EDF (M) - U18
Une 7ème place pour les U18 français

Au terme de 12 jours de compétition, les Bleuets U18 terminent à une belle 7ème place à l'Euro. Un beau parcours pour la première des jeunes de Franck Prouff, porteur d'espoirs pour la suite.
Après leur élimination en quarts de finale contre l'Espagne, les Bleuets avaient deux matchs de classement à disputer, dont un premier contre l'Islande.
Ces Islandais n'étaient pas à sous-estimer et pourraient être l'une des meilleures générations du pays de moins de 400 000 habitants. Avec un parcours quasi sans faute jusqu'ici, les Scandinaves avaient emporté très haut la main toutes leurs rencontres, y compris contre les gros morceaux du tournoi. +13 contre les Hongrois, +8 contre les Croates, +12 contre les Portuguais, ... les partenaires de l'impressionnant demi-centre Freyr Aronsson de Haukar (7 buts/match de moyenne sur le tournoi) ont pourtant buté sur l'Allemagne, futur champion, en quarts (33-31). Une défaite pourtant à mettre en bonne partie sur un malheureux concours de circonstance avec les cartons rouges, avant la pause, du demi-centre Aronsson et du pivot et défenseur Logi Finsson.
Les Français terminent sur une bonne note contre les Croates
Aussi, malgré des Islandais talentueux et revanchards, les hommes de Franck Prouff auront très bien relevé la tête en parvenant à prendre le match en main lors du second acte (20-17, 30' ; 28-27, 43' ; 30-33, 53'). L'attaque tricolore, plus prolifique que sur ses précédentes rencontres, était particulièrement portée par l'arrière droit de Cherbourg Isaac Saillard (7 buts, MVP français du match) ou par un autre normand, l'arrière gauche de Vernon Jacques-Belint Siwe (5 buts). Pourtant, les Bleuets seront retombés dans un de leurs travers, déjà criant sur les deux précédentes rencontres : la gestion du money time. Malgré leurs trois buts d'avance à 7 minutes du terme, les Français perdent totalement leur handball dans les derniers instants, subissant les assauts de l'arrière gauche Gunnar Róbertsson (9 buts) qui retournera la rencontre à l'avantage des siens, infligeant un 7-1 en 7 minutes (37-34).
Confrontés à la Croatie pour l'ultime rencontre pour la 7ème place, les Français réaliseront une prestation aboutie, toujours porté par un Isaac Saillard auteur d'une très belle compétition (8 buts, MVP), mais également un Zachary Dermigny efficace tant sur son aile droite qu'aux 7 mètres. Construisant une avance solide dans le second acte, les Bleuets gèrent bien le money-time pour faire gonfler leur avance et terminer leur Euro sur une bonne note (36-29).
Une 7ème place de bon augure
Si les supporters français ont pu s'habituer à voir le drapeau tricolore s'afficher dans le carré final et peinent à se satisfaire d'une 7ème place, on ne peut que souligner la belle performance au regard des générations qui ont précédé ces 2008-2009. Pour un Euro U18, premier tournoi international des catégories jeunes, les précédents porteurs du maillot bleu avaient atteint terminé 10èmes en 2021, 11èmes en 2022, 12èmes en 2024. Il faut remonter jusqu'en 2018 pour trouver une 7ème place, qui faisait suite à deux générations dorées ayant trouvé l'or : la génération d'Aymeric Minne, Dika Mem ou Ludovic Fabregas en 2014 puis celle de Kyllian Villeminot, Élohim Prandi ou Julien Bos en 2016.
Outre la 7ème place, les Tricolores auront montré dès leur premier tournoi un collectif qui connaît ses forces. La défense, en premier lieu, aura été l'une des réussites de la compétition avec des charnières centrales nombreuses et solides : Isaac Saillard et Jacques Siwe, évoqués plus haut, mais également le Chambérien Harold Metmer utilisé quasi exclusivement, et avec réussite, dans le secteur défensif, ou encore l'arrière gauche et capitaine Kélidjee Boisne-Noc. On saluera également l'apport défensif du Tremblaysien Mory Toure, essentiellement utilisé à l'aile droite mais qui se sera surtout montré en n°2 défensif comme une rotation précieuse. Derrière ces murs, le dernier rempart Célio Bertin s'est montré régulier durant la compétition et important dans les matchs décisifs. Derrière lui, Jean Baradat et Lonis Karcher, surclassé, se sont partagé le temps de jeu restant en tenant bien leur rôle.

