EdF (M) U18 - 1/4
L'Espagne sort les Français de la course aux médailles

Au terme d'un match fait de hauts et de bas, où le capitaine Kélidjee Boisne-Noc aura été définitivement exclu au quart d'heure de jeu, les Bleuets s'inclinent contre l'Espagne en quarts de finale (29-27). Les Français auront deux matchs de classement à jouer pour espérer décrocher une aussi belle 5ème place que leurs aînés des U20.
Pour son quart de finale face à une Espagne que les Bleuets connaissent, l'équipe de Franck Prouff s'avance avec un effectif relativement inchangé à l'exception du portier de Sélestat Lonis Karcher (né en 2010) qui revient en lieu et place de Jean Baradat, pas utilisé lors du tour principal.
Dès les premières minutes, le duel est à couteaux tirés face à des Espagnols plus que déterminés à sortir victorieux de leur premier match à élimination directe. C'est le Français Isaac Saillard qui ouvrira le score, avant que son homologue hispanique, la pépite barcelonnaise Adrian Sola Basterra ne rende la pareille pour lancer la rencontre. Durant le premier quart d'heure, les deux formations se tiendront dans un mouchoir de poche. Si la défense tricolore est plutôt bien en place autour du capitaine Kélidjee Boisne-Noc, de Jacques Siwe et Saillard, c'est comme souvent l'attaque qui manquera pour prendre les devants. Pourtant, avec une défense espagnole très mobile et agressive, des espaces sont laissés au pivot de Créteil Ougninsa Aletcheredji. Ses arrières lui porteront une grande attention mais perdront plusieurs ballons sur des passes forcées. Pire, lorsqu'il est trouvé, le pivot se cassera les dents sur un Albert Quesada Quesada bien rentré dans son match et intraitable de près, avec 3 échecs à 6 mètres dans les premiers instants (6-5, 12'). Fort heureusement, Célio Bertin est également sur la lignée de ses belles performances du tour principal et permet de limiter la casse en verrouillant la défense.
Boisne-Noc flanche et manquera aux siens
Pour autant, au quart d'heure de jeu, le capitaine Kélidjee Boisne-Noc va livrer plusieurs minutes plus que compliquées. Faisant son arrivée en attaque après 15 minutes de jeu au relais de Jacques Siwe - comme Franck Prouff le propose sur ces dernières rencontres -, l'arrière gauche perdra ses deux premiers ballons sur des courses ou passes hasardeuses et, sur sa défense suivante, se rendra coupable d'une grosse faute au visage sur l'arrière gaucher Arvid Perez Heselius, écopant immédiatement d'un carton rouge. Privés de leur capitaine, défenseur et arrière gauche, les Bleuets ne perdent pas leur sang-froid et le staff effectue ses changements. Noé Calbry fait son entrée au poste de demi-centre, rapidement suivi par Émilien Montauban au poste d'arrière droit. Tous deux apporteront un souffle positif avec un puissant shoot converti en but pour le premier et, pour le second, un pénalty & une exclusion provoquée dès sa première attaque (10-9, 23'). Des buts bienvenus alors que les Espagnols ont pris les rênes du match, bien portés par leur arrière droit Adrian Sola Basterra, déjà à 7 buts à la pause. Si Ougninsa Aletcheredji règle la mire et que les courses des ailiers ou de Montauban permettent des buts en contre-attaque ou d'obtenir des pénaltys, les Bleuets resteront malgré tout englués à un retard de 2 unités à la pause (15-13).

Le retour des vestiaires verra les premiers pas dans la rencontre de Lonis Korcher entre les poteaux français, qui sort le premier tir espagnols. Les Bleuets apportent du sérieux, Isaac Saillard plante une nouvelle fois le premier tir des siens et ce sera le pivot Aletcheredji qui, sur une récupération impressionnante par-dessus la zone, égalise enfin (16-16, 34'). Le soulagement ne sera néanmoins que de courte durée avant une situation de double infériorité française qui voit renaître l'écart subi à la pause (18-16, 37'). Mais alors que les Tricolores vont avoir, eux aussi, une superbe occasion de revenir avec également une situation de double supériorité numérique, l'ailier gauche espagnol Xabier Isturiz Fernandez va gâcher la fête. Depuis son aile ou par ses entrées en pivot, le jeune droitier trouvera des solutions individuelles pour alimenter l'attaque des siens durant les moments compliqués, scorant pas moins de 5 buts en l'espace de 5 minutes. Aussi, l'absence de Boisne-Noc limite les rotations sur la base arrière et le Chambérien Harold Metmer - surtout utilisé dans le secteur central défensif - perdra plusieurs ballons donnant des munitions à l'adversaire pour creuser l'avance, avec un 4-0 (20-19, 40' ; 24-19, 45').
Une remontada trop tardive pour les Français
Le temps mort de Franck Prouff conduit au retour dans les cages de Célio Bertin, Korcher s'étant fait fusiller durant un douloureux quart d'heure, et de Felipe Garcia à la mène. Jamais en manque de sang-froid avec ses appuis de feu, c'est le joueur de Vernon qui parviendra à mettre fin à 8 minutes de disette offensive (24-20, 48'), sans pour sauver les siens qui débutent le money time dans de bien mauvaises dispositions (25-20, 52'). Et malgré un bel arrêt sur pénalty de Bertin, les attaquants tricolores vont enchaîner les passes hasardeuses et autres pertes de balle, offrant sur un plateau d'argent la fin de la rencontre aux Espagnols (26-20, 54'). Le passage à 7 contre 6 acté par le temps mort Français va largement débloquer l'attaque française qui regagne en confiance au moment où les Ibériques ralentissent le rythme et font tourner l'effectif. Les pivots Jordan Fluet et l'inusable Ougninsa Aletcheredji s'en donnent à coeur joie : c'est le second - désigné meilleur Français du match - qui plantera le but ramenant les siens à -2, provoquant le temps mort espagnol (28-26, 58'). Jacques Siwe laissera tous les espoirs ouverts en ramenant les siens à 1 longueur grâce à un ballon récupéré mais, dans le chaos de la dernière possession espagnol, le bourreau des Français Sola Basterra met un terme aux débats par sa 12ème réalisation (29-27).
Éliminés, ces Bleuets peuvent légitimement sortir déçus d'une rencontre dans laquelle ils n'auront pas montré leur meilleur niveau avec de nombreux temps faibles et l'exclusion dommageable de leur capitaine. Et, à l'image de leurs aînés U20, éliminés en quarts de finale mais finalement 5èmes, les partenaires d'un Célio Bertin en larmes au coup de sifflet final pourront relever la tête pour jouer deux prochains matchs de classement. Objectif : terminer avec une 5ème place et revenir revanchards l'été prochain.
Antoine Piollat