EdF U20 (M)
Les Bleuets manquent l'exploit dans les derniers instants

Au terme d'un match de très grande qualité, les Bleuets pourront se mordre les doigts de cette défaite d'un but contre l'Allemagne (30-31). Pour autant, les hommes de Guillaume Joli ont placé la barre haute pour cette première contre le champion du monde en titre et peuvent nourrir des espoirs pour la suite du tournoi.
C'est le grand jour pour les Bleuets. Pour une majorité d'entre eux, le match du jour est le premier sur une compétition officielle. Et face à eux s'avance leur bourreau de ces deux derniers étés : l'Allemagne, championne du monde U19 en titre. Une équipe talentueuse à chaque poste, tandis que les Bleuets arrivent avec un effectif largement renouvelé.
Lors de l'Euro U18 comme du Mondial U19, les matchs entre les Bleuets et la Mannschaft avaient été marqués par un premier acte cauchemardesque, conclu par un retard de 10 buts dès la pause et une remontada courageuse mais infructueuse.
Les Français réussissent leur entame
Mais malgré l'adversité, les hommes de Guillaume Joli & Jérémy Roussel vont entrer dans leur match plus que sérieusement. L'arrière droit cristollien Tiago Martiano-Kremer tandis que les premières phases défensives sont couronnées de succès (0-2, 2'). Les deux formations trouvent vite leur rythme de croisière et les Allemands reviennent vite à hauteur, sous les coups de butoir de l'arrière gauche William Reichardt et les exploits individuels du Kieler Rasmus Ankermann (7-7, 11'). Du côté de l'attaque française, le Chartrain Sacha Durasnel parvient bien à faire bouger les défenseurs allemands et Alexandre Baradat montre d'entrée de jeu son apport au jeu placé tant dans les décalages créés que dans ses tirs de loin. Sur la droite de la base arrière, poste plus en difficulté ces dernières années, le Martiano-Kremer n'a pas froid aux yeux pour jouer - et gagner - ses duels à droite tandis que l'entrée du Saranais Samuel Dupuy, au quart d'heure de jeu, lui donne l'occasion d'envoyer plusieurs pralines de loin.

Les deux équipes ne se quittent pas au score durant l'ensemble du premier acte, malgré les rotations et évolutions du système défensif. Adroits pour trouver leurs pivots, les Bleuets vont passer furtivement au jeu à 7 autour de la 20ème minute de jeu avec un succès offensif en partie relativisé par deux buts reçus dans la cage vide (14-12, 22'). Mais alors que les Allemands prennent deux buts d'avance, l'entrée de l'arrière gauche sarannais Kénissa Triau-Betare va apporter un danger de loin considérable, trouvant par lui-même le chemin des lucarnes de Finn Knaack à deux reprises dans les 5 dernières minutes. Et malgré quelques erreurs et frayeurs avant le gong, les Français peuvent rentrer aux vestiaires - après un but de son ailier gauche Yoni Peyrabout et une super parade de Timothée Riss à bout portant à la dernière seconde - avec un seul but de retard sur les champions du monde (16-15, 30).
Une défense de fer, une attaque précise : les Bleuets mettent la main sur le match
Après un début de période marqué par 2 pénaltys allemands, les élevant au plus fort écart de la rencontre (18-15, 32'), les Français vont une fois encore témoigner de leur sang-froid en remontant la pente grâce à une défense toujours aussi solide. Qu'elle soit occupée par Cyprien Sol, Vincent Gress-Hayet ou Victor Gildas, la charnière centrale française se montre intraitable et d'une constance remarquable depuis le début de rencontre : sur ces bases solides, les Bleuets vont parvenir à gratter des ballons pour envoyer Yoni Peyrabout en contre-attaque. À l'approche du dernier quart d'heure de jeu, c'est cette formule et la magie aux duels comme au service de Sacha Durasnel sur jeu placé qui permet à la France de passer un 4-0 à son adversaire pour reprendre la main sur la rencontre (23-26, 43'). Un temps mort allemand met un coup d'arrêt à la bonne dynamique tricolore, Vinent Gress-Hayet est exclu deux minutes, Loan Félix-Andrieu subit un gros stop du portier germanique Anel Durmic et Guillaume Joli pose un temps mort afin de débuter le money time dans les meilleures dispositions (24-26, 47').
En sortie de temps mort, Anel Durmic réalise une nouvelle parade autoritaire mais Timothé Riss lui répond d'un double arrêt suivi d'un superbe shoot d'Alexandre Baradat et d'une contre-attaque de l'inusable Peyrabout. À l'ouverture du money time, les Français mènent de 4 unités face aux champions du monde (24-28, 50'). Côté allemand, Rasmus Ankermann tient son rôle de taulier et porte son équipe en attaque. Tirs de loin, décalages, ... le Zèbre continue d'apporter du danger mais Riss sort de précieux arrêts tandis que l'attaque française permet de maintenir une avance (27-30, 55'). Et malgré l'exclusion du maître à jouer allemand pour deux minutes, la fin de match des Bleuets va dérailler.

5 minutes pour gâcher la copie
Tout juste entré, l'arrière droit Antoine Curcio se rend coupable d'une dangereuse défense sur un ailier allemand lancé en contre-attaque, lui valant un carton rouge direct. L'ambiance se réchauffe, les défenseurs allemands mettent une pression de tous instants sur les tireurs français qui se mettent à buter, attaque après attaque, sur un Anel Durmic en feu. Comptant sur ses ailiers Tom Koschek à gauche et Julian Sprößig à droite, la Mannschaft réalise le tour de force de remonter ses trois unités de retard en l'espace de deux minutes (30-30, 58'). Au sortir du dernier temps mort français, les ballons sont lourds, la défense allemande intenable et deux ballons sont perdus. Au bout du suspens, à la toute dernière seconde, l'arrière droit Noah Hensen vient fusiller les espoirs français et entériner le hold-up des siens (31-30).
Après avoir livré une partie remarquable durant 55 minutes, les Français nous surprennent donc à se décevoir d'une occasion manquée face aux champions du monde. Car si la victoire n'était sans doute pas cochée dans les tablettes en amont du tournoi, les Bleuets auront réalisé l'exploit de la rendre crédible au fil de la rencontre. Et si des regrets resteront légitimement aux hommes de Guillaume Joli, ils auront montré de très belles qualités de jeu pour cette entame et peuvent espérer un bon résultat s'ils parviennent à maintenir ce niveau pour la suite de la compétition.
Antoine Piollat