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Euro U20 (M)

Les joueurs à suivre (1/2)

, par Zorman

Yoni Peyrabout, France U19 (crédits FFHandball – IconSport)

À trois jours du début de l'Euro U20, Handnews revient sur le format de la compétition et les joueurs à suivre chez les différentes formations avec lesquelles les Bleuets pourront croiser le fer.

12èmes à l'Euro U18 2024, 9èmes au Mondial U19 l'été dernier, la première génération de Bleuets coachée par Jérémy Roussel & Guilaume Joli cherchera à trouver le chemin du top8. Un chemin qui s'annonce déjà marqué par un affrontement avec l'Allemagne, qui avait écourté l'aventure française en 2024 et en 2025, mais la formule du tournoi apparaît cette année plus favorable aux partenaires de Yoni Peyrabout.

La formule du tournoi

Le tour préliminaire

Les 24 équipes (la Roumanie, pays-hôte, les 20 premiers de l'Euro U18 2024 et les trois premiers de l'Euro B U18 2024) sont réparties en 6 poules de 4 équipes pour le tour préliminaire.

Au terme du tour préliminaire, les 2 premières équipes de chaque groupe sont qualifiées pour le tour principal. Une formule potentiellement plus ouverte que celle de 2024 qui prévoyait qu'une seconde place en tour préliminaire empêchait dès ce stade l'accès aux 8 premières places.

Le tour principal

Les deux premiers du groupe A et du groupe B forment le groupe I du tour principal, et ainsi de suite pour les groupes C-D et E-F. Les autres formations arrivées 3e et 4e lors du tour principal forment des groupes de la même façon et jouent un tour intermédiaire sous le même format.

Lors du tour principal, chaque équipe conserve les points pris face à l'équipe avec laquelle elle s'est qualifiée et affronte les deux autres formations du groupe. Le classement au terme du tour intermédiaire se fait au nombre de points. En cas d'égalité entre deux équipes, les règles de goal average particulier s'appliquent (nombre de points pris dans les matchs entre les équipes concernées, à défaut la différence de buts lors de ces matchs, ou le plus grand nombre de buts).

Les matchs à élimination directe

La nouveauté réglementaire se trouve sur l'étape suivante, entre les tours principal et intermédiaire et les matchs à élimination directe.

Le tableau final des matchs à élimination directe se construit sur la base d'un classement comparatif entre les différents groupes. Aussi, parmi les 12 équipes du tour principal, huit joueront les quarts de finales :

  • Le meilleur 1er affronte le second meilleur 3e
  • Le second meilleur 1er affronte le meilleur 3e
  • Le troisième meilleur 1er affronte le troisième meilleur 2nd
  • Le meilleur 2nd affronte le second meilleur 2nd

Ce classement inter-groupes du tour principal permettant de désigner les meilleurs ou moins bons à chaque rang se fonde, dans l'ordre de priorité, sur :

1./ le plus haut nombre de points acquis au terme du tour principal ;

2./ le goal average général le plus important ;

3./ le plus grand nombre de buts marqués.

Selon le même modèle, le moins bon 3e et les 4èmes du tour principal affrontent les premiers et le meilleur second du tour intermédiaire dans des matchs à élimination directe pour les places 9 à 16.

Les autres seconds, troisièmes et quatrièmes du tour intermédiaire s'affrontent également pour des matchs de placement des places 17 à 24.

Groupe A : un duel portugais à ne pas rater pour les Bleuets

France

C'est dans le groupe A que débuteront les Bleuets, face à des adversaires plus que coriaces, parmi lesquels l'Allemagne, championne du monde U19 l'été dernier, et la piégeuse équipe du Portugal.

La France s'avancera dans ce groupe avec un effectif largement remanié : seuls 7 joueurs étaient de l'aventure l'été dernier. Si le serial-buteur nantais Yoni Peyrabout (8 buts par match à l'Euro U18 2024) sera de nouveau dans le bus - ainsi que les portiers Timothée Riss (Dunkerque) et Wilson Schultz (Aix), efficaces l'été dernier -, bien d'autres cadres sortent de l'effectif. C'est le cas de l'arrière gauche Léo Gendronneau, du demi-centre Mathis Burdet ou encore de l'ailier droit Gustave Deloye, titulaires indiscutables lors des deux précédents tournois estivaux. D'autres absences sont également à déplorer : les arrières gauchers Tristan Gourguechon (Dunkerque) et Bastien Lafosse (Nîmes) et l'ailier droit Mathis Barelle (Tremblay) loupent également l'échéance pour cause de blessures. Enfin, le pivot et ex-capitaine Simon Rebel donne son brassard au défenseur sarannais Salomon Sonko-Bazin.

