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Euro U18 (M)

Un haut de tableau très ouvert chez les 2008-2009

, par Zorman

Slovénie U18 (credits EHF Maja Nastic - RSS)

Au terme du premier tournoi majeur de la génération 2008-2009, l'Allemagne, la Slovénie et le Danemark ont mis les pieds sur le podium. Pour autant, cet Euro U18 a témoigné d'un Top6 relativement équilibré, dans lequel la France devra trouver sa place lors des prochaines compétitions. 

Comme nous l'écrivions en début de tournoi, un Euro U18 a toujours pour particularités de révéler au monde du handball l'état des rapports de forces d'une nouvelle génération qui vit ainsi son premier grand tournoi international.

Ce constat est un tout petit peu moins vrai cet été, avec un premier Mondial U17 organisé par l'IHF en novembre dernier. Toutefois, avec seulement deux équipes européennes en lice (l'Espagne et l'Allemagne), cette première édition n'aura pas donné trop d'indications pour l'Euro. À une exception néanmoins : l'Allemagne, déjà dorée au Mondial U17, sera parvenu à conserver l'or à l'Euro au terme d'un parcours semé d'embuches. Un point perdu en poules contre la Serbie, deux défaites lors du tour principal (contre la Slovénie et la France) qui manquent de l'éliminer, une victoire au scénario improbable contre une Islande qui semblait imprenable en quarts (2 cartons rouges contre des joueurs majeurs des Scandinaves dans le premier acte), puis un dernier carré parfaitement géré jusqu'à une revanche flamboyante contre les Slovènes en finale (36-27).

Des talents à chaque poste en Allemagne

Malgré l'absence de l'arrière  gauche de Berlin Leo Nowak, meilleur buteur des siens l'été dernier, la Mannschaft aura pu construire quelques certitudes avec un large effectif mobilisé. Sur la base arrière, Lenn Strobel a parfaitement imprimé sa marque à la mène, comptant sur de nombreux arrières de talent. À droite, si Toma Gadza de Hamburg a été le principal buteur du tour principal, Julius Pöthke (Hannovre) se sera montré comme étant bien plus qu'une doublure avec 8 buts en demi-finales. À gauche, Tim Bennet Thielicke aura été fiable de bout en bout du tournoi, mais c'est le Kieler Julius Eisend qui aura le plus brillé, terminant dans l'équipe-type du tournoi. L'arrière n'aura pas particulièrement dominé le classement des buteurs (3,5 buts/match, 4ème buteur allemand) mais se sera démarqué par un jeu propre et de belles qualités défensives, notamment - comme l'ont vu les Français - dans un rôle plus original pour son gabarit, à la pointe d'une défense avancée. Enfin, la base avant aura été particulièrement impressionnante avec les deux meilleurs buteurs de l'équipe : le pivot de Magdeburg Malte Martin Elze, désigné meilleur à son poste sur le tournoi, et l'ailier droit de Kiel et tireur de pénaltys Vincent Faciejew (5,4 buts/match). Dans les cages, si la prise de statistiques aléatoire par l'EHF sur le tournoi ne nous permettent pas de rendre un juste hommage au portier de Gummersbach Tjorven Knackstedt, on soulignera que le meilleur gardien du tournoi aura pleinement posé sa patte sur cet équipe, devant les deux joueurs présents au Mondial U17.

Privée d'Anzic, la Slovénie dévoile Podvrsic

Argentée, la Slovénie aura réalisé un parcours exceptionnel et confirme le très bel été de la nation des Balkans après le bronze à l'Euro U20. Surtout, la superstar Aljuš Anžič qui a brillé avec la génération du dessus jusqu'à finir dans l'équipe-type du tournoi pour le second été consécutif, n'était pas de l'aventure avec sa génération U18. Malgré cette absence de poids, les Slovènes ont su sortir de leur chapeau l'arrière droit Jaka Podvrsic, MVP du tournoi, qui se sera montré dès le début de la compétition puis sur les matchs les plus décisifs : 10 buts lors du quart de finale compliqué contre les Hongrois et 5 buts et MVP lors de la finale. L'arrière droit, qui rêve de jouer aux Rhein-Neckar Löwen et compte Andy Schmid ou Blaz Janc parmi ses modèles, a signé au RD Slovan, club de la capitale et nouvelle place forte du handball du pays. Prêté à Škofljica la saison prochaine, club de bas de tableau slovène, il cherchera à surnager pour confirmer les espoirs placés en lui et arriver sur la scène européenne la saison suivante. Il n'aura pas été seul chez les Slovènes à briller : l'ailier droit de Riko Ribnica Maks Ilc termine également dans l'équipe-type, de même que défenseur Tjas Erculj. Derrière, le gardien Mai Miklavcic aura été particulièrement précieux tout au long du tournoi, terminant MVP contre les Bleuets et lors de la demi-finale où il avait écoeuré les Danois.

