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Emmanuel Mayonnade : « J’aspire à ce que ce soit enfin la bonne, mais rien ne me le garantit »

, par Peter

Emmanuel Mayonnade (crédit : Elinor Liardet/HandNews)

À force d’y revenir, Metz Handball a fini par transformer le Final 4 en rendez-vous habituel. Mais l’habitude n’efface ni les cicatrices ni les ambitions. À moins vingt-quatre heures d’une nouvelle demi-finale de Ligue des Champions, cette fois-ci face au CSM Bucarest, Emmanuel Mayonnade refuse les certitudes.

« Le Final 4 n'est plus une fin en soi aujourd'hui. On aspire à plus. Charge à nous de transformer l'essai et d'être capables, une fois présents, de gagner enfin cette finale-là qui nous suit depuis pas mal de temps maintenant. »

Une équipe qui refuse de disparaître

Depuis plusieurs saisons, Metz se heurte au plafond de verre du match pour le titre. Une troisième place en 2022, une quatrième en 2024, puis la terrible désillusion de 2025 face à Odense dans une demi-finale qui semblait pourtant lui tendre les bras. Pour beaucoup, ces échecs répétés auraient pu laisser des traces profondes. Pour Emmanuel Mayonnade, ils sont surtout la preuve du caractère de son groupe. « On fait preuve d'une extrême résilience. On vient l'année dernière, on tombe de la façon dont on sait tous, et on est encore présents au Final 4. Odense n'y est plus, Esbjerg n'y est plus. Nous, on est encore là. Ça montre combien on s'accroche et combien on fait preuve de caractère. »

Le discours trouve un écho dans les mots de Chloé Valentini. Revenue à la compétition en janvier après sa grossesse, l'ailière gauche veut avant tout éviter les regrets qui ont accompagné les précédentes campagnes européennes. « Je veux qu'on se regarde dans les yeux après le match et qu'on n'ait aucun regret. » Une philosophie qui semble irriguer tout le vestiaire messin.

Le défi physique de Bucarest

Avant d'imaginer une éventuelle finale, il faudra d'abord franchir l'obstacle roumain. Un défi que toute l'équipe décrive de la même manière : un immense combat. « Tout le monde parle de leur impact physique impressionnant. On sait par quoi ça va devoir passer. On sait le rythme avec lequel on va nous proposer le match. Il faut qu'on arrive à être bons là-dedans. » Emmanuel Mayonnade ne veut pourtant pas réduire l'équation à une simple bataille d'impact.

« On doit aussi être capables de jouer notre jeu dynamique, emballant, spontané, ambitieux. » Sarah Bouktit partage cette analyse. La pivot internationale, qui disputera ses derniers matchs sous le maillot messin avant son départ pour Győr, s'attend à un affrontement sans concession. « Je pense qu'elles sont possiblement plus costaudes et physiques que nous, mais je pense qu'on court encore beaucoup plus qu'elles. Ça va être chacun de ses atouts. Je m'attends à un énorme combat, à prendre beaucoup de coups, mais je suis prête pour ça. »

Même son de cloche chez Léna Grandveau. « On sait que ce sera compliqué, que ça va être très physique, très dur mentalement aussi. Elles vont jouer avec l'ambiance, avec tout ce qu'il y a autour. À nous de contrôler ce qui va se passer. »

Plus fraîches que les années précédentes

Si aucune Messine n'ose affirmer que cette édition aura une issue forcément différente des deux dernières éditions, plusieurs joueuses soulignent un élément qui pourrait compter au moment d'aborder le week-end : la profondeur d'effectif. « On se sent beaucoup plus fraîches cette saison, explique Léna Grandveau. On a pu faire tourner beaucoup plus que les années précédentes. Pour moi, j'arrive en forme au Final 4 et c'est un vrai point positif. »

Pour le moment tous les voyants sont au vert : « Tout le monde est là, opérationnel pour l'instant », confirme Emmanuel Mayonnade. De quoi nourrir quelques espoirs supplémentaires, même si le technicien messin refuse toujours d'y voir une garantie. « Je n'ai aucun élément aujourd'hui qui me permet de dire que cette fois-ci, c'est la bonne. J'aspire à ça. Mais j'espérais déjà les années précédentes. »

La fierté d'y être avant tout

Avant même que le match ne commence, une émotion domine pourtant toutes les autres dans le discours du coach messin : la fierté. « La fierté d'y être encore et encore malgré les tempêtes, malgré les difficultés. Sur les quatre équipes qui ont fait le Final 4 l'année dernière, seulement deux sont encore là. Et nous, on continue d'être là encore et encore. » Puis son regard se tourne vers les tribunes qui se rempliront de jaune samedi. « On amène presque 700 personnes ici. C'est juste extraordinaire. Je peux dire que le club avance à une vitesse assez extraordinaire. »

Enfin, Sarah Bouktit pousse même le rêve un peu plus loin. Pour sa dernière aventure européenne avec son club formateur, l'internationale française ne cache pas son ambition. « J'aimerais tellement offrir la Ligue des Champions à ce club avant de partir. Je donnerai tout pour ça. Déjà leur offrir une finale, parce qu'on ne l'a jamais connue, et ensuite pourquoi pas une Ligue des Champions. Ce serait magnifique comme départ. »

Comme le résumait Chloé Valentini quelques heures avant l'échéance, l'essentiel sera de n'avoir « aucun regret ». Si Metz y parvient, alors les Dragonnes pourront enfin savoir si ce Final 4 est simplement une nouvelle étape de leur histoire européenne ou le début de leur consécration.

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