Thomas OMEYER (Paris PSG) - Crédit : Maréva Fontaine

Ces larges remaniements, préparés durant l'année par plusieurs stages et tournois - dont le Tiby - laisse place à de nouvelles têtes dont beaucoup de talents aux profils divers. Si l'aile gauche apparaît solidement cadenassée par Peyrabout et sa doublure limougeaude Noé Thuillier, la base arrière devrait disposer de multiples cordes à son arc. Outre le demi-centre cessonnais Alexandre Baradat - efficace l'été dernier - et le gauche Samuel Dupuy, Jérémy Roussel et Guillaume Joli pourront compter sur la force de frappe du Sarannais Kenissa Triau-Betare à gauche ou de Thomas Omeyer (neveu du gardien tricolore et passé par Sélestat puis le PSG) au centre. Le côté droit, toujours en quête d'un taulier, verra les arrivées d'Antoine Curcio - Raphaëlois qui compte déjà une expérience en sélection et y a montré des qualités au shoot - et du Cristolien Tiago Martiano-Kremer.

Enfin, les pivots se renouvellent également avec la sélection du Chambérien Victor Gildas - en vue lors de la préparation - et du Sarannais Vincent Gress-Hayet, qui viennent épauler Cyprien Sol (Toulouse) et le capitaine Sonko-Bazin (Saran).

Aussi, cette armada a pu construire son collectif ces derniers mois, affinant le groupe définitif ces dernières semaines et réalisant ses premiers tours de piste. Rendez-vous traditionnel, l'Airport Trophy a été l'occasion de dérouler lors d'une large victoire face à la Suisse (21-31), de se frotter à plus fort lors d'une défaite contre l'Allemagne (28-21) et de passer à deux doigts d'accrocher l'Espagne, finaliste du dernier mondial U19 (30-31). "On n’accorde que très peu d’importance au résultat brut, même si on n’aime pas perdre, explique Guillaume Joli sur le site de la fédération. Ce que je retiens de ce tournoi, c’est qu’on a pu voir de très bonnes choses, qu’on a pu proposer beaucoup de variété dans le jeu. Mais aussi qu’on a encore besoin de réglages car, sur certaines situations, on fait encore des erreurs presque trop grosses pour être vraies." Reste un dernier match-test contre l'équipe hôte roumaine, avant le coup d'envoi du tournoi contre l'Allemagne, mercredi à 16 heures.

Outre la Grèce, qui semble un cran en-dessous parmi les formations du groupe, les Bleuets devront impérativement prendre des points contre l'Allemagne ou le Portugal pour atteindre les deux premières places du groupe, synonyme de qualification au tour principal.

Allemagne

Sans nul doute, la Mannschaft fait partie des favoris du tournoi avec la Suède, l'Espagne ou le Danemark. Classés 5èmes à l'Euro U18 avec un effectif bien différent, l'équipe allemande dorée au Mondial U19 l'été dernier est largement reconduite pour cette aventure européenne.

Si elle présente du danger à tous les postes, on soulignera la prédominance dans le jeu du demi-centre de Kiel Rasmus Ankermann. Troisième meilleur buteur des siens l'an passé, le jeune meneur de jeu s'est surtout révélé cette saison avec les Zèbres où il a pleinement trouvé sa place dans le collectif multiple champion d'Allemagne, notamment en Ligue européenne (45 buts).

Et si ses arrières devraient, cet été encore, faire le boulot (on pense à William Reichardt à gauche et Noah Hensen de Magdeburg ou Leonard Zink de Hannovre à droite), la base avant ne sera pas en reste. L'ailier gauche Jan Grüner, formé à Berlin, est le serial-buteur de l'équipe sur ces compétitions U18 et U19. Aussi, le poste de pivot fait sans doute partie des plus solides de cette génération 2006-2007 avec le joueur de Balingen Bennet Strobel, désigné meilleur à son poste à l'Euro U18 2024 et celui de Berlin Tim Schröder, désigné quant à lui lors du Mondial U19 2025.

Et pour en finir avec les distinctions individuelles, le gardien Finn Knack, formé à Hambourg mais évoluant à Essen cette saison, a également été nommé dans l'équipe-type l'été dernier, terminant second gardien du tournoi tant au nombre d'arrêts qu'au pourcentage de parades.