Jaka Podvrsic, Slovénie U18 (credits EHF Lucija Begenisic - RSS)

Bak & Møller portent le Danemark

Le Danemark, justement, finit à une belle 3ème place. Si les ténors de Scandinavie sont habitués des derniers carrés de compétitions jeunes, l'effectif de la génération 2008-2009 pourrait être légèrement moins complet que les précédentes cuvées. Toutefois, il repose notamment sur 3 individualités particulièrement exceptionnelles et qui pourraient être promises à une belle carrière en club. Tout d'abord le demi-centre Emil Kvistgaard Bak : éblouissant les supporters par sa large palette de shoots, le joueur de GOG terminera 6ème meilleur buteur (7,3 buts/match) du tournoi et dans l'équipe-type. Son partenaire en club Theodor Klarskov Knudsen, demi-centre, n'aura pas été mal non, les deux partenaires portant sur leurs épaules le jeu offensif danois. Dans les cages, Kalle Nissen Møller aurait eu toutes les raisons de ravir à l'Allemagne le poste de meilleur gardien du tournoi. Si le joueur de Fredericia n'aura pas reçu cette récompense, il peut néanmoins se satisfaire d'être très rarement descendu en-dessous des 40 % d'arrêts : une prouesse de régularité sur un premier tournoi jeunes.

Derrière, nous avions déjà eu l'occasion de présenter brièvement l'Espagne, détentrice de la médaille en chocolat cet été. Le principal atout à retenir pour les Hispaniques est l'énorme tournoi de l'arrière droit de Barcelone Adrian Sola Basterra. Meilleur à son poste sur le tournoi, il aura été désigné meilleur Espagnol du match dans la moitié des rencontres et marqué plus de 8 buts par match en moyenne. La base avant aura été sponsorisée par Anaitasuna avec les ailiers Xabier Istúriz Fernández à gauche et Adrian Glaria Sanz à droite, qui auront été efficaces de bout en bout, comme le pivot d'Anaitasuna Iu Carballar Foixench, deuxième meilleur buteur des siens (3 buts/match). Entre les poteaux, le binôme entre Albert Quesada Quesada (Barcelone) et Rubén Cardenosa Lopez (Ciudad Real), installé depuis 2 ans, a été une nouvelle fois équilibré et précieux pour la défense.

L'Islande et la Hongrie, grands prétendants aux prochains Final4

En 5èmes et 6èmes places se trouvent l'Islande et la Hongrie. Si nous avons évoqué plus haut le contexte douloureux de l'élimination islandaise en quarts contre le futur champion d'Europe, les Scandinaves avaient jusqu'ici un parcours impeccable. +13 contre les Hongrois, +8 contre les Croates, +12 contre les Portuguais, ... l'Islande s'affichait comme un prétendant plus que sérieux aux toutes premières places. Si l'ailier gauche de Fram Alex Unnar Hallgrimsson (4,4 buts/match) s'est fait une place dans la All-star Team, c'est la base arrière qui a particulièrement détonné durant le tournoi. En demi-centre, on trouve Freyr Aronsson, 7 buts/match et un rôle central dans l'ensemble du parcours de son équipe : un joueur qu'il ne serait pas impossible de retrouver MVP d'un tournoi si les siens trouvent le chemin de la finale. D'autant qu'à sa gauche, les arrières Gunnar Róbertsson (5,5 buts/match) et Ómar Darri Sigurgeirsson (4 buts/match) apportent une puissance de feu significative, empêchant les défenses de ne cibler qu'un seul tireur. On notera enfin le très beau tournoi de la doublure d'Aronsson, le demi-centre surclassé Brynjar Narfi Arndal qui aura fait plus que de la figuration en terminant 5ème meilleur buteur de son équipe (3,5 buts/match).

Alex Gunnar Hallgrímsson, Islande U18 (credits EHF - Dragana Stjepanovic)

Si leurs aînés ont atteint l'or pour leur troisième tournoi à l'Euro U20, la Hongrie version 2008-2009 ne manque pas non plus d'atouts. Défaits deux fois par l'Islande et une fois par le finaliste slovène, les Magyars ont néanmoins mis en lumière de très bons joueurs qui seront à suivre de près les prochains étés. Les deux arrières, surtout, auront montré leurs qualités de buteur : Bence Ambrus (Balatonfüredi) à droite avec 6,9 buts par match et Zalán Juhász-Tóth (équipes jeunes de Veszprem) à gauche avec 5,5 buts/match.

