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Barça, si imprenable que ça ?

Ce samedi, le PSG rend visite au Barça pour ce qui constitue l’un des duels les plus alléchants en Europe. Si les Parisiens ont réalisé un début de parcours parfait dans le Groupe A, où en sont réellement les Catalans au jour d’aujourd’hui ? État des lieux et décryptage des forces et faiblesses sous l’oeil avisé de Thomas Tésorière (Irún).

“Som la gent blaugrana…” Comme à son habitude, la sono du Palau va résonner à tue-tête dès l’entrée des joueurs samedi soir, 20 heures. La petite différence avec les matchs Asobal ou face à Elverum, c’est que la salle sera comble, le public catalan sachant être mobilisé lors des grands rendez-vous. Et l’ambiance promet d’être chaude, au vu de l’enjeu (le Barça se doit de recoller au classement) et de la rivalité qui s’est installée entre les deux clubs (transfert de Karabatic, sans parler de Neymar en football). On ne présente plus le Barça : ogre, épouvantail, favori à tout…mais on connaît également le niveau et les aspirations du club parisien. Alors, pourquoi ne pas croire en un bon résultat du PSG samedi ?

Le problème Asobal

Crédit photo : Asobal

On le sait, l’Asobal n’est plus ce qu’elle était. Et cela porte indéniablement préjudice au Barça. On l’a vu lors des premières minutes de leur saison en Ligue des Champions à Szeged. Il a fallu aux Catalans une mi-temps pour retrouver leurs sensations et le rythme de la compétition, et cela n’a pas suffi pour revenir de Hongrie avec au moins un point. Ce début de match plutôt calamiteux a mis en évidence un manque d’adversité constante auquel les Barcelonais doivent faire face dans leur compétition domestique. Eux qui sont habitués à gagner de près de 20 buts d’écart, en atteignant parfois la barre des 40, tout en se permettant de faire tourner l’effectif…Les confrontations européennes du week-end imposent un tout autre changement de mentalité pour la bande à Xavi Pascual. Et s’ils ne sont pas suffisamment préparés à cette exigence, ils le payent cash, comme constaté à Szeged. Un facteur à prendre en compte côté parisien, qui n’ont pas ce problème là, bien au contraire. La Starligue est l’un des championnats les plus difficiles d’Europe, avec des adversaires de taille à chaque journée.

Cela étant, les joueurs de l’équipe espagnole ont déjà montré à maintes reprises qu’ils savaient répondre présent lors des grands rendez-vous. Et leur effectif plus large en rotations que celui du PSG peut faire tourner les choses en leur faveur : les éléments majeurs du groupe ont généralement un temps de jeu plus réduit en championnat et se retrouvent donc plus frais les week-ends, à l’inverse d’un PSG qui doit combiner à plein régime les deux compétitions. Les joueurs parisiens se retrouvent de ce fait plus usés physiquement, on pense inévitablement aux blessures déjà enregistrées en ce début de saison (Hansen, Sagosen, Toft-Hansen). Une chose est donc certaine, le facteur de compétitivité Asobal/Starligue aura clairement sa part de responsabilité dans le déroulement du choc.

Pistes à creuser

Nous avons contacté le pivot français d’Irún, Thomas Tésorière, afin de savoir comment cette équipe du Barça pouvait être titillée dans le jeu. Les Basques ont en effet tenu tête aux Catalans durant une bonne partie de leur duel, lors de la deuxième journée Asobal. “Le plan de jeu qu’on avait mis en place et qui fonctionne pas mal, c’est d’essayer de les ralentir au maximum. Tu essayes d’allonger les possessions, de casser le rythme autant que tu peux. Il faut surtout bien, bien replier parce que le jeu rapide est leur gros point fort. On a vu que les quelques équipes qui les ont ennuyés cette année, comme Szeged, ont joué lentement, en posant le jeu.” nous dévoile-t-il.

Crédit photo : IHF

Le Français insiste également sur le facteur Palau, forteresse quasi-imprenable qu’il connaît bien comme visiteur : “Au Palau, ils sont dans leur zone de confort, comme toutes les grosses équipes européennes, Paris à Coubertin par exemple. C’est une salle remplie pour les chocs européens et gagner là-bas, devant 5000 personnes, ce n’est pas donné à tout le monde. Quand tu arrives sur place, tu as le stade de foot à côté, forcément, ça impressionne même si les joueurs du PSG ne sont pas à ça près. C’est quand même une de ces salles mythiques d’Europe où Barcelone est capable de tout. Gagner là-bas, c’est un peu la quête du Graal, c’est comme aller gagner à Kiel ou à Veszprém”. Pour la petite histoire, la dernière équipe à avoir été s’imposer dans l’antre Blaugrana, est Kielce. Et cela remonte à presque quatre ans.

