeric Minne à Flensburg, ou les frères Alex et Daniel Dujshebaev respectivement à Gummersbach et Melsungen, sont des joueurs que l’on n’aurait pas vu signer dans des clubs non qualifiés pour la Ligue des champions (sauf D. Dujshebaev) il y a quelques années.

La Starligue est rentrée dans le rang

En comparaison, la France attire peu de stars ou de stars en devenir : citons, pour cette année, Rodrigo Corrales (Paris) et Imanol Garciandia (Nantes) comme joueurs confirmés, Piotr Mielczarski (Limoges), Luka Peric, Viktor Norlyk et Christoffer Bonde (Nantes) comme joueurs au profil recherché hors de France. Pour le grand public, cependant, on ne voit plus vraiment de joueurs très connus dans le championnat, hormis Luka Karabatic, qui s’arrête en fin d’année, Valentin Porte, Elohim Prandi, Nicolas Tournat et Thibaud Briet. Ce dernier quittera le championnat en 2028 pour… la Bundesliga, à Magdebourg, alors que les autres internationaux français Dika Mem et Théo Monar joueront à Berlin dès la saison prochaine. Sauf surprise également, Charles Bolzinger de Montpellier devrait également traverser le Rhin. Un chiffre qui fait mal : parmi les 64 joueurs qui ont participé aux demi-finales du dernier Euro (sans la France, avec l'Allemagne), un seul joueur évoluait en Starligue, contre 38 en Allemagne.

L’écart en faveur du championnat allemand est donc parti pour continuer à se creuser. Les clubs français doivent continuer à se structurer dans un contexte économique tendu pour continuer à jouer un rôle à l’international, et croiser les doigts pour que l’équipe de France fasse de nouveau parler d’elle et que des stars reconnues émergent. Cependant, la question de la comparaison avec la Bundesliga ne peut plus se poser : la Starligue est rentrée dans le rang des autres championnats européens. La Bundesliga est désormais loin devant pour quelques années au moins.

MG

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Jack44
Jack44
1 mois il y a

Et le probable départ de Zaepfel vers Berlin dans les jours à venir ne va pas arranger les choses.
Qu’on fait les instances depuis des années pour promouvoir le handball ? Ils ont tout misé sur les succès de la génération Karabatic, sans chercher à promouvoir le championnat.
Si je pouvais voir les matches du championnat allemand, quel kif ! Voir un St-Raphael -Toulouse devant 1000 personnes n’est pas une pub pour les médias ou les spectateurs.
Comment attirer les gens dans les salles (comme à Nantes ou Chambery ?), comment faire en sorte qu’un magazine puisse durer dans le temps (3 en Allemagne), comment attirer des chaines publiques (un Cesson-Caen sur F3 ne doit être moins cher que moultes compétitions et attirerait du monde, autant qu’une retransmission ou jeu le samedi à 19h?).
Bon, je suis un peu amer, j’ai commencé le hand en 1975, on ne connaissait pas un jour de l’EDF, aucun matches ne passait sur aucune chaine, la ville où j’étais était loin du haut niveau..J’ai vu monter l’EDF, merci Daniel C, j’ai vu la progression des équipes de clubs, et aujourd’hui, j’imagine un retour en arrière…si Bein se désengage dans 2 ans, c’est fini !

Morcheeba
Morcheeba
1 mois il y a

La CNCG règne sur tout ceci…Ne vous inquiétez pas…Elle va pinailler pour 1000€ quand les clubs espagnols négocient 80.000€ à 100.000€ de manque à gagner et de découvert à la banque…Il faut tout simplement se dire qu’on ne vit pas dans le même monde que certaines autres équipes et qu’on ne joue donc pas dans la même cour. Il y a ceux qui font des exploits de temps en temps (dont on fait parti) et ceux qui gagnent régulièrement. Le problème c’est qu’on ne peut même pas choisir son camp puisqu’on nous dicte le fonctionnement. On ne cherche pas à faire un sport compétitif avec le reste de l’Europe, on veut faire un sport propre où les clubs finissent excédentaire. On veut donner l’exemple et être exemplaire…sauf qu’on ne gagne rien ou pas souvent. Les résultats de Metz et Dijon, même si je ne le souhaite pas, resteront des exploits du moment et il faut les savourer tel quel.

Dernière modification le 1 mois il y a par Morcheeba
drauglin
drauglin
1 mois il y a

Le foot écrase tout… et pour pour ceux qui n’aiment pas trop ce sport, en France, on a le rugby et les allemands, le handball.
Ils ont de vraies belles salles, quand nous, ça commence timidement (Chartres, Saran, Caen qui intègrent la molly daikin starlidl ligue camembert).

Et le hand reste quand même mine de rien encore amateur… si je parle de ma région natale, le seul club pro, c’est Sarrebourg. Nancy a coulé, Metz est en N1 depuis 25 ans. Et Sarrebourg, sans leur jeter la pierre, c’est un petit bassin de population, et une salle en rapport. A part Mirabelle TV, je vois mal un groupe audiovisuel être très motivé par la diffusion de Sarrebourg-Saintes dans un cadre aussi rustique.

Ensuite, trop de club pro en région parisienne : Tremblay, PSG, ivry, creteil, massy, elite val d’oise, pontault combault…. ca fait beaucoup. Là encore, très peu de belles salles (Massy est le truc ultime dans la salle qui ne ressemble à rien), et un presse régionale qui ne couvre aucun match ou presque.

Quand Nancy existait, ils avaient 4 à 5 articles par semaine dans l’est républicain, des avant matchs, des compte rendus de match, des interviews, bref, on peut suivre son équipe, avoir des news etc… En région parisienne, il n’y a rien.

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