LdC (M)

T. Dujshebaev : “Ca va être la loi de la jungle”


Décidément, on entend beaucoup Talant Dujshebaev, l’entraineur espagnol de Kielce, ces derniers temps. Celui-ci vient de donner une interview au site officiel du club polonais, pour faire le point sur une situation loin d’être rose.

A quoi va ressembler la saison prochaine ? Pour l’instant, tous les acteurs du handball européen sont dans l’expectative, alors que les perspectives financières sont sombres, voire très sombres. Surtout à Kielce, dont les caisses souffrent, et ce depuis plusieurs années déjà. A l’aune de la saison 2018/19, les joueurs avaient consenti une baisse de salaire de 25%, et ce afin de permettre au club de survivre. Et alors que la saison polonaise est terminée et que l’EHF a, unilatéralement, décidé que Kielce (comme Szeged, Flensburg et Montpellier) ne serait pas qualifié pour le Final Four de la Champions League, l’entraineur Talant Dujshebaev commence à regarder vers le futur. “Si tout se passe comme prévu, on devrait pouvoir reprendre le 19 juillet” explique-t-il en préambule d’une longue interview donnée au site de son club. Avoir une date, oui, mais dans quelles conditions ? “Là est le problème. Les garçons sont, en ce moment, affutés physiquement mais on ne sait pas ce que cela va donner sur le terrain.” Alors, en attendant, le coach vainqueur de la Champions League 2016 cherche un entraineur adjoint. Qui ne sera pas Didier Dinart. “Ce ne sont que des rumeurs. J’ai une très bonne relation avec lui, quand nous avons vu ces rumeurs, nous en avons ri ensemble” explique Dujshebaev, qui devrait plutôt être épaulé par son arrière droit Krzysztof Lijewski, qui aimerait encore jouer une saison de plus et avec lequel des discussions sont en cours.

La porte ouverte à des départs

Si, sur le banc, les choses semblent aller dans le bon sens, qu’en sera-t-il de l’effectif sur le terrain ? Avec déjà dix-neuf joueurs sous contrat, celui-ci est pléthorique, surtout si certaines compétitions venaient à ne pas se disputer. “S’il n’y avait pas de Champions League, et c’est une possibilité, je n’aurais pas besoin de tout ce monde. Et il serait alors possible de vendre ou de prêter Andy Wolff, Igor Karacic ou Alex Dujshevaev” prévient l’entraineur, donnant du sens à la rumeur renvoyant Igor Karacic vers le Vardar Skopje, désormais sous une nouvelle direction : “Si Karacic, qui n’a pas été payé pendant dix-huit mois à Skopje, venait ici et devait renoncer à une partie de son salaire, alors on ne pourrait pas lui reprocher de partir si un autre club lui offrait de meilleures conditions.” Le technicien espagnol, arrivé en Pologne en janvier 2014, ne ferme d’ailleurs pas la porte à son propre départ, si le club de Kielce demandait de nouvelles économies afin de pouvoir traverser la crise financière. “J’ai beaucoup d’offres et il faut que je les étudie avec sagesse. Je ne pourrais pas refuser de telles offres pendant trois ou quatre ans. Si je pouvais rester ici, et devenir un Alex Ferguson du club, je le ferais les yeux fermés. Mais si, d’un autre côté, je perds 25% de mon salaire tous les ans, je vais finir par payer pour entrainer” sourit-il encore.

“Certains de nos joueurs sont approchés”

Une chose est sûr, Kielce semble attaqué de tous les côtés par des clubs concurrents, bien au fait de la situation financière plus que compliquée du mastodonte polonais : “Les clubs avec une bonne santé financière vont attaquer les plus faibles, ça va être la loi de la jungle ! Nous savons déjà que certains de nos joueurs sont approchés, avec des sommes plus importantes que celles qu’ils gagnent ici.” Une seule solution, selon Dujshebaev, mais qui ne date pas d’hier : l’aide de la ville de Kielce ou de l’état polonais. Le président Bertus Servaas n’a de cesse de réclamer des subventions plus importantes aux élus locaux, au motif que le club aurait donné à la ville une reconnaissance internationale via le handball. Si ce n’est sans doute pas complètement faux, par les temps qui courent, le sport risque de ne pas être la priorité des pouvoirs publics, en Pologne comme ailleurs…

Kevin Domas

Pub Espace Pronos EHFCL

9 CommentairesPoster un commentaire

  1. jpf_hb - le 5 mai 2020 à 13h48

    "Mais si, d’un autre côté, je perds 25% de mon salaire tous les ans, je vais finir par payer pour entrainer” sourit-il encore.
    Mathématiquement il aura encore un salaire dans 1 milliard d'années sans problème…

    • cochonne - le 5 mai 2020 à 18h16

      Bonjour
      En fait, il est juste en train de glisser le message suivant:
      Faites des économies mais pas sur mon salaire… qu'il faudrait revaloriser un peu car j'ai d'autres propositions.
      Ca se tente, à chaque crise il y a ceux qui perdent et ceux qui gagnent, en général les bons, ce qu'il est assurément.
      C'est comme au poker, quand tout le monde suit…lui il relance 🙂

  2. fanforn39 - le 5 mai 2020 à 15h12

    Les clubs avec une bonne santé financière vont attaquer les plus faibles, ça va être la loi de la jungle ! certes, mais n'est ce pas comme cela en général quand les gros pillaient les petits? la roue tourne dans un sens.

Afficher tous les commentaires

Laisser un commentaire

Champs requis *

En direct Voir toutes les brèves
HandNews utilise des cookies sur ce site. Avec votre consentement, nous les exploitons pour mesurer et analyser l'utilisation du site (cookies analytiques) et pour l'adapter à vos intérêts et usages (cookies de personnalisation en fonction de votre navigation et de votre navigateur).