LFH

Besançon, prime à la jeunesse

Elles sont nombreuses, très nombreuses à être passées par Besançon pendant leur jeunesse. Raphaëlle Tervel ou Sandrine Delerce, les deux actuelles entraîneurs de l’EBSF bien sûr, mais également Valérie Nicolas, Sophie Herbrecht ou Véronique Pecqueux-Rolland pour ne citer qu’elles. Et toutes ont un autre point commun : avoir fait une très belle carrière sous le maillot bleu. Depuis la semaine passée, deux nouvelles jeunes franc-comtoises ont été appelé pour la première fois à un rassemblement de l’équipe de France A : Aïssatou Kouyaté et Roxanne Frank. La recette de la jeunesse bisontine a encore fonctionné. 

Pour son dernier rassemblement à la Maison du Handball de Créteil la semaine passée, Olivier Krumbholz avait fait le choix de convoquer un groupe large de 23 joueuses. Parmi elles, trois nouvelles têtes : Pauletta Foppa et les deux bisontines Frank et Kouyaté. “Olivier m’a appelé le matin, juste avant la publication de la liste, explique l’arrière droite de 23 ans. J’ai été surprise mais vraiment super contente.” Arrivée il y a un an et demi en qualité de joker médical pour remplacer Anna Manaut, Kouyaté s’est rapidement fait une place de titulaire à l’ESBF. Cette saison, elle est d’ailleurs la meilleure buteuse de son équipe en LFH avec 33 buts en 8 matchs. “Lorsque je suis arrivé à Besançon, je revenais de blessure, rappelle la native de Clichy-la-Garenne. J’ai eu la chance d’avoir des entraîneurs qui donnent leur chance aux jeunes joueuses. J’ai pu m’exprimer plus facilement. Nous donner des responsabilités nous permet de prendre confiance en nous tout en apprenant de nos erreurs. Comme ça, on progresse plus vite”.

Trois ans plus jeune que sa coéquipière, Roxanne Frank a elle intégré le centre de formation de Besançon l’année passée. Troisième dans la hiérarchie en début de saison, elle a su saisir sa chance lorsque Zeljana Stojak s’est blessée. Depuis, elle bénéficie d’un temps de jeu conséquent aux côtés d’Ine Karlsen. “En préparation, je m’étais dit qu’avec deux gardiennes devant moi, j’allais passer pas mal de temps en N1 avec la réserve, explique la gardienne de 20 ans. Mais, à la suite de la blessure de Zeljana, mes coachs m’ont fait confiance et m’ont laissé vraiment l’opportunité de m’exprimer sur le terrain. C’était un peu un risque de le faire pour elles mais j’ai saisi cette chance. J’ai bien conscience que si elles ne m’avaient pas donné leur confiance, je ne serais pas là aujourd’hui.” Malgré un début de saison de très belle facture, Franck ne s’attendait pas vraiment à rejoindre les A dès la semaine dernière. “En fait, c’est Amanda Kolczynski qui m’a envoyé un SMS un matin avec “Félicitations”, sourit l’Alsacienne. Je me suis demandé pourquoi puis j’ai pensé à l’équipe de France. J’ai vérifié mes mails et c’était ça !”

Cinquième au général, qualifié au troisième tour de Coupe EHF, l’ESBF reste l’une des équipes les plus difficiles à jouer du championnat, selon les dires de bon nombre d’entraîneur du championnat. “Ça c’est parce que les coachs mettent toujours des petits coups tactiques en place”, rigole Franck. Avant d’ajouter : “je crois que notre groupe est assez homogène. On a plusieurs solutions en attaque et la défense reste chère à Raphaëlle Tervel et on n’y arrive plutôt bien aussi”. Sur la même longueur d’onde, Kouyaté ajoute : “on a vraiment des profils différents sur le terrain. Des petites rapides, des joueuses capables de prendre des grandes courses… En fait, je pense que nous avons un jeu atypique qui fait qu’il n’est pas forcément facile de défendre sur nous.”

Dans le groupe LFH bisontin, seules cinq joueuses sont âgées de plus de 25 ans. Aux côtés des deux néo-bleues, Amanda Kolczynski (25 ans), Alizée Frécon (24 ans), Chloé Bouquet (23 ans) pour ne citer qu’elles font partie des rouages majeurs de l’ESBF. “Avoir des entraîneurs qui sont passées par notre place change tout, affirme l’arrière formée à Fleury puis Nice. Je sens surtout la différence sur de petits détails. Elles comprennent ce qu’on peut ressentir, elles ont pu vivre les mêmes choses que nous sur le terrain. C’est une vraie chance pour nous.” Frank ajoute : “Personnellement, l’une des raisons majeures pour lesquelles j’ai choisi Besançon il y a un an était celle-ci. Être entraîné par des joueuses qui ont joué et réussi en équipe de France, c’est un vrai atout.” Mercredi, toutes deux ont encore été décisives dans le succès de l’ESBF face à Toulon Saint-Cyr (34-28), Kouyaté ayant marqué 5 buts, Frank terminant avec 13 parades en trois quarts d’heure.

En début de semaine, l’EHF a dévoilé la liste des vingt-huit joueuses pré-sélectionnées de chaque pays pour le prochain Euro en France. Kouyaté et Frank en font partie. Les filles ont été convoqué uniquement vis-à-vis du championnat d’Europe, on n’a pas fait venir des jeunes pour préparer l’avenir, avait évoqué Olivier Krumbholz au cours du stage. Pour autant, ce n’est pas une mise en concurrence des titulaires. Le but est de faire travailler les jeunes qui pourraient être amenés à disputer l’Euro en cas de blessures.” En tout cas, la jeunesse bisontine est prête.

Clément Domas

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