Dans le reste du Top8, si nous avons déjà évoqué le bilan des Bleuets, la Croatie semble un ton en dessous des compétiteurs listés plus haut. Après deux victoires contre Israël et le Portugal, les Croates ont enchaîné 6 défaites, souvent larges, contre les équipes mieux classées qu'eux.

Hors du Top8 : les Tops et Flops

En dehors du Top8, on reviendra principalement, au rang des déceptions, sur la Suède (13ème) et le Portugal (12ème). Si les générations qui les ont précédés ont su ajouter plusieurs médailles à leur palmarès national, l'édition 2008-2009 apparaît plus faible. Notamment pour les Scandinaves qui auront éprouvé quelques difficultés dans leurs matchs de classement, ne gagnant que d'un but contre les Féroïens et les Serbes. Leur défense n'apparaît pas encore bien réglée et tous leurs adversaires (exceptée l'Italie) leur auront infligé plus de 30 buts. On retiendra l'arrière droit Hannes Carlsson (7,1 buts/match) de Lugi et le demi-centre d'Ystads Gustav Mundt (3,8 buts/match). Les Portugais sont également apparus en difficulté mais comptaient un absent de taille : l'arrière gauche Miguel Mendes, surclassé avec la brillante génération précédente auquel il s'était fait une place parmi les meilleurs buteurs. Pour autant, les Lusitans ont été fidèles à leur réputation et déniché un impressionnant arrière à surclasser. Après Martim puis Francisco Costa, après João Lourenço ou Rafael Vasconcelos sur la génération précédente, c'est le demi-centre Nuno Marques qui est sorti du chapeau. À 16 ans, le joueur d'Águas Santas aura détonné sur les terrains en terminant 6ème meilleur buteur de l'Euro (7,3 buts par match), terminant meilleur Portugais lors de 3 rencontres, dont celle contre la Hongrie et le match décisif en classement contre la Macédoine du Nord.

C'est justement la Macédoine du Nord (9ème) et Israël (10èmes) qui sont arrivés aux portes du Top8. Les premiers ont montré une progression au fil du tournoi avec un collectif équilibré, dont certains joueurs avaient été surclassés par le passé, tandis que les seconds ont usé Yonathan Pelach jusqu'à la moelle. Le meilleur buteur du tournoi  a affolé tous les records (12 buts / match) avec pas moins de 5 matchs à 14 buts ou plus.

Nuno Sousa Marques, Portugal U18 (credits EHF - Lucija Bregenisic)

Parmi les autres belles surprises individuelles, on ne sera pas passés à côté du renouveau des Îles Féroé (16èmes) avec un nom de famille bien connu : le demi-centre Boas Ellefsen á Skipagøtu, qui évolue encore au pays, est le 2ème monstre du tournoi derrière l'Israëlien Pelach avec 11,8 buts/match. À ses côtés, il a pu compter sur un arrière droit dont on entendra parler pendant plusieurs années : Jónas Fossabrúgv, à 16 ans, aura été le deuxième buteur des siens avec plus de 4 buts par match. La Pologne (15ème), souvent discrète voire absente des tournois ces dernières années aura montré quelques belles notes : les ailiers gauche Kamil Skiba (6 buts/match) et droit Aleks Kruszelnicki (5,5 buts/match), ainsi que l'arrière gauche de Kielce Mateusz Tkaczyk (5 buts/match) ressemblent à une ossature sérieuse pour construire quelque chose avec cette génération. À la 17ème place, la Suisse a révélé d'excellents joueurs avec le troisième buteur du tournoi, le demi-centre Janis Thomann (8,5 buts/match, dont 18/21 lors du dernier match de classement face à la Norvège), et l'ailier gauche Ben Zimmermann (6,5 buts/match).

Pour en finir sur les profondeurs du classement, l'arrière gauche slovaque du Tatran Presov Jakub Valent, MVP du tournoi Méditérannéen qui l'avait notamment opposé à l'Espagne, la Serbie, l'Égypte ou la Croatie en avril dernier, a confirmé qu'il était un cran au-dessus de son équipe (8 buts/match). Même sentiment côté tchèque avec la révélation de l'arrière gauche Matej Štochl, meilleur buteur des siens avec notamment 29 buts sur les trois seuls matchs de classement.

Le classement final

1. Allemagne

2. Slovénie 3. Danemark 4. Espagne 5. Islande 6. Hongrie 7. France 8. Croatie 9. Macédoine du Nord 10. Israël 11. Autriche 12. Portugal 13. Suède 14. Serbie 15. Îles Féroé 16. Pologne 17. Suisse 18. Norvège 19. Slovaquie 20. Finlande 21. République tchèque 22. Italie 23. Monténégro 24. Turquie

Antoine Piollat

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