Alors que les Bleuets ont, ces deux dernières années, vécu une première mi-temps catastrophique face à leurs adversaires d'Outre-Rhin, les premières minutes de ce premier match du tournoi s'annoncent difficiles mais décisives pour la suite de la compétition.

Rasmus Ankermann, Allemagne U19 (crédits Kolektiff - IHF)

Portugal

Cette sélection 2006-2007 du Portugal présente des joueurs qui devraient compter à l'avenir mais n'a pas su, pour l'instant, réaliser d'excellents résultats collectivement. Après une belle 7ème place à l'Euro U18 2024, les lusitaniens ont fini 17èmes au Mondial l'été dernier.

Parmi ses principales forces, on notera en premier lieu l'arrière gauche João Bandeira Lourenço. Évoluant en Espagne depuis deux saisons (Benidorm), le puissant arrière gauche a également été surclassé chez les 2004-2005 où il s'était montré plus que précieux (3ème buteur de son équipe au Mondial U21 2025, où le Portugal décrochait l'argent). Avec sa catégorie, il terminait le même été meilleur buteur des siens et 4ème du tournoi (8,5 buts par match). Avec le même parcours, Rafael Vasconcelos sera aussi l'un des tauliers à suivre sur le côté droit de la base arrière, tandis que le demi-centre Tiago Sousa, moins surclassé que les deux autres, a montré sa prédominance l'été dernier en terminant meilleur buteur des siens et troisième meilleur passeur du tournoi.

Autre curiosité : on notera la présence de Séraphin Marie, joueur formé au Paris Saint-Germain, pour seul joueur surclassé dans la liste des 35 déposée par le Portugal. Reste à voir s'il sera aligné en Roumanie et s'il trouvera l'espace pour se révéler.

Grèce

Qu'attendre de cette équipe de Grèce, aux côtés d'habitués des joutes européennes ? 20ème sur 24 il y a deux ans, non-qualifiée au Mondial, la Grèce cherchera sans doute dans ce tournoi à éviter les 4 dernières places synonymes de non-qualification pour la génération suivante.

Parmi ses forces, la vigilance sera à porter du côté du demi-centre Fotios Tsioumas (7 buts par match il y a deux ans) ou du côté de l'ailier gauche d'Aix-en-Provence Alexiou Stavros (5 buts par match en 2024).

Groupe B : une voie toute tracée pour la Serbie ?

Serbie

Cette génération serbe est probablement l'une des plus solide de ces dernières années. Privée cet été de Djordje Drasko, l'un de ses serial-buteurs, la formation des Balkans pourra toutefois compter sur Ognjen Cenic, demi-centre du RK Nexe, très à l'aise face à la cage lors des deux derniers tournois estivaux (respectivement 7 et 6,5 buts par match).

L'arrière droit du Partizan Belgrade Uroš Stanković ou le pivot de Vojvodina Andrija Stankov pourront également compter pour cette équipe qui, après une 6ème et une 10ème place, cherchera à créer la surprise vers le dernier carré.

Suisse

Dans un groupe ouvert, la Suisse a toutes ses chances de se qualifier vers le tour principal si elle assure face à la Turquie et aux Îles Féroés. Dans cette optique, avec un effectif un petit peu moins fourni que la génération précédente, les Helvètes auront pour fers de lance face à la cage l'ailier gauche de Winterthur Niclas Mierzwa, meilleur buteur des siens ces deux derniers étés, mais aussi le demi-centre Tiago Cuencas. Également à Winthertur, le mener de jeu avait été surclassé l'été dernier et avait terminé 3ème buteur suisse. Son apport sera déterminant tandis que deux autres joueurs surclassés devraient également être en vue : l'arrière droit Quentin Fuchs et le portier Lino Schneider, tous deux nés en 2008 et tous deux efficaces lors de précédents tournois de la génération 2006-2007.

Aussi, une qualification au tour principal mettrait la Suisse sur les bons rails pour faire mieux qu'une 11ème place, acquise à l'Euro U18 comme au Mondial U19.

Îles Féroé

Après les générations des Elias Ellefsen a Skipagotu, Oli Mittun ou Isak Vedelsbol - et avant la génération des petits frères ou neveux de ceux-ci - la génération 2006-2007 des Îles Féroé peine à tenir la concurrence face à ses aînés. 15èmes en 2024, 19èmes en 2026, les Scandinaves tâcheront de faire valoir leurs forces cet été : un jeu collectif et vite porté vers l'avant. À ce jeu, l'ailier gauche Jákup Egholm, de toutes les campagnes avec les générations du dessus et arrivé cette saison au Danemark à Ringsted, devrait cet été encore prouver sa fiabilité face aux gardiens.