En attaque, la base arrière aura témoigné de belles qualités et de quelques moments d'incertitudes. Le demi-centre de Vernon Felipe Garcia, principal meneur de jeu, se sera montré précieux dans le jeu offensif français par son intelligence de jeu, ses prises d'intervalle et son sang-froid. Derrière, les artilleurs Siwe à gauche et Saillard à droite auront fait jouer leurs qualités athlétiques et montré leurs capacités à aller au combat dans la défense comme au tir de loin, bien que quelques pertes de balle ou déchet au shoot aient pu parfois noircir le tableau. Le capitaine, Kélidjee Boisne-Noc, aura été plus qu'indispensable au relais de Siwe. Souvent introduit en attaque au quart d'heure de jeu par Franck Prouff, le futur Nîmois aura apporté du mouvement et de l'impact sur les défenses, permettant parfois de débloquer des situations. Son carton rouge en quarts de finale contre les Espagnols aura été plus que préjudiciable aux siens, tant en attaque qu'en défense, et imposant à Siwe d'assurer le poste durant la quasi-totalité de la rencontre. Enfin, le Montpelliérain Noé Calbry, moins utilisé, aura fait de très belles entrées tant dans l'animation offensive, ses qualités au shoot mais également son efficacité aux jets de 7 mètres. L'arrière droit Émilien Montauban, en formation au Paris Saint-Germain, n'aura pas été le plus en vue ou le plus buteur mais aura réalisé des entrées propres permettant la fluidité du jeu collectif.
Une base avant fiable
Enfin, sur la base avant, le pivot de Créteil Ougninsa Aletcheredji aura brillé durant deux semaines. Il est probablement l'un des joueurs avec le plus de temps de jeu au sein de l'attaque française et a su élever son niveau de jeu avec ses meilleures prestations contre la Slovénie, l'Allemagne et l'Espagne (5, 5 et 6 buts). Avec une moyenne de 3,3 buts par match, il a souvent représenté une solution lorsque ses arrières en manquaient, en pivot mobile et adroit dans ses réceptions et ses shoots. Derrière, le Nîmois Jordan Fluet et le Chambérien Nathan Brunon auront essentiellement été utilisés dans le secteur défensif. Enfin, les ailiers gauches Alsaciens Lucas Vaillant (Sélestat) et Edgar Laforce (Plobsheim) auront proposé un binôme équilibré et fiable. Sans prétendre à rivaliser avec leur prédecesseur sur le poste Yoni Peyrabout, les deux ailiers auront fait le taff durant le tournoi. L'autre aile comptait un duo moins équilibré, le Toulousain Zachary Dermigny ayant brillé durant tout le tournoi à son aile ou pour tirer les jets de 7 mètres. Avec 31 buts (3,9 par match), il termine second marqueur français derrière Isaac Saillard (45 buts, 5,6 par match). Deuxième rotation sur le poste, le joueur de Bois-Colombes Raphaël Mani aura été peu utilisé.
En somme, ces Bleuets ont de bonnes bases et une marge de progression. Améliorer la gestion des money-time, limiter les erreurs techniques, consolider certains postes en se donnant de l'air avec quelques rotations supplémentaires, ... Forts de cette expérience européenne, Franck Prouff et sa bande disposent d'un an de travail, de réglages et d'élargissement du groupe pour continuer la formation des joueurs et la progression du collectif. Objectif : revenir plus forts l'été prochain, déterminés, pour améliorer leur résultat lors du Mondial U19 et peut-être essayer de viser, une nouvelle fois, une place dans le dernier carré.
Antoine Piollat