Enfin, Tésorière conseille aux joueurs parisiens de bien se méfier de Luka Cindric, qui l’impressionne en ce début de saison : “Il leur apporte un profil de joueur qu’ils n’avaient pas, capable de mettre la tête dans l’intervalle alors qu’ils avaient plus des joueurs pour jouer au large, comme Andersson ou Palmarsson. Ça leur offre encore plus de rotations, encore plus de possibilités sur la base arrière, et ils sont encore plus difficiles à lire”. L’équipe de la capitale devra donc mettre le demi-centre croate sous l’éteignoir, pour espérer ne pas trop souffrir.

Éventuelles failles à profiter

À première vue, il n’est pas évident de déceler de quelconques défaillances dans cette machine de guerre qu’est le Barça. Un effectif inchangé, amélioré même, avec l’apport de Cindric. Ce qui n’est pas rien. Paradoxalement, l’une des faiblesses à exploiter pourrait venir de là. En effet, depuis deux ans le Barça articulait son jeu autour de Palmarsson, véritable patron au centre de la ligne arrière (avec Raúl Entrerrios en alternative). L’Islandais se muait à la fois en guide, passeur numéro 1, meneur de jeu à part entière, entouré de vrais spécialistes autour de lui, notamment à gauche avec les cannoniers N’Guessan, Andersson ou le très complet Duarte. Cindric est arrivé depuis, et force est de constater que Pascual a choisi le Croate comme option privilégiée au poste de demi-centre. Palmarsson restant un joueur incontournable, le coach l’a déplacé sur le côté gauche dans son schéma. De ce fait, si le talent est monstrueux sur cette ligne arrière (en ajoutant Dika Mem à droite), les automatismes ne sont pas encore pleinement au rendez-vous et certains repères restent à perfectionner.

D’autres bémols peuvent êtres soulignés, tels qu’un certain manque de confiance de la part des arrières gauches traditionnels (N’Guessan et Andersson), dont le temps de jeu se retrouve réduit par le décalage de Palmarsson. La concurrence est féroce sur ce poste. Même constat pour Dolenec à droite, plus que barré par Mem dans les moments cruciaux. Sur l’aile gauche, l’absence de Mortensen, stratosphérique avant sa blessure, est préjudiciable : Ariño et surtout Alex Pascual (fils du coach) sont moins dangereux que le Danois. Enfin, le poste de pivot offensif dépend énormément de Fabregas, Sorhaindo apportant exclusivement en défense et Serdio étant encore un peu tendre et se profilant comme candidat numéro 1 pour être écarté du groupe de 16. Un pivot d’expérience comme Syprzak aurait pu permettre de faire souffler Ludovic, mais il sera dans le camp d’en face samedi soir.

Duels intéressants

Cela étant, les points forts demeurent logiquement bien plus nombreux que les points faibles dans cette équipe. Une des défenses les plus imperméables d’Europe, une capacité d’interception de la balle hors du commun, généralement ponctuée de contre-attaques fulgurantes, un talent indéniable à chaque poste, Cindric qui vient rajouter cette percussion…Sans parler de leur quasi-invincibilité à domicile. Bref rien de simple pour Paris, mais en tout cas un duel qui fait saliver d’avance, tant les arguments ne manquent pas non plus chez les Français.

Et que dire des retrouvailles sympathiques qui pimenteront ce choc ? N. Karabatic, Hansen (s’il est rétabli), Viran Morros, Corrales ou les récents Parisiens Syprzak et Sigurdsson auront à coeur de jouer un mauvais tour à leur ancienne équipe. Il s’agira aussi d’un match intéressant à suivre pour le sélectionneur Didier Dinart, car il opposera la crème de la crème parmi les Bleus. Enfin, duel 100% espagnol sur les bancs, avec la confrontation Pascual – Raúl González.

Au vu du niveau actuel affiché par le PSG, et quand on voit qu’une équipe de Montpellier décimée l’emporte à Kielce ou contre Veszprém, les chances de perturber le Barça chez eux sont tout à fait réalistes. La réponse samedi soir, sur le coup de 21h30…

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9 CommentairesPoster un commentaire

  1. Vardarian - le 18 octobre 2019 à 20h44

    À domicile, oui. Malgré le manque total d'ambiance

  2. David - le 18 octobre 2019 à 20h47

    A noter d’après l’equipe qu’en raison de la grève (aussi) en Catalogne :”les parisiens s’envoleront samedi matin, le jour même de la rencontre, une situation inédite. Ce qui obligera les joueurs et le staff à voyager en ordre dispersé, dans trois avions différents…”
    Kim Ekdahl du Rietz ne serait pas apte (angine)…
    Bon courage à Karabatic et Remili à leur poste !

  3. rkj4 - le 18 octobre 2019 à 21h35

    Wahoo ! Kim est malade ? Avec seulement 2 arrières sur pied, ça va être intéressant à regarder.

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