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Xavi Sabate règle ses comptes avec Veszprem

Dans une très longue interview au site timeoutmag, le désormais ancien coach de Veszprem Xavi Sabaté revient sur ses deux saisons à la tête du plus grand club hongrois. Et n’hésite pas à à révéler certaines anecdotes étonnantes.

Une finale de Champions League perdue dans des conditions impensables l’an passée (défaite face à Kielce aux tirs aux buts après avoir compté neuf longueurs d’avance), une troisième place à Cologne cette saison, une SEHA League remportée la saison passée et une autre finale il y a deux mois, l’Espagnol Xavi Sabate n’a pas vraiment à rougir de son bilan à la tête de Veszprem. Propulsé au pied levé à la tête de l’effectif hongrois en septembre 2015 après le licenciement d’Antonio Carlos Ortega, dont il était l’adjoint, le coach de 41 ans a fait mieux que sauver les meubles. D’autant plus que son équipe, engagée dans quatre compétitions cette saison, a du disputer plus de 75 matchs officiels. “Avant la saison la plus dure de l’histoire du club, j’ai parlé avec le management et je leur ai dit que jouer la Champions League, le championnat et la SEHA League serait très compliqué, et qu’il serait dur d’être premier partout. Je savais que les fans n’apprécieraient pas les mauvaises performances, car Veszprem est un club qui gagne. Mais les dirigeants m’ont rassuré. Mais en juin 2016, je me doutais déjà que Veszprem aurait déjà un nouveau coach à la fin de la saison” raconte le technicien espagnol.

“J’apprenais que certains joueurs partaient sur Facebook”

Avant de rentrer plus largement dans les détails du fonctionnement à Veszprem. “Atteindre nos buts était très difficile car je ne choisissais pas les joueurs. Mis à part quelques exceptions, je n’ai pas eu mon mot à dire sur les transferts. C’était la tâche de Nikola Eklemovic, le directeur sportif. Je crois que je n’ai pas été respecté en tant que professionnel. […] Il y a certains moments où j’apprenais que certains joueurs partaient sur Facebook. En allant sur Facebook, j’ai appris que je ne pouvais plus compter sur Füzi et Aflitulin? J’ai essayé de faire mon boulot en incluant de nombreux jeunes, et je suis très fier de leur travail” continue Sabaté, décrivant un fonctionnement où il semble subir les événements plutôt que les contrôler. En revanche, il n’hésite pas à remercier Gabor Kalomista, le directeur général du club : “Quand tout le monde voulait que je parte, il est resté à mes côtés. Je lui serai reconnaissant toute ma vie”. On peut, à ce moment, avoir l’impression que Xavi Sabate se cache, rejetant la faute sur son directeur sportif, alors que certaines de ses décisions lors de la saison lui incombent. Comment oublier ce match à Flensburg où, avec la balle de la victoire dans la main, il choisit de jouer sans gardien, avant de voir son équipe perdre la balle et concéder le match nul dans les dernières secondes ? Sportivement, il a commis certaines erreurs mais dans les coulisses, il semble ne pas avoir pu maitriser grand-chose.

“Je ne sais pas pourquoi on a signé Kopljar”

On se souvient de l’arrivée de Marko Kopljar l’été dernier. Après une saison blanche du côté de Barcelone, à cause de soucis de genou, le géant croate, passé trois saisons au Paris Saint-Germain, arrivait sur les bords du lac Balaton. Pourquoi pas, sauf qu’avec Laszlo Nagy et Gabor Ancsin, Xavi Sabaté comptait déjà deux arrières droit de calibre international. “Kopljar est un des joueurs qu’on m’a donné mais que je n’avais pas demandé. Je crois que c’est un bon joueur mais il ne rentre pas dans notre système. Agressivité, mobilité, don de soi : voilà les caractéristiques de notre équipe. Kopljar n’est pas comme ça. J’ai essayé de trouver sa place dans l’équipe jusqu’à Noël mais quand la course au trophées a commencé, un joueur qui ne donne pas 100% ne peut pas avoir sa place dans l’équipe. Si tu veux gagner des titres, tu dois aussi donner ton meilleur à l’entrainement. J’ai dit à Marko que s’il ne pouvait pas le faire, il ne jouerait pas. Il est arrivé ici en n’ayant presque pas joué les deux saisons précédentes et je ne sais pas pourquoi on l’a signé. Je me souviens qu’un journal écrivait que Veszprem construisait un des meilleurs flancs droit du monde. C’était du rêve pour les fans, cela ne correspondait pas à la réalité” continue à charger Sabaté, qui s’est passé du Croate durant toute la deuxième partie de saison. Le gaucher de 31 ans rebondira du côté de Berlin la saison prochaine, puisque Ljubomir Vranjes, qui arrivera en juillet, ne compte absolument pas sur lui.

Clap de fin ce weekend avec la sélection

Ainsi donc s’en va Xavi Sabaté, qui n’a toujours pas de destination pour la saison prochaine. Sa pige à la tête de la sélection hongroise prendra fin ce dimanche. En cas de victoire face aux Pays-Bas, il aura également réussi à qualifier une sélection magyare rajeunie pour le prochain Euro, six mois après l’avoir hissée en quarts de finale du Mondial, éliminant notamment le Danemark en huitièmes (27-25). S’il dit n’avoir jamais perdu la confiance des joueurs de son club, même dans les moments difficiles, c’est surtout son management qui ne l’a plus soutenu pendant sa deuxième saison. “Je savais, l’été passé, que cette saison, nous perdrions certains matchs. Mais dans les machines à gagner comme Veszprem ou Barcelone, cela ne peut pas être acceptable. Même si tu gagnes d’un but, tu n’es pas assez bon” conclue-t-il. Le coach espagnol ne cache pas qu’il a quelques touches pour le futur, tout en niant la piste l’envoyant du côté de Ferencvaros. La France et l’Allemagne auraient sa préférence, même si ça ne devrait pas être pour une prise de poste immédiate.

Kevin Domas (interview original par Peter Kiss)

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7 CommentairesPoster un commentaire

  1. Boulimic - le 15 juin 2017 à 14h15

    Quand le directeur sportif est lui même agent des joueurs qu'il recrute ça pend au nez ce genre de problèmes…

  2. Syahn - le 15 juin 2017 à 15h05

    Quand on voit le temps de jeu qu'il a donné à Reanto "coup de boule" Sulic au FF4 face à Paris alors que Nilsson cirait le banc y'a pas à chercher bien loin pour certains résultats.

    • RedNeon - le 15 juin 2017 à 15h26

      Pas forcément d'accord avec ça. J'ai surtout vu un Nilsson qui a pris le bouillon coup sur coup face à Narcisse en seconde mi-temps lorsqu'il défendait en n°2. Je me suis demandé pourquoi Sabate s'obstinait avec lui.

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