L'autre espace à suivre sera côté droit avec l'arrière Pauli Rasmussen qui se distinguait lors des précédents tournois par la justesse de son jeu et sa capacité à débloquer des solutions (3ème meilleur buteur des siens l'été passé). Enfin, l'ailier droit de GOG Magnus Árason sera également attendu pour convertir les bons décalages de son arrière.

Pauli Rasmussen, Îles Féroé U19 (crédits Kolektiff - IHF)

Turquie

Ce sera leur premier tournoi dans la lumière : après une médaille de bronze à l'Euro B U18 il y a deux ans, la Turquie a l'occasion de se frotter aux meilleures nations de sa génération.

Dans cette poule ouverte, les Turcs chercheront à faire plus que de la figuration avec des joueurs de grande qualité. Deux en particulier devraient être au coeur du système offensif : l'arrière gauche Sadik Emre Herseklioglu, à Lemgo depuis deux saisons, et son pivot Kayra Mete. Tous deux avaient terminé dans l'équipe-type de l'Euro B U18 en 2024, le premier s'étant plus particulièrement distingué en terminant également meilleur buteur, mais également meilleur à son poste et meilleur buteur de l'Euro B U20 où il avait été surclassé.

Groupe C : l'Espagne et l'Islande à priori sans contradicteurs

Islande

Après une 4ème et une 6ème place, l'Islande arrive à l'Euro déterminée mais privée de l'un de ses meilleurs éléments : le demi-centre Dagur Árni Heimisson. Elle garde néanmoins de nombreux joueurs de grand talents comme l'arrière droit Ágúst Guðmundsson (environ 6,5 buts par match en 2024 et 2025), le demi-centre Garðar Ingi Sindrason - courtisé par plusieurs clubs danois et allemands - ou ses pivots Stefán Magni Hjartarson ou Jens Bragi Bergþórsson qui terminent de nombre des actions offensives islandaises.

Espagne

Derrière, c'est l'Espagne qui viendra disputer la première place. 8èmes en 2024, les Espagnols sont allés décrocher la médaille d'argent l'été dernier et comptent bien s'inscrire durablement dans le haut de tableau de leur génération. Comptant sur le MVP 2025 Marcos Fis Ballester - également en vue avec les A en janvier dernier - la Rioja pourra s'appuyer sur un collectif équilibré, parmi lesquels on n'oubliera pas de citer : l'ailier gauche d'Ademar Leon Sergio Sánchez Vidan - meilleur à son poste et meilleur intercepteur l'été dernier -, Quim Rocas Pérez - demi-centre barcelonnais de l'équipe depuis ses débuts - ou Miguel Ángel Martín Duque, troisième meilleur buteur espagnol depuis son poste d'arrière droit l'été dernier.

Autriche

16èmes en 2024, 15èmes en 2025, les Autrichiens chercheront à améliorer leur classement cet été. Bien alimentés par leurs prolifiques arrières droitiers - Lukas Fritsch (Alpa Hard), Tilens Pausits (Förthof Krems), Emanuel Tikvić ou Maximilian Danhel (Fivers) -, les Germanophones pourront difficilement espérer se qualifier au tour principal mais chercheront à bien se placer lors du tour intermédiaire pour viser les places 9 à 16. Aussi, on s'intéressera surtout à l'avenir en scrutant les performances du portier de Fivers Sergej Novaković, surclassé pour la troisième compétition consécutive. L'année passée, il avait réalisé 7 parades par match à 32 % d'arrêts, le classant 7ème du tournoi en termes de pourcentage.

Lettonie

Deuxième de l'Euro B U18 il y a deux ans, la Lettonie a, comme la Turquie, des atouts à faire valoir.

Mais, dans une poule bien plus dense que celle des Turcs, les Lettons auront fort à faire et chercheront l'exploit contre l'Autriche lors du tour préliminaire. Pour cela, le joueur à suivre de près pourrait être l'arrière droit Valdis Kalnins meilleur à son poste lors de l'Euro B U18 comme U20 où il était surclassé. Si ce dernier évolue au pays, ce n'est pas le cas de certains de ses coéquipiers : le demi-centre Marks Lilienfelds et l'arrière gauche Leonards Valkovskis pourront montrer ce que donne la formation de Coburg, en 2. Bundesliga tandis que l'ailier droit Andis Bors - meilleur à son poste lors de l'Euro B U18 - s'est récemment expatrié en Espagne du côté de Villa de Aranda.

  Pour les trois autres groupes et douze autres équipes, article à venir.

Antoine Piollat

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